PLAUTIUS
cien ; la manière dont on les cite donne à croire que c'étaient des écrits purement théoriques (1).
Le grand succès qu'avait eu le Jus civile de Sabinus, fut égalé par celui dont jouit un livre de Plautius qui traitait piauuus. surtout àxijus honorarium. Neratius (2), Javolenus, Pompo- (159) nius et Paul le commentèrent ; des extraits de leurs travaux figurent au Digeste de Justinien (3). Dans l'œuvre de Paul à la difi'érence des autres, le texte de Plautius se distingue quelquefois des additions, en ce qu'il est précédé du mot Plautius^ tandis qu'en tête de celles-ci on lit Paulus (4). Les passages que l'on peut ainsi attribuer sûrement à Plautius contiennent des citations de Sabinus, de Cassius, de Proculus, de Nerva et d'Atilicinus ; et comme ces citations sont fréquentes dans les autres textes de Paul ad Plautium, on est porté à croire que ces textes sont de Plautius lui-même ou, du moins, qu'ils sont tirés d'un extrait de son œuvre (5). Il résulte de là que cette œuvre se place dans le temps qui sépare Nerva et Atilicinus d'un côté, Neratius et Javolenus d'un autre ; il est certain que l'auteur a eu sous les yeux l'édit sous la forme qu'il avait avant la rédaction d'Hadrien. Paul, et sans doute aussi Pomponius , ont pris pour base de leurs travaux sur Plautius le plan de l'édit d'Hadrien (6). Ces jurisconsultes ont
(1) Il dit toujours : ait, putat, probat, ou il emploie des expressions analogues.
(2) Cf. ci-dessous, n. 5.
(3) Hommel , Palingenesia , 1 , 211 et suiv.; II, 123 et suiv., 327 et suiv. Lenel, Palingenesia, p. 297 et suiv.
(4) Dig., 20, 4, 13. 34, 2, 8. 35, 1, 43 pr. 44 g 10. 35, 2, 49 pr. Il est possible que la même distinction fût faite dans d'autres textes et qu'elle ait disparu par suite de fautes commises par les scribes. Paul ne se borna pas, d'ailleurs, à y joindre des notes ; c'est ce que prouvent, par exemple, divers textes du Dig., 23, 3, 5G g 3. 40, 7, 20. 45, 1, 91.
(5) Il est vrai que cela n'est pas absolument certain; on lit dans Ulpien, Dig., 8, 3, 5 g 1 : Neratius libris ex Plautio ait... et hoc Proculum et Atilicinum existimasse ail: mais il veut dire par là que la citation émane do Neratius.
(0) Le petit nombre îles fragments tlu commentaire de Javolenus ([ui nous sont parvenus ne nous fournissent aucun renseignement à cet égard; du
joint à la théorie des stipulations , des matières qui n'ont aucun rapport avec l'édit et qui devaient déjà constituer des appendices dans l'œuvre de Plautius(l). Leur ordre est à peu près le suivant dans le travail de Paul : livre 15, usucapion, non usus, servitudes; livre 16, nomination de tuteurs par les magistrats et affranchissement; livre 17, incertitude sur le montant de l'objet de l'action, responsabilité pour la faute dans les condictiones ei perpetuatio obligationis, actions à raison d'un enrichissement non justifié; livre 18, jurisdictio mandata, charge de la preuve (?) et transmission des actions aux héritiers ; Pomponius fait de ces matières l'objet des livres 6 et 7 ; le livre 6 traite des droits sur le rivage de la mer, de Vitej' ad sepulcrum ; de la confirmation des prêts nuls, des payements, et peut-être de l'interdit de (160) vi ; le livre 7 est consacré au legs et à l'affranchissement testamentaire. Ces matières se rapprochent jusqu'à un certain point de celles qui forment la dernière partie du Jus civile de Sabinus.
urBeius Ferox. Urseius Ferox (2) est l'auteur d'un ouvrage en quatre livres dont nous ne connaissons pas le titre et auquel les compilateurs du Digeste de Justinien ont fait des emprunts. Le Digeste le désigne, il est vrai, par la rubrique : Julianus ad Urseium Ferocem ; mais Julien s'est borné à l'annoter, comme cela résulte de certains extraits et des citations que l'on en fait (3). On peut se rendre compte, dans une
commentaire de Neratius nous n'avons que la citation d'Ulpien, rem. 112. Ferrini, Rendiconïi del r. Istituto Lombardo, 18, fasc. 18 (Saggi di critic&, 1885, p. 19), pense que, dans l'ouvrage de Plautius, on a suivi le plan des Pithana de Labéon; mais il s'appuie sur le recueil inexact des textes des Pithana donné par Voigt (ci-dessus, p. 191, n. 3).
(1) Cf. ci-dessus, p. 175. En sens contraire, Lenel, Palingenesia, I, 1147, 1.
(2) Viertel, iVoua quaedam de vitis jurisconsultorum , p. 16 et suiv.
(3) Cf. Dig., 10, 3, 6 g 12. 23, 3, 48 g 1. 30, 104 g 3. 46, 3, 36. On lit au Dig., 16, 1, 16 g 1, à la suite du texte d'Urseius : Julianus autem recte putat ; cette formule est inadmissible; elle provient sans doute de l'altération d'une note dans laquelle, après Julianus, le nom d'un jurisconsulte cité par Julien (par exemple Javolenus), a peut-être disparu. — Partout où la première personne est employée (puto, existimo, respondi), le texte peut être l'œu-
URSEIUS PEROX. 213
certaine mesure, du plan de cet ouvrage : premier livre, hérédité et legs ; deuxième livre, affranchissement, action familiae erciscundae, action communi dividundo, dot, peutêtre aussi stipulation et sponsor ; troisième livre, actions à raison d'un enrichissement injuste, vente, usucapion, mandat , commodat , stipulatio servorum ; quatrième livre , le petit nombre des fragments que nous possédons ne nous permettent pas d'en deviner le contenu. On admet aujourd'hui qu'Urséius avait suivi le même plan que Sabinus dans son Jus civile ; mais cette opinion n'est pas exacte. Autant qu'on peut s'en rendre compte, ce n'est même pas le plan de Cassius qu'il a pris pour base de son œuvre. Comme dans les recueils de Quaestiones , les matières y sont traitées d'après la méthode de la casuistique ; l'auteur joint aux casus des responsa , soit de lui, soit des autres jurisconsultes. Il cite Sabinus, Cassius, Proculus et Priscus. Ce dernier peut être aussi bien Fulcinius ou Neratius que Javolenus (1), et si c'est Javolenus, la confection de l'œuvre se place vers l'époque de Trajan. Mais il faut remarquer qu'il se peut que la mention de Priscus (2) provienne d'une note de Julien (3). Ulpien, CoU. 12, 7, 9, cite un
vre d'Urseius; le terme respondit qu'on trouve à plusieurs reprises (Dig., 18, 1, 41 pr. 19, 1, 28. 30, 104 pr.) peut avoir été substitué à respondi par suite de la fausse interprétation d'une abréviation. On ne doit pas objecter que Julien, dans ses Nolae, parle aussi à la première personne; aucune confusion n'était possible puisque les Notae étaient précédées de son nom. En sens contraire, H. Krueger, Exceptio doli, I, 160, 152.
(1) Cf. ci-dessous, p. 215, n. 4.
(2) Dig., 39, 6, 21.
(3) Les citations do Sabinus et de Proculus sont d'Urseius; c'est co que prouvent les textes suivants do Paul et d'Ulpicn, Collalio, 12, 7, 9; Dig., 9, 2, 27 g 1. La citation de Cassius par Urseius est établie d'une façon sûre par un texte au Dig., 16, 1, 16 g 1 (ci-dessus, p. 207, n. 1); .30, 104 g 1 ; cf. aussi Dig., 7, 4 , 10 g 5 (Cassius apud Urseium scribit) avec les textes cités cidessus, p. 180, n. 1. Dès lors, au Dig., 44, 5, 1 g 10, au lieu do Cassius existimusse UrspÀum referl, il faut lire : Cassium cxistimasse Urseius refcrt ; la place occupée par les mots est, d'ailleurs, «n faveur de celle correction. Il y a dos savants, par exemple H. Pernico, Miscellauea, p. 58, qui partent de co texte pour faire do Cassius un commentateur d'Urseius; ils repoussent les objections tirées du Dig., 7, 4, 10 § 5 et dos citations analogues, on
dixième livre d'Urséius ; on se demande si ce livre est le même que le précédent ; peut-être Julien en avait-il fait
(161) un abrégé en quatre livres ou bien les commissaires de
Justinien n'en possédaient-ils qu'un exemplaire incomplet.
Julien rédigea également un abrégé en six livres (1), en
y joignant quelques notes (2), d'un ouvrage d'un juriscon-
Minicius. sulte incounu d'ailleurs, Minicius; les citations qu'on en trouve au Digeste de Justinien sont précédées de l'intitulé Julianus ad Minicium, analogue à l'intitulé de l'ouvrage précédent, Julianus ad Urseium Ferocem. Le peu de fragments que nous en avons (3) nous permettent d'y établir les divisions suivantes : livre 1, legs et operae libertorum; livre 2, constitution des servitudes par contrat, dépôt, usucapion, stipulatio servorum; livre 3, furtum ; livre 4, prêt, actions à raison de l'enrichissement sans cause, mandat, vente, servitudes à raison des eaux; livre 5, prestation de garanties de la part du mandataire ad litem, dot, donation entre époux, aqua pluvia et liberalis causa; livre 6, rei vindicatio
invoquant les textes comme ceux-ci : Dig., 36, 1, 3 pr. 50, 16, 9 [M&rcellus apud Julianiim scribit ou notât).
(1) Il faut sans doute lire, avec Haloandre, libro V, au Dig., 19, 1, 11 g 5, au lieu de libro X apud Miniciurn [Julianus] ait.
(2) C'est ce qui résulte du Dig., 6, 1, 61. 33, 3, 1. Mommsen considère comme une glose et efface avec raison le mot Julianus avant lespondit au Dig., 3, 3, 76. 46, 8, 23. Il se pourrait, au contraire, que le fr. du Dig., 17, 1, 33 : Rogalus... Julianus vertus puiaf n'ait pas été emprunté par les compilateurs, quoi qu'en dise l'inscription, à l'ouvrage de Julien ad Minicium, mais ait été tiré d'une citation faite par un écrivain postérieur, peut-être par Ulpien. On trouve tantôt la première, tantôt la troisième personne, par exemple respondi, au Dig., 8,5, 18. 24, 1 , 39 (précédé de quaero), ego au Dig., 40, 12, 30, puto au Dig., 41, 2, 39; et, au contraire, negavil au Dig., 8, 3, 31, respondit au Dig., 6, 1 , 59. 12, 1 , 22 (précédé de interrogavi). 41, 4, 10. 46, 1, 19, Minicius respondit au Dig., 6, 1, 61 (fragment suivi d'une note de Julien); mais cela ne prouve point que, quand on emploie la première personne, ce soit Julien qui parle, comme le croit, par exemple, un des compilateurs du Digeste, Dorothée, sur le Dig., 40, 12, 30(Casi/iqijes, 48, 8, 30; cf. Buhl, Jidian, I, 57); il n'en résulte point, par suite, que Julien ne se soit pas borné, peut-être comme Paul, ad Plaulium, à ajouter des notes; cf., en particulier, le mot interrogavi au Dig., 12, 1, 22, employé à propos d'une demande de Minicius à Sabinus.
(3) Ilommel, Palingenesia, I, 304 et suiv.
MINICIUS. JAVOLENUS. 215
et moyens de défense contre les actions à raison des servitudes. Minicius ne semble pas avoir reproduit le plan de Sabinus. L'ouvrage renferme des exposés casuistiques auxquels sont jointes desresponsa de Minicius et d'autres jurisconsultes. Les citations y sont rares et se bornent à Sabinus et à Cassius (1) ; Sabinus est cité une fois à l'occasion d'une demande à lui adressée par Minicius luimême (2). Ces citations d'une part et, de l'autre, le travail de Julien sont les seuls points de repère que nous ayons pour fixer la date de l'ouvrage (3).
Sur la limite du premier et du deuxième siècle après (i62) Jésus-Christ, on rencontre deux jurisconsultes célèbres, Javolenus Priscus et Ariston. Le premier fut revêtu de Javoienus. beaucoup de dignités; il commanda d'abord les légions en Moesie et en Afrique , ensuite il gouverna les provinces de la Bretagne et de la Germanie supérieure (celle-ci en l'année 90) et il fut enfin proconsul d'Afrique (4). Il résulte de là qu'il fut consul avant l'année 90, qu'il naquit avant l'année 60 et qu'il ne put pas, comme on le rapporte (5), faire partie du consilium d'Antonin le Pieux. En l'année 106 ou 107, Pline (6) déclare qu'il doute que Javolenus
(1) Dig., 12, 1, 22. 19, 2, 32. 40, 12, 30.
(2) Dig., 12, 1, 22; au Dig., 40, 12, 30; l'opinion de Sabinus est rapportée de seconde main, peut-être d'après Cassius.
(3) La ressemblance des noms gentilices ne suffit pas pour affirmer l'identité de l'auteur de cet ouvrage avec le destinataire d'un rescrit de Trajan au Dig., 2, 12, 9, et le consul de l'a. 107, Minicius Natalis; cf. Viertel , Nota quaednm de vilis jurisconsvllorum, p. 21 et suiv.
(4) Le nom complet est C. (ou L.) Octavius Tidius Tossiaanius .lavolcnus Priscus; cf. à ce sujet, et sur la carrière de Javolenus, C. /. L., III, n. 2864 (et les Addenda, p. 1002); Ephemeris epigraphica, V. G52 et suiv.; Dig., 40. 2, f). Les jurisconsultes l'appellent Javolenus (excepté au Dig., 1, 2, 2 g 53); Pline, Ep., G, 3, d'abord Javolenus Priscus, puis Priscus tout court. Ce dernier nom se trouve encore dans tJlpicn, 11. 2S, au Dig.. 3,S, 1, 112 g 3. 39, 6, 21. 41, 2, 1 g 21. 41, 4, 2 g fi, mais il peut se rapjjorter à Fulcinius ou à Neratius ; au Dig., 7,8, 10 g 2, au lieu de la leçon donnée par les mss. et Priscus el Neratius, il faut lire jjrobablenient et Pt-oculus et N., comme lo dit Stéphane.
(5) Vita PU, 12 (il faut, sans liésitcr, lire Javolcno au lieu do Diabolcno).
(6) Ep., C, 15.
jouisse de sa raison ; mais il ne peut faire allusion qu'à des bizarreries, à des singularités d'un moment; il remarque, en effet, lui-même qu'il ne faut pas y attacher d'importance , que ce jurisconsulte s'était bien acquitté de ses fonctions, qu'il avait assisté aux délibérations du conseil impérial, et que, de plus, il avait usé de son jus respondendi (1).
Il succéda à Caelius Sabinus comme chef de l'école des Sabiniens (2). Julien fut son élève. On a fait des emprunts à plusieurs de ses écrits pour le Digeste de Justinien. Les quatorze livres de ses epistulae contiennent un recueil de responsa et de quaestiones. Les demandes qui y sont rapportées émanent souvent, à n'en pas douter, de jurisconsultes (3); on y cite deux fois l'opinion de Proculus (4). Javolenus lui-même se réfère à Labéon (5) et à Massurius Sabinus (6). Il ne paraît pas que, dans son recueil, les matières aient été classées suivant un ordre méthodique. Les autres écrits de Javolenus que nous connaissons sont des travaux sur les Posteriores de Labéon , sur le Jus civile de Cassius et sur le commentaire de l'édit de Plautius. Il a été question plus haut (p. 206, 210) de ces deux (163) derniers ouvrages. Des Posteriores de Labéon, Javolenus a fait deux abrégés, sans qu'on se rende bien compte du rapport qu'il y avait entre eux. Ils se distinguent extérieurement par le titre qu'ils portent au Digeste de Justinien : quand on cite l'un d'eux, on dit : Labeo libre — posteriorum a Javoleno epitomatorum ; quand c'est l'autre, Javolenus libro — ex posterioribus (ou posteriorum) Labeonis (7).
(1) Comme il ne porte pas encore le titre de jurisconsultus dans les inscriptions citées à la page 215, note 4, il est probable qu'il ne reçut le jus respondendi qu'après la confection de celles-ci.
(2)Dig., 1,2, 2 g 53.
(3) Par exemple Dig., 8, 4, 5. 41, 2, 23 g 2. 42, 5, 28.
(4) Dig., 28, 5, 11. 50, 16, 116.
(5) Dig., 28, 5, 65.50, 16, 116.
(6) Dig., 45, 1, 105.
(7) Le Dig,, Index auctorum, 7, 2, ne parle que de AaSeùvo; Posierioj'um
JAVOLENUS. 217
La rédaction correspond à ce double intitulé; dans le premier de ces ouvrages, c'est Labéon qui parle, Javolenus n'a fait que joindre des notes au texte de ce jurisconsulte (1); dans le second, Javolenus écrit d'après Labéon (2); ce qui est à la première personne est de Javolenus (3). Les deux œuvres ne diffèrent pas au fond (4); les divisions qui
pt. i. Il ne faudrait pas croire que les différences qu'on trouve dans ces désignations ne soient que des variantes purement accidentelles ot qu'il n'y ait eu en réalité qu'un ouvrage unique; ces différences ne se présenteraient point, en effet, dans les citations rapprochées l'une de l'autre dans un même titre, par exemple, Dig., 8, 1, 19. 20. 18, 1, 77-80. 19, 2, 57-60. 23, 3, 79. 80. 24, 1, 64. 65. 33, 2, 30. 31. En outre, les compilateurs de Justinien, quand ils ne se sont pas écartés de l'ordre adopté tout d'abord pour classer les fragments insérés au Dig., ont placé les extraits de Javolenus à la fin de ce que l'on appelle la série de Sabinus (g 43), et les extraits de Labéon dans la série des appendices; cependant les premiers de ces extrait^ se trouvent quelquefois dans la dernière série, comme on l'observe dans les textes précédents (cf. aussi Dig., 32, 100. 33, 2, 41. 42. 34, 2, 39. 50, 16, 242); Bluhme, Zeitschrift fur geschichlliche Rechtswissenschafl, IV, 323, explique suffisamment ce fait, en disant que la ressemblance qu'il y avait entre les deux ouvrages a conduit à les soumettre à une élaboration simultanée lors de la rédaction des titres du Digeste (aussi y a-t-il quelquefois des irrégularités en sens inverse et peut-on regarder des extraits de Labéon comme placés à la fin de la série de Sabinus. Dig., 28, 7, 20. 33, 4, 6. 34, 2, 31), Si l'on n'admettait pas cette manière de voir, on ne saurait expliquer (et les adversaires de Bluhme ne l'ont pas essayé) pourquoi certains extraits de Javolenus auraient été reportés de la série des appendices à la fin de la série de Sabinus (où ils figurent dans les passages suivants du Dig., 21, 1, 53. 28, 1, 25. 28, 6, 39. 29, 2, 60. 62. 64. 35, 1, 39. 40. 50, 16, 217. 50, 17, 72).
(1) Dig., 40, 12, 42.
(2) A voir certains textes du Digeste, 32, 29. 33, 1, 17, il semble qu'il n'en était pas toujours ainsi; mais Bluhme, op. cit., p. 321, a montré, en rectifiant les inscriptions, que les dérogations à cet ordre n'étaient qu'apparentes. Dans une loi du Digeste, 19, 2, 28, le style indirect et le motpufaf pourraient se rapporter à Servius (cf. I. 27. 29 eod.). Il est vrai que dans une autre loi. Digeste, 19, 2, 60 g 5, le style indirect {Labeo ail) se trouve employé contrairement à ce qui a lieu dans le texte précédent et dans le suivant; cela peut s'expliquer de plusieurs façons; peut-être a-t-on intercalé dans ce passage un texte de Javolenus, sans modifier l'inscription, comme il l'aurait fallu.
(3) On trouve çà et là des règles do droit et des décisions sans indication d'origine; elles doivent appartenir, en général, à Labéon, comme les textes du même genre dans l'autre extrait.
(4) A. Pcrnicc, Labco, I, 81, pense que Javolenus avait réuni dans l'extrait de Labéon les règles posées par ce jurisconsulte qui avaient obtenu l'approbation générale, tandis que l'autre ouvrage comprenait celles qui étaient discutables ou qui devaient être soumises à un nouvel oxumon. Mais cette
(164) y sont adoptées se suivent dans le même ordre, mais la deuxième paraît avoir été plus étendue que la première, car, au Digeste de Justinien, les extraits de la première ne dépassent pas le sixième livre, tandis qu'on a des fragments tirés du dixième livre de l'autre.
Ariston. Titius Ariston (1) fat l'un des amis les plus intimes de
Pline le Jeune, qui vante quelque part sa science approfondie du droit public et du droit privé et qui le représente, en outre, comme un esprit pourvu de riches connaissances (2). Il parle de lui pour la dernière fois en l'année 108 ou 109 (3). Il fit partie, avec Neratius, du conseil de Trajan (4); on ne voit pas qu'il ait été revêtu d'aucune autre charge officielle. Si l'on en croit Pline, il était tenu en grande estime comme avocat et surtout comme consultant, mais il accorda peu d'attention aux disputationes des écoles de droit (5).
Il parait avoir eu pour maître Cassius (6). On mentionne de lui les œuvres suivantes : notes sur les Posteriores de
opinion n'est guère admissible, car il est à remarquer que si, dans ce dernier ouvrage, les additions de Javolenus sont plus nombreuses que dans l'abrégé de Labéon, elles sont pour la plupart uniquement faites pour approuver les idées de Labéon, et souvent elles font défaut. Voigt(î7eber das Aelius — und Sabinus — System, p. 32) a essayé d'établir que ce dernier ouvrage n'est qu'un travail de Paul sur l'abrégé de Labéon par Javolenus, en se basant sur une prétendue note de Paul, Dig., 20, 1, 60, cf. p. 193, n. 2; mais le nom de Paul ne figure pas dans le titre de l'ouvrage; et les citations des jurisconsultes postérieurs à Labéon, qui émaneraient, à ce compte, do Paul, se bornent à quelques autours presque contemporains de Labéon, Proculus, Sabinus et un certain Caccilius (g. 23, Africain).
(1) Momrascn, ZeAtschrift fur Rechtsgeschiclile , VII, 1868, p. 474 et suiv.
(2) Epist., 1, 22 (vers Tan 100); cf. 5, 3.
(3) Plin,, Episl., 8, 14. Cf. Hermès, III, 52.
(4) Dig., 37, 12, 5.
[h) Epist., 1, 22, 6 : non quidem gymnasia sectatur aut portions nec dispulationibus longis aliorum olitim siiumque détectât, sed in toga negoliisqite versatur, multos advocatione, plures consilio juvat.
(6) C'est ce que l'on déduit des mots : nam et Cassium audisse se dicentem Aristo ait. On a voulu en conclure aussi qu'il appartenait à l'école Sabinienne; Karlowa, Rectitsgesctiichte, I, 669, en fait au contraire un Proculien.