‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 61 sur 147 · Dans les fragments qui nous sont parvenus, le · texte numérisé non relu

Dans les fragments qui nous sont parvenus, le

mode d'exposition n'a rien de dogmatique ; ce qui l'emporte

de beaucoup, c'est la casuistique ; l'espèce indiquée est

étudiée sous toutes ses faces. On y trouve aussi des res-

ponsa.

Lorsqu'on cite les autres écrits de Celsus, on ne manque presque jamais d'ajouter que les mêmes décisions se retrouvent dans ses Digesta (3). Il est probable que cette œuvre est postérieure aux autres, que Celsus a été amené à la rédiger par l'élaboration à laquelle fut soumis l'Edit du préteur sous Hadrien ; et comme elle embrasse le droit dans son ensemble, on ne doit pas être étonné que l'on y ait inséré des explications déjà données ailleurs (4).

Celsus se distingue par la pureté et la clarté de sa langue , par l'indépendance dont il fait preuve dans les raisonnements juridiques et par sa critique pénétrante (5).

Parmi les ouvrages antérieurs, il cite ceux de Labéon, (i67) de Nerva, ceux de Proculus (de préférence à tous autres),

(1) Lenel, Palingenesia, 127 et suiv. Il s'en écarte en déplaçant la théorie de la rei vindicatio (livre III) et celle de Vheredilatis petitio (livre IV); en outre, au livre XII, Voperis novi nunli&tio (sans doute avec le damnum infectum et l'aqua pliivia), précède la bonorum possessio.

(2) Peut-être Plautius avait déjà procédé ainsi; que l'on compare, par exemple, les fragments des livres VI-IX, XIII, XIV, de Paul ad Pl&utium.

(3) iSauf au Dig., 12, 1, 1 g 1.

(4) Deux textes du Dig., 4, 4, 3 g 1 {epislularum libro XI et dig. II) et 28, 5, 9 g 2 {libro XII quaeslionum dig. XI) nous montrent que le plan de l'édit perpétuel n'avait pas été suivi dans les epistulae et dans les qiiaestiones.

(5) Qu'il se soit distingué par sa rudesse, c'est ce qui ne résulte pas nécessairement de sa réponse à une question irréUécliio do Domitius Labeo, Dig., 28, 1, 27 : aut non i}itelle(jo, quid sil de quo me consiilucris, aut valide slulta esl consultatio tiui. F. Hofmann, Krilischc Sludien, p. 39 ot s., cherche à justifier Domitius. Pline regarde comme pou digne son iutervoution dans le cas mentionné par lui (£p., G, 5, 4).

ceux de Sabinus et de Cassius ; il connaît les Membranae de Neratius (1). Il n'y a pas trace dans ses écrits d'une hostilité quelconque vis-à-vis de l'autre école (2). Il mentionne plusieurs des anciens jurisconsultes, S. Aelius, Caton, Drusus, Brutus, Q. Mucius Scaevola, Rutilius, Cascellius, Tubéron, Trebatius ; mais on ne saurait dire s'il a consulté directement leurs écrits (3). Ses propres ouvrages ont été utilisés par Pomponius, Mécien, Paul, Ulpien, Marcien et Modestin. ^

jaiien. Salvius Juliauus (4) est le dernier des chefs des Sabi-

niens sur la liste de Pomponius. Il était originaire d'Hadrumète ; la mère de l'empereur Didius Julianus (5) qui naquit en 133 ou 137, était sa petite-fille. Sous Hadrien, il faisait partie du consilium principis (6). Nous avons la preuve qu'il fut préteur, deux fois consul et praefectus urbi (7). Un rescrit de Marc-Aurèle et de Verus le suppose mort (8).

Il appelle lui-même Javolenus son maître (9). Sa situation éminente comme jurisconsulte est attestée par le choix

(1) n ne résulte pas des textes suivants, Dig., 7, 1 , 13 g 3. 47, 2, 14 g 10, qu'il connut les écrits de Julien; cf. , par exemple, Dig., 24, 1, 11 g 3. Voir aussi p. 225, n. 1.

(2) Certains auteurs, entre autres Heineccius , Opuscula varia, Halae, 1735, p. 511, soutiennent le contraire, mais sans aucun fondement, car toutes les fois que Celsus cite Sabinus, il approuve son opinion.

(3) Pour Tubéron , il est presque partout certain qu'il le cite d'après Labéon ; cf. Dig., 15, 1, 6. 33, 10, 7 g 1. 2, cf. 32, 43.

(4) Borghesi, Œuvres, IX, 302 (VII, 530); Buhl, Salvius Julianus, I, 12

et suiv.

(5) Vita Did. JuL, 1 ; Eutrope. 8, 17, fait de lui le grand-père de l'empereur. Son origine n'est pas directement attestée par nos sources ; mais on rapporte que son fils était originaire d'Hadrumète.

(6) Vita Hadriani, 18; sur un passage de la uita Pii, 12,1, cf. p. 227 (Valens).

(7) Dig., 40, 2, 5; vita Didii JuL, 1. Son fils fut consul en l'a. 148. — Il parle d'un séjour qu'il aurait fait en Egypte, Dig., 46, 3, 36.

(8) Dig., 37, 14, 17 pr. : Salvii Juliani amici nostri clarissimi viri hanc sententiam fuisse. De ce texte on a voulu conclure qu'il fut aussi membre du conseil de cet empereur. Cf. Mommsen, Zeitschrift fur Rechlsgeschichte, IX, 88, 15. — Sur son tombeau, cf. vita Didii JuL, 8, 10.

(9) Dig., 40, 2, 5 ; la conformité de vues entre ces deux jurisconsultes apparaît dans les textes recueillis par Buhl, p. 30 et suiv.

que fit de lui Hadrien pour la rédaction nouvelle de l'Edit perpétuel (§ 13) , et surtout par l'estime dans laquelle le tinrent ses contemporains et les jurisconsultes postérieurs jusqu'à Justinien (1) dans le Digeste duquel se retrouve, directement ou indirectement, une partie considérable de l'œuvre de Julien.

Nous avons déjà cité quelques-uns des écrits de Julien, (les les libri ad Urseium et les libri ad Minicium; les premiers datent au plus tôt du règne d'Hadrien (2). Mais son ouvrage capital est son Digeste en quatre-vingt-dix livres (3). Le Digeste

• T M -i 1 1 j de Julien.

Dans les cinquante-huit premiers livres il ,suit le plan de l'édit d'Hadrien (4); mais il en est de cet ouvrage comme des Digesta de Celsus, le Jus civile y occupe une grande place ; la matière des fidéicommis s'y rattache également à celle des legs (livre 39 à 40). Dans la deuxième partie des Digesta , le jurisconsulte s'occupait surtout de la loi Julia et de la loi Papia (livres 65-85). Les fragments qui nous sont parvenus contiennent principalement de la casuistique à la manière des recueils de quaestiones; on y trouve encore des responsa ou consultations données par Julien lui-même; les interprétations des termes de l'édit ont à peu près disparu (5) , et les explications dogmatiques sont aussi reléguées au second plan (6). Il est difficile de croire qu'il en ait été de même dans l'œuvre originale ; nous sommes plutôt portés à admettre que les chapitres qui

(1) God. Just., 6, Gl, 5 (a. 473); 3, 33, 15 (a. 530) : summum auclorem juris scienliae Salvium Julianum; 4.5. 10 (a. 530) : hujusmodi sententiae sublimissimum testcm adducit Salvium Julianum summae auctoritatis hom.incm. et praelorii edicti ordinatorem; Dig., Const. Aéôioxev, g 18 {à Ttàv- T(Dv Tûv âv vo[xoO£Tai; eOôoKinrixÔTUv aoçpwTaTOC 'Iou).iav6ç).

(2) Cf. Dig., 46, 3, 3G, et 5, 4, 3. 34, 5, 7 pr.

(3) Lencl, Palintjenesia, p. 318 et suiv. — Au Dig., 1, 3, 32, le correcteur du ms. do Florence a remplacé libro LXXXIIII par libro LXXXXIIII; le Dig., Index auct., 1,1, donne le nombre de 90 livres.

(4) Aux liv. 0-9, on s'en est écarté pour dos raisons de fond. Cf. Lenel, Ediclum, p. î et suiv. En sens contraire, Karlowa, Rechtsgeschichte, I, 708.

(5) Dig., 2, 10, 3.

(fl) Elles prédominent aux liv. 13. 5 2. 56. 02. 65; cf., en outre, Dig., i, 2, 18. 5, 1, 74. 7, 1, 12 8 3-5. 9, 4. .39. 12, 1, 19. 12, 7. 3.

donnaient à l'œuvre de Julien le caractère d'un commentaire sont ceux qui ont eu le plus à souffrir de la part des compilateurs du Digeste de Justinien, car, sous ce rapport, ils ont donné la préférence aux commentaires les plus récents , notamment à ceux d'Ulpien (1).

Les Digesta de Julien furent rédigés sous Hadrien et sous Antonin le Pieux. Le livre 6 est antérieur au sénatus-consulte Juventien de l'année 129 (2) ; d'après un texte du Dig.^ 38, 2, 22, nous devons aussi admettre que le livre 27 a précédé le rescrit d'Hadrien mentionné dans ce texte par Marcien. Le livre 40 suppose, au contraire, l'existence du sénatus-consulte Apronien de l'année 123 ou 117 (3); le livre 42, celle du sénatus-consulte Juncianum de l'année (169) 127 et du sénatus-consulte Tertullien sous Hadrien (4); au livre 64, Julien cite un rescrit d'Antonin le Pieux (5).

Pour rédiger ses Digesta , Julien a fait grand usage des anciens ouvrages de droit ; néanmoins il ne procède guère par voie de citations. Il nomme Q. Mucius, Aquilius, Servius, Labéon, Mêla, Sabinus, Cassius, Proculus, Pegasus, Nerva, Atilicinus , Valerius Severus, Javolenus, Ariston et parmi ses contemporains, S. Pomponius (6). Ceisus n'est pas mentionné (7), ce qui est plus surprenant que

(1) Mommsen, Zeitschrift fur Rechtsgeschichte, IX, 83 et suiv., a été conduit par une analyse approfondie et pénétrante des fragments, à refuser à l'œuvre le caractère d'un commentaire, et l'a classée parmi les quaestiones.

(2) Julien n'aurait pas pu émettre les doutes qu'on trouve au Dig., 5, 3, 33 g 1 , s'il avait connu le sénatus-consulte; cf. Dig., 5, 3, 30. 31 pr. 54 g 2. Fitting, Uber das Aller der Schriften roemischer Jurislen, p. 4, fait remarquer avec raison que Julien, qui est si souvent cité d'ordinaire, ne l'est jamais dans les commentaires pourtant si détaillés du sénatus-consulte.

(3) Dig., 3G, 1, 28 pr.

(4) Dig., 40, 5, 47 g 1. 4.

(5) Dig., 4, 2, 18. — Cf. Mommsen, op. cit., p. 88, 15, qui réfute Fitting.

(6) Vat. fr., 88, cf. Dig., 28, 5, 42, avec la remarque de Mommsen sur ce passage; d'après le Dig., 17, 2, 63 g 9, la citation se réfère aux libri ex Sabino.

(7) Au Dig., 14, 6, 7 pr. (Ulpien : Neratius... ail, idem Ceisus libro quarto, sed Julianus adicit), la remarque de Julien se rapporte à l'opinion de Neratius ; dans le texte du Dig., 28, 2, 13 pr., Lenel observe, avec raison

de voir que Celsus lui non plus ne parle pas de Julien (1) ; et cependant il y a lieu de croire que le Digeste de Celsus et celui de Julien ou, du moins, certaines de leurs parties furent publiées en même temps. Le fait s'explique peut-être par une rivalité personnelle entre ces deux jurisconsultes , rivalité qui tenait à ce qu'ils étaient de deux écoles différentes et à ce qu'ils travaillaient au même moment à deux œuvres de même nature.

Le Digeste de Justinien a fait encore des emprunts à un autre écrit de Julien, le liher singularis de ambiguitatibus ; les trois textes qui en sont tirés sont relatifs à l'interprétation d'expressions amphibologiques. On ne connaît pas d'autres œuvres de Julien (2). Mais on trouve dans les Quaestiones d'Africain un grand nombre de ses réponses; elles forment même la partie de beaucoup la plus importante de ce recueil (3) , si bien qu'on est porté à croire qu'elles n'avaient pas été publiées par Julien lui-môme.

La langue de Julien est, en général, pure, son style simple, son exposition claire (4).

L'influence profonde exercée par le Digeste de Julien (i70) sur les écrits des jurisconsultes postérieurs est encore sensible aujourd'hui. Marcellus, Scaevola et Paul l'éditèrent de nouveau en y joignant des notes (5). Beaucoup de juris-

que la phrase finale : quod eliam Juventio Celso aperlissime placuit , n'est pas de Julien.

(1) C'est par suite d'une lecture inexacte de la 2' scolie des Basiliques, 48, 7, 5, qu'on y a trouvé la mention d'une citation de Julien par Celsus; en réalité, il faut lire ainsi ce texte : xàv 'lou).tav6v àvasepei xai 6 IxaeSëXa; èv t(Ô ç' SiY- TOUTOU ToO tîtXou.

(2) L'inscription du fragment du Dig., 3, 2, 1 : Jiilianus libro I ad cdictum, avec le commencement du texte, ont été placés par les commissaires de Justinien avant le passage de l'édit perpétuel qui suit; ils ont voulu par là donner à ce fragment la même forme extérieure qu'aux autres lois du Digeste. Sur la citation qu'on trouve au Dig., 30, 39 pr., Africanus libro XX epistularum apud Julianum, cf. p. 238.

(3) Cf. ci-dessous, g 23, p. 2.36, n. 1.

(4) Il semble résulter de l'examen des textes réunis par Buld . p. 108 et suiv., qu'il aimait à poser des régies générales.

(5) Mauricien l'a-t-il annoté ? voy. p. 239.

SouacBs DU Druit rumain. 15

consultes postérieurs s'en sont servis pour leurs écrits; on lui a fait de nombreux emprunts, surtout dans les commentaires de l'édit, et souvent même sans le dire (1).

Plusieurs des contemporains de Julien, Valens, Pomponius, Gaius, Mécien, le citent (2); on sait que des consultations lui furent demandées par Vindius (consul en 138) (3), par Africain (4) et par un certain Ariston, d'ailleurs inconnu (5) ; il y eut aussi des préteurs qui sollicitèrent de lui des avis (6).

Neralius. Neratius Priscus fut, en même temps que Celsus, le

chef de l'école proculienne (7); consul (8) comme celui-ci, il fit partie du conseil de Trajan (9) et de celui d'Hadrien (10); Trajan l'avait choisi tout d'abord pour être son successeur (il). Il vivait encore lorsque Pomponius écrivit son Enchiridion (12). Il est probable que c'est le même personnage que ce L. Neratius Priscus, qui fut praefectus aerarii Saturnin puis consul et ensuite, probablement en l'année 98 (13), gouverneur de Pannonie ; il était sans doute originaire de Saepinum dans le Samnium (14).

(1) Par exemple Dig., 6, 1, 72(Ulpien), cf. 44, 4, 4 g 32. 21, 3,2. 50, 17, 161 (Ulpien) = 35, 1, 24. 41, 1, 45 (Gaius) = 10, 3, 24 pr. 34, 5, 7 g 2 (Gaius) = 36, 1, 24. C'est, dans certains cas, la faute des commissaires de Justinien si le nom de Julien nest pas cité; ils Tout effacé; cela résulte des passages suivants du Dig., 7, 3, 1 g 1. 30, 112 g 1 (cf. Instit., 2, 20, 16).

(2) Cf. Momrasen, op. cit., p. 89, 18.

(3) Vat. fr., 77.

(4) Dig., 25, 3, 3 g 4.

(5) Dig.. 37, 5, 6.

(6) Dig., 40, 2, 5.

(7) Les deux noms se trouvent au Dig., 1, 2, 2 g 53. 4, 3, 19. 31, 67 g 8. 34, 3, 8 g 2. 37, 12, 5. 50, 16, 85; d'ordinaire, on ne donne que le nom de Neratius. On ne sait si les jurisconsultes le désignent simplement, comme Pline dans ses Lettres,'sous le nom de Priscus. Voy. ci-dessus, p. 215, n. 4.

(8) Dig., 1, 2, 2 g 53; peut-être ètait-il le collègue de M. Annius Verus, dont il est question au Dig., 48, 8, 6. L'année de ce consulat n'est pas connue. Cf. Karlovra, Rechtsgeschichte, I, 704.

(9) Dig., 37, 12, 5.

(10) Vita Hadr., 18.

(11) Vita Hadr., 4.

(12) C'est son nom qui clôt la liste des chefs d'école donnée par Pomponius.

(13) Liebenam, I, 331.

(14) Viertel, De vitis juriêcongultorum , p. 26 et suIt., Mommsen, sur

NÉRATIUS. 227

Des extraits de plusieurs de ses ouvrages figurent au Digeste de Justinien ; on y trouve notamment des fragments tirés des quinze livres de ses Regulae, des trois livres de ses Responsa et des sept livres de ses Memhranae. M.nbmnae. C'est cette dernière œuvre qui a été surtout mise à contribution ; le titre qu'elle porte lui vient sans doute de la matière rare et précieuse dont on s'était servi pour la publier (1). Elle contient, à peu près dans les mêmes proportiens, un exposé dogmatique et de la casuistique, le tout (i7i) au double point de vue du droit privé civil et prétorien. On ne connaît, d'ailleurs, ni le plan qu'il avait suivi, ni les limites qu'il avait assignées à son travail. Nous ne savons pas si les quatre livres de Paul, ad Neratium, auxquels on a également fait des emprunts pour le Digeste de Justinien, se réfèrent à l'un des ouvrages que nous venons de nommer (2); les additions de Paul consistent en des notes jointes au texte de Neratius auquel on n'a apporté aucun changement (3). Il y a d'autres ouvrages de Neratius que nous ne connaissons que par des citations : libri ex Plantio (4), Epistulae (5) et un liber de nuptiis (6).

Neratius cite Labéon (Posteriores), Sabinus, Servius {liber de dotibus), Celsus l'Ancien, Fulcinius et Ariston (7). Il est

C I. L IX, n. 2454/5; cf. les inscriptions de Saepinum relatives aux Neratii. C. /. L., IX, n. 2451-2459.

(1) Zeitschrift der Savigny-Stiftung, VIII, 76.

(2) Sickel, De Neratio Prisco, 1788, p. 74, suppose que ce sont les liesponsa de Neratius qui ont été la base du travail de Paul , parce que les compilateurs de Justinien font précéder de ces /îesponsa les o.xtraits de i>aulus ad Neratium; cf. Dig. 47, 2, 84 pr. avec 47, 19, G.

(3) Les notes de Paul sont, d'ordinaire, distinguées par une formule expresse du texte de Neratius. A défaut d'indication, il n'est pas toujours certain que le texte précède l'annotation; au Dig., 16, 1, 31, on constate formellement qu'on n'a inséré que la remarque do Paul (elle était précédée sans doute, de Dig., 46, 1 , 66) ; de mémo ailleurs , par exemple au Dig., \3 1, 19 {Julianus ...respondil), le texte est de Paul, et lo nom do ce jurisconsulte a disparu par mégarde. Un autre fragment du Dig., 3, 5, 18 doit être complété en insérant , avant le g 1 , les mots : Paulus lilno JX nd edictum

(4)Dig., 8, 3, 5gl. uuium.

(5) Dig., 19, 2, 19 g 2. 33, 7, 12 g 35. 43 (lib. IV).

(G) Aulu-Golle, 4, 4, 4.

(7) Dig., 20, 3, 3; ce texte contient une réponse U'Ariston à uaa demande

Valens.

Tuicianus.

Laelius.

lui-même mentionné par Celsus le Jeune , Pomponius , Marcellus, Scaevola, Papinien, Paul, Ulpien et Modestin (1).

A la tête des Sabiniens, Pomponius nomme à côté de Julien, ou plutôt avant lui, Aburnius Valens et Tuscianus (2). Le premier (3), probablement un peu plus jeune que Julien, était né vers l'année 100 (4); il faisait partie du conseil d'Antonin le Pieux (5). Des extraits de ses sept livres sur les fidéicommis sont passés dans le Digeste de Justinien ; on y voit cités Pegasus, Nerva, Atilicinus, Octavenus, Javolenus, Campanus et Julien (6). Cette œuvre n'a été utilisée, à notre connaissance, par aucun autre jurisconsulte que Paul. Nous n'avons, au sujet de Tuscianus, d'autres renseignements que celui que nous donne Pomponius.

C'est encore à l'époque d'Hadrien que se place ce Laelius, plusieurs fois cité par Paul (7), et qu'il faut probablement identifier avec le Laelius Félix, auteur d'un ouvrage,

de Nératius ; cf. Dig., 40, 4, 46; on trouve au Dig., 19, 2, 19 § 2, une réponse de Nératius à Ariston {X.. Pernice, Ulpian, p. 24, 3, corrige l'inscription de la manière suivante : epistula Aristonis ad Neratium). Lorsque les jurisconsultes postérieurs citent ensemble Ariston et Nératius, la citation doit être tirée de Nératius,

(1) Sur la langue de Nératius, voir Kalb, Koms Juristen (1890), p. 50 et suiv., et dans le Zeltschrifl der Savigny-Stiftung, R. A. XII, 110.

(2)Dig., 1, 2,2g53.

(3) Une inscription, Orelli, Inscr., n. 3153, a fourni à Viertel, De vitis jurisconsultorum, p. 30, son nom complet : L. Fulvius C. fil. Aburnius Valens.

(4) En l'a. 118 , il était encore, d'après l'inscription que nous venons de citer, praefectus urbi feriarum latmarum; il était d'usage de conférer ce titre aux jeunes gens de grande famille, surtout de l'ordre sénatorial, peu après la prise de la toga virilis. Cf. Mommsen, Slaatsrecht, II', 671.

(5) Vita PU, 12, 1. Dans ce passage, il faut écrire, avec Mommsen , Zeitschrift fur Rechtsgeschichte, IX, 90, 21 , Fulvio Valente au lieu de Salvio Valente; Karlovi^a, Rechtsgeschichte, I, 710, se référant au Salvius Valens dont il est question dans un texte du Dig,, 48, 2, 7 § 2, croit que le biographe a peut-être commis une confusion,

(6) Au Dig., 36, 4, 15, Valens l. VU actionum, il faut sans doute lire Venuleius à la place de Valens; Vindex auct. du Dig. ne cite pas d'Actiones de Valens.

(7) Dig., 5. 3, 43 (d'où il suit que Laelius n'avait pas eu connaissance du rescrit d'Antonin le Pieux cité dans ce texte) ; 5, 4 , 3, cf. avec 34 , 5, 7 pr.

PEDIUS.

ad Q. Mucium, dont le premier livre a fourni plusieurs extraits à Aulu-Gelle, 15, 27 (1).

On ne saurait fixer avec précision l'époque où a vécu Arrianus , mentionné à la fois par Ulpien et par Paul. Ulpien se réfère au deuxième livre d' Arrianus, de interdictis (2). D'après ce qu'il dit, on pourrait presque supposer qu'Arrianus avait écrit avant Proculus (3) ; mais il semble préférable de ne pas le placer avant Pomponius, conformément au fragment du Digeste, 28, 5, 19 (4).

Les ouvrages de Sextus Pedius ont été plus utilisés par les jurisconsultes subséquents que ceux des auteurs dont nous venons de donner les noms. Pedius a écrit un commentaire sur l'édit , dont le vingt-cinquième livre traite de la ho7iorum possessio (5), plusieurs livres de stipulationibus (6) et un commentaire sur l'édit des édiles (7) (8). Il n'y a que Paul et Ulpien qui lui aient fait des emprunts,

Arrianus.

S. Pedius.

(1) Labéon y est cité. Sur Laelius Félix , cf. Mercklin , Philologus , XVI, 168 et suiv.

(2) Voir la note suivante. Les autres citations se réfèrent (sauf une, Dig., 43, 3, 1 g 4) à des matières étrangères aux interdits. Cf. Dig., 28, 5, 19. 38, 10, 5. 44, 7, 47.

(3) Dig., 5, 3, 11 : Et Arrianus libro II de interdictis putat teneri, quo jure nos uti Proculus scribit.

(4) La seule ressemblance des noms ne nous autorise pac à l'identifier avec le praefectus aerarii Arrianus Severus dont il est question au Dig., 49, 14, 42 (Valens), moins encore avec Maturus Arrianus de l'époque de Trajan (cf. Index nominum pour les Lettres do Pline, cd. Keil); si ce dernier avait été un jurisconsulte distingué, Pline (3,2) n'aurait pas manqué de le constater.

(5) Dig., 37, 1, 6 g 2, Les autres citations de cet ouvrage se contentent do donner tantôt le chiffre du livre, tantôt seulement le nom du jurisconsulte. Le plan correspond à celui de l'édit d'Hadrien.

(6) Dig., 12, 1, 6 : nam et Pedius libro I de stipulationibiLS nihil referre ait. Cf. Dig., 45 , 1 , 83 g 5. Ferrini , Sesto Pedio , 1886, p. 6, considère cet ouvrage comme une partie du commentaire de l'Edit.

(7) Dig., 1 , 3, 13. 21 , 1 , 12 g 1. 14 g 4. 19 pr. 23 g 9. 25 g 4. 30 g 1. 31 g IS- IS. 44 pr.

(8) Certaines des citations qu'on trouve dans les écrits des jurisconsultes postérieurs se réfèrent aux matières du jus civile (Dig., 24, 1, 30 pr. 33, 7, 18 g 3. Ky 2, 03 pr. 41, 3, 8 g 1). Mais comme Pedius a écrit un ouvrage spécial. De slipulaiionibus , on ne peut savoir s'il avait étudié ces matières dans son coiiimcnlairc ^ur l'édit ou dans des ouvrages spéciaux.

(173) du moins que nous le sachions. Le commentaire de l'édit de Pedius doit avoir été composé entre l'époque d'où datent les Digesta de Julien et celle où furent composés les libj'i ad Edictum de Pomponius (1), si l'on peut en juger d'après deux textes, Dig., 4, 8, 32 .^ 16 (2), et 4, 3, 1 § 4 (3).

§ 23. — Les jurisconsultes du temps d'Antonin le Pieux.

La science du droit était en progrès avec Celsus et Julien; le progrès est moins sensible chez les jurisconsultes qui vinrent après eux. La plupart d'entre eux se firent les disciples dociles de Julien ; le mérite de Celsus ne fut pleinement reconnu que par la suite.

?'mr>o-«»^s. Sextus Pomponius dont quelques-uns des écrits datent de l'époque où vivaient Celsus et Julien, sert de trait d'union à ces deux moments de l'histoire du droit. Autant que nous pouvons en juger , il a consulté les écrits de ces deux chefs d'école à peu près indifféremment, quoiqu'il fût lui-même Sabinien ; et ces écrits ont eu sur lui aussi peu d'influence les uns que les autres. A ne considérer que l'étendue de ses travaux, c'est l'écrivain le plus fécond du deuxième siècle (4). Les premières de ses œuvres datent

(1) nam et Julianus — idem Pedius probat {Pedius id improbal, d'après Mommsen).

(2) — ut el Pedius libro VIII scribit — idem et Pomponius libro XXVIII et adicit.

(3) Il est à peu prés impossible d'expliquer le passage de l'extrait de Probus dans le ms. d'Einsiedeln, 77 {Colleclio librorum juris anlejustiniani, II, 148) : S. P. M. Sexli Pedii medivani, du moins de manière à faire de Pedius un jurisconsulte des premiers temps de l'empire; en sens contraire Lenel. Palingenesia, II, 1, cf. Ferrini, Sesti Pedio (1886), p. 9 et suiv.

(4) Heineccius, de S. Pomponio jureconsuUo, 1735 (Opej-a, III, 1, p. 66 et suiv.). Il n'y a pas eu de S. Pomponius plus ancien que celui que mentionnent Scaevola, Paul, Ulpien et Marcien ; Zimmcrn, Geschichte der roemischen Privalrechts, 1, 338, soutient pourtant encore le contraire; mais Fitting, Aller der Schriflen der roemisclien Jurislen , p. 13, et Mommsen, Zeitschrift fur Rechtsgeschichle, VII, 474 et suiv., ont prouvé que c'était une erreur.

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