CHAPITRE I
des conciles étaient très défectueuses et qu'on n'avait pas fait sur les décrétales des papes les beaux travaux qui facilitent aujourd'hui la tâche des éditeurs.
Une bulle de 1S80 avait défendu d'apporter aucun changement au texte établi par les Correctores romani. Leur travail fut cependant critiqué par divers canonistes, par le savant archevêque de Tarragone, Antoine Augustin S par Berardi, les frères Pithou; mais leur texte n'en resta pas moins le seul dont on pût se servir dans l'enseignement ou dans la pratique des tribunaux , et il est la base de presque toutes les éditions postérieures.
L'édition des frères Pithou, l'une des plus répandues en France, est une œuvre posthume. Les matériaux étaient restés dans leurs papiers qui furent donnés par un de leurs petits-neveux à Claude Le Pelletier, ministre de Louis XIV, également petit-neveu de P. Pithou. Claude Le Pelletier la fit publier par F. Des Mares, avocat au Parlement, descendant d'un ami intime des frères Pithou. Ce Corpus juris canonici parut à Paris, 1687, en deux volumes in-folio. Le Decretum est la reproduction du texte de l'édition romaine, avec les notes de Le Conte, des variantes empruntées à des manuscrits conservés en France, mais qui ne sont désignés que par le sigle V. C. {vêtus codex) y la date des textes, et un index rer^im assez étendu.
Bôhmer, dans son édition donnée à Halle en 1747, 2 volumes in-4% ne reproduisit point exactement le
1. Les dialogues De emendatione de critique qui ait été fait sur Tédi- Gratianiy cités p. 174, n. 2, sont le lion des Correctores romani. premier el le plus remarquable travail
texte de rédition romaine, mais il consulta quelques manuscrilSj il eut à sa disposition de meilleures éditions des sources , et il profita des travaux critiques qui avaient été faits sur l'édition des Correctores romani.
I /édition de Bôhmer cessa d'être en usage lorsque Richter eut publié la sienne en 1839 (Leipzig, 2 volumes in-4*'). Ce dernier savant élait protestant comme Bohmer; néanmoins il suivit exactement le texte de rédition romaine; il ne collationna pas un seul manuscrit, mais donna les meilleures variantes des anciennes éditions. Enfin il put utiliser des éditions récentes pour la révision des textes cités par Gratien.
Celle édition est aujourd'hui remplacée par celle de Friedbcrg qui a pris pour base, comme Richter, le travail des Correctores romani; il a reproduit les variantes que son prédécesseur avait relevées dans les anciennes éditions; il a donné en outre les variantes de huit manuscrits de Gratien, qu'il avait à sa disposition, et i] a utilisé, dans ses notes, les travaux considérables qui ont été faits depuis 1839, sur le droit canonique et l'histoire ecclésiastique. Il s'est particulièrement appliqué à reconstituer les Dicta Gratiani; remploi qu'il a fait de quelques manuscrits allemands Ta parfois amené à donner un texte moins clair et moins correct que celui des Correctores romani qui avaient réuni pour leur travail les meilleurs manuscrits d'Italie*.
l. hé\m%, 1879-81, 2 vol. in-i».
— M^ Eni. Friedberg est protestant; nuls on lit ci; qui suit dans les proMgortù^n^s tk' Json Coi'p. Jur. Can.
(cul. G) : QuQmam fontem'Juris ca-
tholicœ ecelesiss edebam , ex caiholici quoque hominis persona mihi agendum erat, qui jussis poniifica^ libus tenelvr.
Abrégés et Gloses du Décret.
SECTION 1