CHAPITRE m
cent à faire d'importants travaux critiques sur Iqs textes ; ils abandonnent généralement Tancienne méthode des glossateurs, et le commentaire exégétique fait le plus souvent place aux procédés doctrinaux et synthétiques. Le besoin des solutions pratiques fait aussi attribuer une part de plus en plus considérable à la jurisprudence représentée surtout par les décisions des congrégations et juridictions romaines.
Dans les écrits proprement théoriques, on chercherait aussi vainement l'ancienne unité de doctrine que Tancienne unité de méthode. L'esprit de controverse, réveillé par la Réforme, agite les canonistes qui ont désormais un nouveau rôle à remplir. Les entreprises de l'État sur les droits de l'Église, le gaUicanisme, le jansénisme, le fébronianisme , suscitent des luttes passionnées où l'orthodoxie se trouve parfois fort engagée, sinon même compromise. Ces querelles religieuses relèvent de l'histoire ecclésiastique bien plutôt que du droit canonique ; elles ne peuvent donc rentrer dans le cadre que nous devions nous tracer. Mais ce manuel des Sources du droit ecclésiastique serait incomplet s'il ne donnait point, tout au moins, des notes sommaires sur les canonistes des derniers siècles, comme oh vient de le faire sur les canonistes des siècles précédents. Il aurait été très difficile de les ranger d'après le caractère dominant de leur doctrine ; l'ordre des temps n'offrait aucun avantage appréciable, car certains traités qui, aujourd'hui n'ont pas dix années de date, se rapprochent bien plus des travaux des anciens canonistes que nombre d'écrits des xvi% xvir ou xviii° siècles; et d'autre part, les études critiques des Ant. Augustin, Dom Constant, Ballerini,
sont encore maintenant des modèles que Téraditicm moderne n'a pas Tespoir d'égaler. Nous avons donc cru devoir adopter pour ces notices Tordre alphabétique qui a tout au moins le mérite de faciliter les recherches.
On trouvera dans cette liste, les noms d'un certain nombre de savants étrangers qui vivent encore ; pour la France, il a semblé convenable de ne citer aucun auteur dont la carrière ne soit pas irrévocablement finie.
Les renseignements biographiques sur les écrivains contemporains qui appartiennent à la France font, d'ailleurs, presque toujours défaut. Nos recueils périodiques n'imitent que depuis peu d'années l'exemple donné sur ce point par des publications étrangères, et les notices qu'on y trouve sont presque toujours très sommaires et parfois inexactes ou partiales.
Les noms des auteurs non catholiques ont été marqués d'un astérisque, autant qu'on a pu les distinguer. Quand un ouvrage a été plusieurs fois imprimé, on s'est habituellement borné à donner la date de la première et quelquefois de la dernière édition. On renverra, d'une manière générale, pour les développements et aussi pour les canouistes qui ne seront pas cités ici, au travail si complet de Fr. von Schulte, en renouvelant, tout spécialement, pour le troisième volume de son Histoire des sources du droit canonique, les réserves doctrinales qui ont été faites dans le chapitre précédent.
AcHERY {Dom J. Luc d'), né à Saint-Quentin en 1(509, mort en 1685, bénédictin de la congrégation de
-Saint-Maur. — Veterum aliquot Scriptorum Spicilegium, Par., 1635-1677, 13 vol. iii-4^ — 1723, 3 vol. in-f».
Affre [Denis- Auguste), né à Saint-Rome-de-Taro, en 1793, sulpicien, professeur de philosophie et de dogmatique, vicaire général de Luçon, puis d'Amiens, chanoine de Paris, coadjuteur de Tévêque de Strasbourg en 1839, archevêque de Paris en 1840, frappé par une balle, le 27 juin 1848, à l'entrée du faubourg Saint-Antoine. — Traité de V administration temporelle des paroisses, Paris, 1827; plusieurs fois réimprimé. — Traité de la propriété des biens ecclésiastiques. Paris, 1837. — De l'appel comme d'abus. Paris, 1845.
Aguirre (G. Saens d'), cardinal espagnol, 163t)- 1699. — Collectio Conciliorum Hispaniœ. Romse, lG9!i- 1695, 4 vol. in-f>.
Agustino {Antonio)^ né à Saragosse, en 1517, étudia dans les universités d'Alcala, de Salamanque, de Bologne et de Padoue. Il fut nommé auditeur de Rôle en 1544, évoque d'Alife, dans la province de Béuévent, en 1555, évêque de Lerida en 1561, et en 1576 archevêque de Tarragone, oîi il mourut en 1586. G'esl. l'un des plus éminents canonistes de la nouvelle École historique qui date de ce seizième siècle. Ses dialogues De emendatione Gratiani^ plusieurs fois réimprimés, notamment par Baluze, 1672, et par Gai* land, p. 439 et suivantes, sont un modèle de sciencu critique. On doit signaler encore dans ses œuvres publiées à Rome en 1613, à Paris en 1647, à Lucques en 1767 : Dequibusdam veteribus cun. eccles. wtlectoribus. — Notâs in capitula Angilramni. — Antique.'
œllectiones Decretaliurh. — Canones pœnitentiales *.
Alciat {André), né à Milan, en 1492, enseigna à Avignon et à Bourges à partir de 1S29, et à Bologne, Ferrare et Pavie depuis 1S32. C'est le premier jurisconsulte, après Guillaume Budé, qui ait utilisé dans son enseignement les écrivains grecs et latins. Il mourut à Pavie, en 1S50. Ses œuvres complètes ont été publiées en quatre volumes in-folio, à Lyon (1S61) et à Francfort (1717)».
Altaserra. Voir Ilauteserre,
Amort [Eusèbe)y né en 1692, entra jeune encore dans rOrdre des chanoines réguliers de Latran, à Polling (Bavière), où il enseigna la philosophie et la théologie ; il passa quelque temps à Rome, et revint en 1735 à PoUing, où il mourut dans son monastère, en 1775. C'était un esprit très cultivé et il connaissait bien les sources du droit canonique. On cite surtout ses Elemenia juris canonici veteris et moderni. Ulm, 1757, 3 vol. in-4% plusieurs fois réimprimés*.
Augustin (Ant.). Voir Agustino.
Ballerini (Pierre) y né à Vérone en 1698, mort en 1769. Ordonné prêtre en 1722, puis recteur de l'Académie de Vérone , il abandonna ces fonctions pour se consacrer entièrement à la théologie et à l'histoire du droit canonique. Il fut chargé par Benoît XIV de faire une édition des œuvres de saint Léon (Ven., 1753-57), et il obtint, à cette occasion , Fautorisation d'emporter
i. Terrasson, 434. — Maassen, I, p. XIX. — Schulte, III, 1"P.,723.