LES DÉCISIONS DOCTRINALES DES PAPES OU DÉCRÉTALES
Dénominations et formes diverses des Décisions pontificales.
La primauté de Pierre sur les autres Apôtres et du siège de Rome sur les autres sièges avait été admise sans contestation dans les premiers siècles de TÉglise. Aussi les évoques et les docteurs de toute la chrétienté consultaient fréquemment le pape sur les questions qu'ils ne pouvaient résoudre*. Les réponses à ces questions forment la plus grande partie des anciens actes des papes, appelés Litierœy Episiolœ, Epistolœ d^creiales, Epistolœ tractatoriâSy ou Epistolâs SynodicsBy lorsqu'elles étaient délibérées soit dans le presbyterium de TÉglise romaine, soit en concile; Responsiones, Rescripta^ Commonitoria, Décréta^ Cons-
1 . Ad hanc enijn Ecclesiam propier potiorem principalitatem necesse est omnem convenire ecclesiam. — Iren. contra liaeres. 111, 3.
— V. démentis Epist. Funk, Op.
patr. aposl. 1878, I, p. 60. — Cypriani Ep. LV, LXX.
titutioneSf Auctoritates\ quand elles étaient Tœuvre personnelle du souverain Pontife; Episiolœ a pari, quand on faisait plusieurs transcriptions de ces lettres doctrinçiles pour les envoyer en diverses contrées, comme on le pratique aujourd'hui pour les actes appelés encycliques.
Jusqu'au xiv° siècle, les décisions des papes sont le plus souvent en forme de réponse à une question, le Rescriptum des empereurs romains. Les décrétales de Grégoire IX, qui consacrent tout un titre aux Rescripia^ les opposent aux Consiitutiones. Ce dernier terme, également emprunté à la chancellerie impériale, était réservé aux actes d'une portée générale, statuant pour l'avenir et ne pouvant avoir d'efiFet rétroactif qu'en vertu d'une disposition expresse'.
Quand le rescript était signé de la main du pape, on lui donnait parfois la dénomination de Chirographum; le terme le plus généralement usité pour désigner les autres actes pontificaux était celui de Lilierœ apostolicse.
Lorsque ces lettres étaient munies d'un sceau, — bulla, — on les appelait Liilerœ bullatœy tout au moins à partir du xiii'' siècle *.
Le mot bulle y dans le sens de lettres apostoliques, est récent et n'est employé que dans le langage usuel ; la chancellerie romaine n'en use jamais dans les actes officiels.
C'est aussi dans les derniers siècles seulement