QUITTANCES DE POMPÉI
demandé à lui-même d'écrire la partie close de manière à en faire un chirographum ; on y cherchait une garantie contre les falsifications de l'acte de la part de celle des parties qui l'avait entre les mains (1). Aussi Tacte est-il revêtu du sceau de celui qui l'a émis , de son mandataire ou même du sceau de ces deux personnes à la fois. A côté de ces sceaux , les témoins apposent le leur ; le nombre des témoins varie suivant qu'il s'agit de quittances dont l'exemplaire clos est écrit de la main du débiteur ou de quittances de la main du créancier; on compte pour ces dernières de six à dix témoins (2); les autres n'ent ont que de deux à trois (3).
En dehors des quittances du prix de ventes aux en- (24i) chères, nous en avons d'autres relatives à des payements de fermages faits par Jucundus à la colonie de Pompéi (4); elles sont des années 53 à 60 après Jésus-Christ. Ce sont des reçus émanant de l'esclave public qui administrait la caisse où se faisait le payement ; ils étaient écrits de la main de celui-ci et l'écriture intérieure comme l'écriture extérieure étaient rédigées à la première personne ; les deux expéditions ne sont pas toujours identiques; quelquefois la rédaction inscrite dans la partie ouverte n'est qu'un abrégé de celle qui était contenue dans la partie close.
(1) Il n'est guère ex.-ict d'appeler, comme le fait Mommsen, exemplaire accessoire l'exemplaire destiné à rester ouvert; si les deux exemplaires ne sont pas d'accord, l'exemplaire clos ne doit pas avoir pleine force probante à rencontre de l'cKemplaire ouvert pour les cnonciations en faveur de celui qui a écrit ou fait écrire l'acte. [On l'appelle en allemand AnssleUer ; s'il s'agit d'une quittance, c'est le créancier; s'il s'agit de l'acte constatant une créance, c'est le débiteur.]
(2) Dans un de ces actes {n. 20), on ne trouve que le sceau de créancier et il y est apposé quatre fois; d'autres actes ont également été scellés à plusieurs reprises par le créancier. Les sceaux de celui-ci sont tantôt en haut, tantôt en bas, ou mémo à ces doux places à la fois; tantôt enfin au milieu des sceaux de témoins.
(3) Cf. Bruns, Die sieben Zeugen lies voemischcn liechls, Commentaliones ■pinlologir.ac in honorein Th. Mnmmseni (1877), p. 501 et suiv.
(''i) Sur leur objet, cf. Moimiisnii, K'ark>\va el Ilusclikc, /.cilsrhrift fur ncryleichende Hechtswissenscliufl, 1, Kil et suiv.
Sources du Oruit romain. i\
Les actes étaient scellés par le créancier et par les duoviri de la cité (1); en outre, on appelait à leur rédaction un ou deux témoins.
On a découvert récemment quelques restes de diptyques à Pompéi (2). Deux de ces fragments constatent une mancipatio fiduciae causa.
Les diptyques de bronze sur lesquels sont inscrits les Diplômes diplômes militaires ont une forme qui rappelle celle des
militaires. ^ i i
tablettes de cire (ci dessus, p. 306) (3). Les tablettes rectangulaires étaient rattachées par deux fils de fer dans le sens de la longueur (4). Le côté le plus large ne forme pas la marge inférieure, pas plus à la page 2 qu'à la page 3. L'exemplaire fermé de l'acte était écrit, comme sur les tablettes de cire, parallèlement à ce côté le plus large, mais il se continuait de la page 2 à la page 3, de sorte que lorsque les tablettes étaient ouvertes, on lisait l'acte comme s'il était écrit sur une seule page , sans interruption. L'expédition ouverte était écrite sur la page 1 dans le sens de la largeur. A la page 4, il n'y avait que les sceaux de cire et les noms de ceux qui les apposaient (sept au moins). Pour appliquer l'un contre l'autre les pages 2 et 3, on se servait non d'une simple ficelle mais d'un fil de fer, à ce qu'il semble. Comme les falsifications de l'expédition ouverte n'étaient guère à craindre quand il s'agissait de tables métalliques et qu'on pouvait toujours la comparer à l'original conservé à Rome, à partir de Trajan , on cessa peu à peu d'apporter autant de soin dans la
(1) Cf. Cod. Just., 11, 40. Un acte n'est scellé que par un servus actor; il ne constitue donc pas une quittance valable.
(2) Ils ont été publiés par plusieurs savants : de Petra, dans les Notizie degli scavi, lbb7, p. 416etsuiv,; Mommsen, dans l'Hermès, XXIII, 157 et suiv. : Bullettino del Isliluto di diritto Romano, 1 , 5 et suiv, ; IV, 205 et suiv.; Eck, dans la Zeitschrift der Savigny-Stiflung, IX, 60 et suiv., 157 et suiv. — Cf. Girard, Textes, p. 704.
(3) C. I. L., III, 902 et suiv.
(4) Depuis Antonin le Pieux , ce procédé a été abandonné , de telle sorte que l'écriture intérieure est à peine visible ; on ne rattacha plus les tablettes par des liens, on se contenta de les fermer.