NERVA. PROCULUS
C'était l'un des favoris de Tibère (1); il se laissa mourir Les deux Nerva. de faim en l'année 33, parce qu'il était peu satisfait de la politique de ce prince et de l'état de Rome à ce moment (2). Nous ne connaissons le titre d'aucun de ses écrits ; mais (153) ses opinions sont citées par beaucoup de jurisconsultes postérieurs (3).
Le fils de Nerva fut moins célèbre ; préteur désigné en l'année 65 (4), il devait être encore très jeune lorsque son père mourut. Il paraît avoir rendu des réponses dès l'âge de dix-sept ans (5). On cite de lui des lihri de usucapionibus (6) ; il est aussi nommé quelquefois sans que l'on se réfère à ses livres (7).
Il eût moins de réputation que son contemporain Proculus (8), successeur de Nerva l'ancien (9), et dont le nom
rum depuis l'a. 24. Des inscriptions (C. I. L., VI, 1539, 9005) attestent qu'il fut consul. On a conjecturé que son consulat devait se placer en l'a. '22 ap. J.-C; cf., en sens contraire, Henzen, sur la première de ces inscriptions.
(1) Dig., 1, 2, 2 § 48; Tacite, Ann., 4, 58.
(2) Tac, Ann., 6, 32 (26); Dion, 58, 21. Tacite dit à son sujet : omnis divini humanique juris sciens. Cf. Frontin, op. cit. : scienlia eliam juris inlustris.
(3) Les citations qui nous sont parvenues sont de Ceisus, Julien, Plautius, Valens, Pomponius, Gaius, Marcellus, Venuleius, Paul et Ulpien; cf. Lenel, Palingenesia, I, 787 et suiv.
(4) Tac, Ann., 15, 72.
(5) Dig., 3, 1, 1 g 3.
(6) Papinicn au Dig., 41, 2, 47,
(7) Lenel, Palingenesia , I, 791 et suiv. Paul et Ulpien le distinguent do Nerva l'ancien on le qualifiant toujours de Nerva filius ; de mèine Venuleius et Papinicn. Les autres jurisconsultes, quand ils citent Nerva, sans préciser davantage, font allusion au père; c'est ce que montrent les associations de noms comme Nerva et Proculiis, cf. en particulier Gaius, 2, 15. 195; Dig., 41, 1 , 7 g 7, ou Nervi, Sabinus Cassius, etc.
(8) Sur le prétendu nom de Sempronius, cf. p. 204, n. 8. Zimmern, g 85, 4, soutient que le jurisconsulte Proculus pourrait être lo même personnage que ce Licinius Proculus qui fut préfet du prétoire sous Olhon ; mais les motifs qu'il donne à l'apiiui de son opinion n'ont pas do valeur.
(9) Des textes cités par Rudorff (Zcilschrifl fur yeschichlichi' Rechlswis- .'ienschaft, XII, .'538; Dig., 29, 2, 00. 02. 35, 1, 40 g 4), il no résulte point <iuo Proculus ait vécu à la mémo épotiue <|uc Javoleuus; il est très douteux que co soit notre jurisconsulte qui se trouve visé dans lo passage du testament do Dasumius de 1 an 109, 1. 26, où il est question d'un jurisrtmsullp du nom do [Projculus.
servit à désigner dans la suite les disciples de l'école de Labéon ; on sait, en effet, qu'on les appela Proculiani (1). procuius. On trouve au Digeste de Justinien des extraits de ses epistulae qui , dans onze livres au moins (2) , contenaient surtout des responsa délivrés par Procuius et quelques quaes" tio)ies{3). Ily cite Trebatius (4 , Capiton (5) et un jurisconsulte du nom de Cartilius, inconnu d'ailleurs (6). Nous ne pouvons pas nous rendre compte du plan suivi par le jurisconsulte (7). Nous avons les noms de quelques-uns de ceux qui lui ont demandé des consultations : Sempronius (154) Nepos (8), Licinnius Lucusta (9) et Atilicinus (10). Comme le dernier, les deux autres devaient être des jurisconsultes, à en juger du moins par la manière dont ils lui posent les questions; peut-être étaient-ce des élèves de Procuius (11). En debors des epistulae, on ne cite d'autre œuvre de Procuius que ses notes sur Labéon (12).
(1) Pomponius dit de lui (g 52) : sed Proculi auctoritas major fuit, nam etiam plurimum potuit. Un rescrit des divi fratres, rapporté au Dig., 37, 14, 17 pr., le qualifie de : non levis juris auctor.
(2) Dig., 18, 1, 69. 19, 5, 12. 23, 4, 17. L'Index auct. du Digeste ne mentionne que huit livres.
(3) Dig., 28, 5, 70. 41, 1, 55. 46, 3, 84. C'est sans doute pour une raison analogue qu'il est question au Digeste, 33, 6, 15, d'une décision de Trebatius.
(4) Dig., 28, 5, 70. 33, 6, 15.
(5) Dig., 8, 2, 13 g 1.
(6) Dig., 28, 5, 70; il est encore mentionné par Ulpien, Dig., 13, 6, 5 g 13.
(7) S'il y avait eu un ordre méthodique, la répartition des textes du Dig., 33, 6, 6. 15, sur plusieurs livres, aurait quelque chose de bizarre.
(8) On lit « Nepos » tout court au Dig., 23, 3, 67. 50, 16, 125. De ces textes, il résulte qu'au Dig., 31, il (Sempronius Procuius Nepoti suo salulem — quaeris — Procuius respondit — ), il faut écrire avec Mommsen, Nepos Proculo au lieu de Procuius Nepoli. Ce début erroné a conduit à traduire une abréviation qui suivait par quaeris au lieu de quaero ou de quaeritur. Il y a des savants qui, argumentant de ce texte, ont voulu donner à Procuius le nom gentilice de Sempronius.
(9) Dig., 31 , 48.
(10) Dig., 23, 4, 17.
[\\) C'est ce que font supposer les formules Proculo suo et Lucuslae suo.
(12) Dig., 3, 5, 9 g 1. 35, 1, 69; VaL, 71 ? Au Dig., 33, 6, 16, Idem (= Procuius) libro m ex posterioribus Labeonis , on a écrit idem par mégardc pour Javolenus; cela résulte non seulement de ce qu'il y a une faute du même genre au Dig., Index auc/., mais encore de ce que le fragment est placé à la fin du titre.
CASSius. 205
Au nombre des Proculiens de cette époque, Pomponius mentionne encore un certain Longinus complètement inconnu d'ailleurs; il appartenait, paraît-il, à l'ordre équestre et il parvint jusqu'à la préture (1).
Si ce Longinus est inconnu, il n'en est pas de même de C. Cassius Longinus (2), le petit-fils de Tubéron , par cassius. sa mère , et l'arrière-petit-fils de Servius ; après avoir été investi de la préture urbaine (3), il devint consul en l'année 30 (4), proconsul d'Asie en 40 et 41 (5), et administra la Syrie en qualité de légat en l'année 49 (6); il jouit d'une grande influence politique (7) jusqu'à ce que Néron, en l'année 65, le condamna à subir la peine de la déportation en Sardaigne (8). A ce moment, il avait perdu la vue; il mourut après avoir été rappelé à Rome par Vespasien. Il eut pour maître Sabinus (9), devint après lui chef de son école et jouit d'une telle réputation (10) que les jurisconsultes qui se rattachaient à cette école furent souvent appelés désormais Cassiani (il).
(1) Dig., 1, 2, 2 g 52. Les deux livres de teslibus de Domitius Afer (consul en 39, mort en 59), que cite Quintilien, Inst. or., 5, 7, 7, ne sont peut-être pas une œuvre juridique.
(2) Les écrivains postérieurs l'appellent d'ordinaire Cassius. Javolcnus ex Cassio le désigne sous le nom de Gains Cassius ou de Gains tout court; il en est de même d'Urseius , Dig., 16, i, 16 g 1. 24, 3, 59. Pomponius le qualifie une fois de Gains nosler, Dig., 45, 3, 39 (Fitting, Ueber das Aller der Schriflen^ p. 11-19; Dernburg, Institutionen des Gains, p. 109, et Karlowa, Rechtsgeschichte , I, 720, croient qu'il désigne par là Gaius plus jeune que lui: en sens contraire, A. Pernice, Labeo, I, 85, 18). On trouve la dénomination de Gaius Cassius quelquefois dans Ulpien et une fois dans Paul, Dig., 37 , 6, 2 g 5. MarccUus , Dig. , 1 , 9 , 2 , et les Gromatiques , p. 17, 9. 124, 14. 399, 23 (Lachmann), l'appellent Cassius Longinus. Un texte au Dig., 1, 2, 2 g 51, donne son nom en entier.
(3) Dig., 4, 6, 26 g 7. 29, 2, 99.
(4) C. I. L., X, n. 1233. Dig., 1. 2, 2 g 51.
(5) Dio, 59, 29, 3.
(6) Tac, Ann., 12, 11; Joseph., Anliq., 15, 11. 4. 20, 1, 1.
(7) Cf. Tac, Ann., 13, 41. 48. 14, 43-45.
(8) Tac, Ann., 16, 9; Suét., Ncro, .37; Dig., loc. cit.
(9) Dig., 4, 8, 19 g 2.
(10) Tac, Ann., 12, 12 : £a tempestate Cassius ceteros pr&eminebal peritia legum.
206 HISTOrRE DES SOURCES DU DROIT ROMAIN.
(155) Son principal ouvrage consiste dans des lihri juris civi-
jus civile lis, qui nous sont connus soit par les citations des iuris-
de Cassiuï. i j
consultes postérieurs (1), soit par un travail de Javolenus en quinze livres qu'on a utilisé pour le Digeste de Justinien (2). Javolenus n'a pas respecté partout le texte de Cassius (3); son travail paraît n'être qu'un abrégé de l'œuvre, beaucoup plus étendue, de Cassius, car le livre 8 de celle-ci correspond environ au livre 2 de Javolenus (4). L'ordre des matières est le suivant, autant que nous pouvons en juger par les quelques fragments de l'extrait que nous possédons : testament, legs, légitime du patron (livre 1 à 3), dot (livre 4), tutelle (livre 5), adoption, statuliberi, operae libertorum (livre 6), vente et usucapion, mandat, louage (livres 7, 8), servitutes praediorum, aqua pluvia et droit d'aqueduc (livre 10), rivages des fleuves, acquisition de la propriété par l'occupation (livre 11), actiones de peculio et de in rem verso (livre 12), interdits (livre 13), loi Aquilia (livre 14), furtum et honorum venditio (livre 15). On remarque dans ce plan des divergences importantes avec l'ordre systématique adopté par Labéon et par Sabinus. La dot et la tutelle y sont examinées, comme dans les commentaires de l'édit et comme dans le Digeste de Justinien, à côté des testaments et des legs, quoique l'ordre soit renversé; les matières qui, dans les œuvres de Labéon et de Sabinus, sont traitées après le legs et avant la dot, viennent ici à la suite de la tutelle ; la loi Aquilia et le furtum ne se rattachent pas à la tutelle. — Ariston a annoté les libri juris civilis de Cassius ; l'ouvrage original a été encore consulté par Ulpien et par Paul. Cassius avait
(1) Dig., 7, 1, 7 g 3. 9 g 5. 23 § 1. 70 pr. g 2. 26, 1, 3 g 2. 29, 2, 25 g 4. 5. 37,
(2) Lenel , Palingenesia , p. 277 et suiv. Citations sans indication d'ouvrage, p. 110 et suiv.
(3) C'est ainsi qu'on trouve de simples références au livre do Cassius dans les textes suivants : Dig., 35, 1, 54. 40, 7, 28 g 1. 46, 3, 78.
(4) La théorie de l'usufruit, qui se trouve au VIII* livre, était traitée dans les ouvrages sur \e jus civile h propos des legs.
GAELIUS SABINUS. PEGASUS. CELSUS. 207
fait, en outre, des notes sur Vitellius (1). Il ne se contenta pas d'écrire sur le droit, il donna aussi des consultations (responsa); c'est ce qu'attestent Ariston, Scaevola, Paul et Ulpien (2).
Du temps de Vespasien, on trouve les jurisconsultes Caelius Sabinus et Pegasus. Le premier, dont le nom caeiius sabinus complet est Cn. Arulenus Caelius Sabinus (3), consul en l'année 69, eut une très haute situation politique sous le (ise) règne de ce prince (4). Il succéda à Cassius comme chef de l'école des Sabiniens. Son commentaire de l'édit des édiles a beaucoup servi aux jurisconsultes postérieurs et, en particulier, à Ulpien (5).; certaines citations se réfèrent à d'autres écrits de ce même jurisconsulte (6).
Pegasus, praefectus urbi sous Vespasien (7), succéda à Pegasus. Proculus. Les jurisconsultes postérieurs le citent fréquemment, mais sans nous faire connaître ses écrits. Deux sénatus-consultes ont été rendus , Pegaso et Pusione coss (8) ; c'est peut-être notre jurisconsulte qui est visé par là.
Son successeur, Juventius Celsus (9), est mentionné une ceiseiepère. fois comme membre du conseil du consul Ducenius Ve-
(1) Il n'y a pas à conclure du passage du Dig., 7, 4, 10 g 5, Cassius apud Urseium scribit, que Cassius ait annoté Urseius; il n'est question là que d'une citation de Cassius par Urseius; cf. Dig., 16, 1 . IG g 1. 24, .3, 59. 30, 104 g 1. Pcrnice, Miscellanea, p. 57 et suiv., se trompe ; cf. rem. 119.
(2) Dig., 17, 2, 29 g 2. 29, 7, 14 pr. 7. 1, 12 g 2. 17. 2, 52 g 18. 12, 2, 2G g 1.
(3) C. I. L., VI, 1, p. 499, 81. Pour le distinguer de [Massurius] Sabinus, p. 150, Aulu-Gelle, Gains et Papinien l'appellent Caelius Sabinus; Ulpien et Venuleius lui donnent simplement le nom de Caelius.
(4) Dig., 1, 2, 2 g 53.
(5) Dig., 21, 1, 14 g 3. 10, 17 g 1. 6-10. 12. 13. 15. 16. 17. 20. 38 g 7. 11, 65 g 2. Cf. Aulu-Gelle, 4, 2, 3-5. 6, 4.
(6) Gaius, 3, 70. 141 ; Dig., 35, 1, 72 g 7.
(7) Dig., loc. cit.; Juvénal, 4, 77 et suiv.; et, sur ce passage, le Scol. (p. 223, J.) : Filius Trierarchi, ex cujus liburnae parasemo nomen accepit,juris studio gloriam memoriae meruit, ut liber vulgo , non homo diceretur . hic functus omni honore, cum provinciis plurimis praefuisset , urbis curarn administravil. hinc est Pegasianum setiatuscunsultum.
(8) Gaius, 1, 31. 2, 254; cf. note i)récédento.
(9) Ueineccius, Opuscula varia, p. 506 et suiv. (Halae, 1735), fait romarquor qu'on lo distingue de son Qls on se contentant de l'appeler Celsus pater, et il on conclut qu'il porl.iil, comme son fils, le prénom do Publius.
Atilicinns.
Fufidius.
rus(l). Nous ne connaissons aucune de ses œuvres; lorsque son fils nous rapporte quelques-unes de ses opinions (2), il ne dit pas qu'il les ait puisées dans ses écrits ; son successeur, Neratius, le cite également, mais peut-être aussi d'après son enseignement oral (3).
Atilicinus semble avoir été un élève de Proculus (4); ils sont souvent nommés ensemble (5) ou bien Atilicinus est mentionné avec le proculien Nerva (6), mais on le trouve également cité avec les chefs de l'école opposée, Sabinus et Cassius (7), et enfin avec Fulcinius (8). Il n'y a pas apparence que les jurisconsultes postérieurs l'aient associé à ces divers auteurs parce qu'ils avaient puisé leurs extraits dans des ouvrages dififérents ; la véritable raison est qu'ils empruntent ces extraits à Atilicinus, parce qu'il est le plus récent de tous ceux-là. Atilicinus est cité lui-même dans les écrits de Plautius, de Neratius (9), de Fufidius, d'Aufidius Chius (10), de Julien, de Valens, de Pomponius, de Paul et d'Ulpien. Il faut donc le placer dans l'intervalle de temps qui s'écoule entre Cassius et Plautius.
Africain nous a conservé un passage du deuxième livre des Quaestiones, de Fufidius; ce jurisconsulte y rapporte une réponse d'Atilicinus (11); Fufidius est encore cité par Gains (12) et par Paul (13).
(1) Dig., 31, 29 pr. L'année de son consulat n'est pas connue.
(2) Dig., 12, 4, 3 g 7- 31, 20. 31, 29.
(3) Dig., 17, 1, 39.
(4) Au Dig., 23, 4, 17, on trouve dans les epistulae de Proculus une demande commençant ainsi : Atilicinus Proculo suo salutem.
(5) Dig., 2, 14, 27 pr. 4, 8, 21 g 9. 8, 3, 5 g 1. 15, 1, 17 pr.
(G) Dig., 12, 4, 7 pr. 17, 1, 45 g 7. 32, 19. 34, 3, 16. 35, 2, 49 pr. 44, 4, 4 g 8.
(7) Dig., 10, 3, 6 g 4. 5. 17, 2, 52 g 18. 45, 2, 17.
(9) Cf. Ferrini, Zeilschrifl der Savigny-Stiftung, VII, 86.
(10) Vat. fr., 77 : Alilicinum respondisse Aufidius (Anfidius d'après le manuscrit) Chius referl. C'est vraisemblablement le même Auâdius Chius dont parle Martial, 5, Gl, 10.
(11) Dig., 34, 2, 5.
(12) D'après Gaius, 2, 154, il aurait cité Sabinus; voir aussi Dig., 4'), 2, 25.
FULCINIUS, PUTEOLANUS, ETC. 209
On mentionne une fois Priscus Fulcinius (1) en même temps qu'Atilicinus ; un autre texte le place à côté de Mêla (2). Certaines de ses opinions sont rapportées par Neratius (3), Pomponius, Gaius, Paul et Ulpien.
Au premier siècle de l'empire il faut encore rattacher Varius LucuUus (4), nommé par Ariston, Paconius, mentionné par Paul, ad Plautiumib), peut-être par Plautius luimême (6) et dont Ulpien parle une fois (7), enfin Campanus , cité par Valens et par Pomponius (8). Il n'est pas certain que l'on doive placer à la même époque Valerius Severus, que mentionnent Julien (9) et Ulpien (10) et qui, d'après le Digeste, 2, 4, 4 § 3, est, en tout cas, postérieur à Labéon. Julien cite une de ses réponses, Ulpien fait allusion à ses écrits. Quant à Puteolanus, dont les libri adsessoriorum sont indiqués une fois dans un texte d'Ulpien (11), et quant à Servilius , que Terentius Clemens cite pour lui (i58) avoir emprunté une opinion de Proculus (12), il est impossible de déterminer exactement l'époque où ils ont vécu.
(1) Dig., 25, 2, 6 pr. Au Dig., 31, 49 g 2, il porte le nom de Priscus Fulcinius ; partout ailleurs, on l'appelle simplement Fulcinius.
(2) I ig., 25, 2, 3 g 4- Au Dig., 31, 49 g 2, il critique une opinion de Trebatius rapportée par Labéon.
(3) Dig., 39, 6, 43. Ferrini, Viviano, p. 10 et suiv. {Rendiconti del R. Istitulo Lombardo, 1886), admet que dans ce texte et dans les autres citations, on nous a rapporté des responsa de Fulcinius (Lenel, Palingenesia, p. 179).
(4) Dig., 41, 1, 19 (Mommsen lit Varronem Lucullum , en rapportant la citation au préteur pérégrin de l'an 74 ap. J.-C. Cf. A. Pernice, Labeo, 2, 170, 60).
(5) Dig., 37, 12, 3pj-. Contre Ad. Schmidt, Behher und Miilhcr's Jahrbxich, III, 391 et suiv., et Pflichllheilsrechl des Patrons, p. 150, 30, cf. Viertel, Nova quaedam de vilis jurisconsultorum, p. 11.
(6) Dig., 13, 6, 1 g 1 ; dans ce texte, on lit : Pacunius.
(7) Dig., 13, 6, 1 g 1. D'après ce texte et d'après le précédent, il aurait écrit sur l'édit.
(8) Dig., 38, 1, 47. 40, 5, 34 g 1 ; dans ce dernier texte, Canipanus s'occupe do la loi Aolia Scntia.
(9) Dig., 3, 5, 29.
(10) Dig., 2, 4, 4 J 3. 3, .3, 8 pi: 43, 20, 1 g 21.
(11) Dig., 2, 14, 12; cf. p. 202, n. 7.
(12) Dig., 37, 14, 10.
SouROES OU Droit romain. 14
Vivianus.
OctaTenns.
Vivianus (Ij se place entre Cassius et Octavenus (2). Il se réfère aux écrits de Sabinus, de Cassius et de Proculus. Les citations de ses œuvres par Paul et Ulpien (3) montrent qu'il a commenté l'édit du préteur et l'édit des édiles (4). On ne sait trop comment il faut entendre l'indication d'Ulpien, Coll., 12, 7, 8 : Item libro sexto ex Viviano relatum est. Si l'on en juge par les autres indications du même genre, il s'agirait d'un commentaire sur Vivianus ou d'une œuvre faite d'après celle de Vivianus et dont l'auteur n'est pas nommé, peut-être par suite d'une faute du copiste? Vivianus est, en outre, mentionné par Scaevola (5) et probablement par Celsus (6) et par Pomponius (7).
Octavenus est antérieur à Valens (8) et au sénatus-consulte Juventien de l'année 128 (9). Ses œuvres ont été consultées par plusieurs jurisconsultes de date subséquente, Pomponius, Tereniius Clemens, Paul, Ulpien (10) et Mar-
(1) Ce nom s'écrit toujours de la sorte dans la Florentine jusqu'à une loi du Dig., 19, 5, 17 pr., où on lit Bibiainis. La forme Vibianus, qui est plus conforme à l'étymologie , est presque exclusivement usitée dans les inscriptions.
(2) C'est ce que Viertel , op. cil., p. 15, conclut d'un passage du Dig., 9, 2, 27 g 25, oii l'addition d'Octavenus , d'après le g 24 comparé aux g| 26-28, paraît être une note sur Vivianus.
(3) A. Pernice, Sitzungsberichte der Berliner Akademie, 1885, XXV, p. 30, suppose que ces citations sont faites de seconde main et sans doute d'après Pomponius (ad edictum).
(4) Certains auteurs admettent sans raison que Vivianus laissa un recueil de quaestiones ; ils argumentent à tort d'un passage du Dig., 29, 7, 14 pr. : Scaevola l. VIII quaestionum : Quidam referunt, quanlum repeto apud Vivianum, Sabini , Cassii et Proculi expositam esse in quaestione hujusmodi controversiam. Cf. Ferrini, Viviano, p. 3.
(5) Dig., 29. 7, 14 pr.
(6) Dig., 4, 8, 21 g 11.
(7) Dig., 13, 6, 17 8 4.
(8) Dig., 36, 1, 69 pr. {Oclaveno videbatur); d'après ce texte, Octavenus connaissait le sénatus-consulte Pégasien rendu sous Vespasien.
(9) Cf. Dig., 5, 3, 18 pr.
(10) Ulpien cite neuf fois Octavenus sans se référer à ses écrits; il se peut qu'il n'ait pas consulté directement ses ouvrages, mais qu'il ne les connût que par l'intermédiaire de Pomponius.