CHAPITRE V
crises du ix® siècle peut expliquer ces préoccupations. Sous le règne du faible successeur de Gharlemagne, pendant sa lutte avec ses fils et les troubles qu'amène le partage du grand empire d'Occident, les hauts fonctionnaires, les riches seniores, tous les patentes ou potentiores qui ne sont plus dirigés ou contenus par une main ferme, n'hésitent pas à se débarrasser des •évêques qui les gênent et à s'emparer des biens de leurs églises. Les qualifications de Tyranni, Tyrannica potestaSy qui leur sont fréquemment données dans les fausses décrétâtes, dans les Capitulaires de Benoît Lévite comme dans les Actes des évêques du Mans, les Vies des Saints et les autres textes de cette époque , ne paraissent point des expressions exagérées *.
D'autre part, dans ces guerres de famille entre Louis le Débonnaire et ses enfants, entre les frères et les frères, les évêques avaient pris parti tantôt pour le père, tantôt pour l'un des fils. Le vainqueur ne pardonnait pas aux clercs qu'il trouvait dans le camp Aw. vaincu; il les poursuivait impitoyablement sans se préoccuper des formes prescrites pour les procès ec- <;lésiastiques. Les décisions des conciles étaient impuissantes; les défenseurs des immunités des évêques et des clercs essayèrent de donner plus d'autorité à ces décisions, en les attribuant aux plus anciens papes ou à Gharlemagne. Cette œuvre de résistance k l'oppression était trop importante et trop difficile pour être entreprise par un seul homme; elle était trop générale pour qu'elle n'ait été tentée que dans