LES PÈRES ET LES DOCTEURS
L'Écriture sainte et la Tradition universelle sont les deux bases sur lesquelles repose le droit canonique. Les témoins les plus autorisés de la Tradition et les plus sûrs interprètes de l'Écriture sainte sont les Pères et les docteurs de l'Église ; leur enseignement n'avait point, par lui-gaême^^^ce de.Joi : mais il a le plus souvent inspiré les décisions des conciles et des souver^-ins Pontifes.
Les Pères de l'Église sont les écrivains ecclésiastiques qui ont été distingués entre tous par l'orthodoxie de leur doctrine, la sainteté de leur vie, l'approbation de l'Église et une notable antiquité. Il est d'usage de ne point donner ce titre à des écrivains postérieurs
au Vil* siècle, époque où s'arrête la première période de formation de la société chrétienne.
f Le droit canonique se préoccupe particulièrement des écrits des évêques' qui ont été les disciples des Apôtres, ou qui ont pu recueillir leurs enseignements de la bouche de ces disciples immédiats. Ce sont les ^ Pères apostoliques.
Quelques Pères de l'Église et aussi quelques grands théologiens des siècles suivants portent encore le titre de Docteurs de rÉglise qu'ils tiennent de Tassentiment unanime de l'Église ou de décisions pontificales. Les quatre anciens docteurs de l'Église latine sont : saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et saint Grégoire-le-Grand ; les quatre docteurs de l'Église grecque sont : saint Athauase, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Ghrya?stome. On doit ajouter à ces noms ceux de saint Thomas d'Aquin (Pie V, 1567), saint Bonavenlure (Sixte V, 1588), saint Léon le Grand (Benoît XIV, 1754), saint P. Damien (Léon XII, 1828), saint Bernard (Pie VIII, 1830), saint Hilaire de Poitiers (1862), saint Alphonse de Liguori (1871), saint François de Sales (1877).
Au-dessous des docteurs et des Pères de TÉglise, on trouve les écrivains ecclésiastiques proprement dits, Scriptores ecclesiastici, à qui l'Église n'a point reconnu la même pureté d'orthodoxie, ni une sainteté aussi éminente. Tels sont : Clément d'Alexandrie, Origène, Tertullien, Lactance, Eusèbe de Gésarée, Rutin, Cassien, Théodoret, etc. Leurs écrits n'en ont pas moins une haute importance, et ils fournissent de îprécieux renseignements pour l'histoire de la discipline de ces premiers siècles.