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QUITTANCES DE POMPÉI

l'associé rédacteur recevait de son cocontractant un acte corrélatif. Quant à la langue, il faut distinguer dans nos titres deux parties bien différentes : l'une où l'on a copié les formulaires usuels et l'autre où on manquait de modèles ou bien où il fallait modifier les formules qui se trouvaient dans ceux-ci ; dans la première, la langue est pure, les expressions précises et juridiques ; dans l'autre, les barbarismes et les erreurs matérielles abondent (1).

De nouvelles tablettes de cire ont été découvertes à Quittances Pompéi le 3 et le 5 juillet 1875. On a trouvé dans la maison de L. Caecilius Jucundus une grande quantité de triptyques et de diptyques contenus dans une caisse de bois ; sur le nombre , il y en avait cent trente-deux de plus ou moins lisibles (2).

Les triptyques sont rédigés, en somme, comme les tablettes de Transylvanie ; mais la page 4 n'a guère que la rigole destinée à recevoir les sceaux ; il n'y a pas de partie en creux pour récriture; les noms de ceux qui y apposent leurs sceaux sont écrits avec de l'encre sur le bois poli ; l'expédition destinée à rester ouverte se trouve à la page 5. Le fil n'est pas passé au travers des trous destinés à le recevoir; on l'a mis simplement autour des deux premières tables. Sur la marge des triptyques on trouve quelquefois, écrite à l'encre, une brève indication de l'objet de l'acte. Dans les diptyques ;ou actes consistant en deux tablettes, la page 4 remplace les pages 4 et 5 des triptyques.

(1) On conservait même certaines parties des formules qui ne convenaient pas k la nature de l'acte; c'est ainsi qu'on mentionne une mancipation à propos do l'achat d'une maison (Mommsen, n. viii ; Bruns, Fontes, 5* édit., p. 201), chose bien inutile puisqu'il s'agissait d'un fonds provincial.

(2) Publiés par de Petra, le Tavolelle cerale di l'ompei, 1876 (A()handlungen der Accademia de' Lincei, ser, 2, vol. 3). Les plus importantes do ces tablettes ont été publiées par Mommsen dans l'Hermès, XII, 88 et suiv. sous une forme plus correcte. La dissertation do Mommsen a été traduite et on y a joint des appendices dans le Gio)-naie dcgli scavi do Pompoi, 1879, p. 70 et suiv. Bruns, Fontes, 5* édit., p. 275 ot suiv., a reproduit le texte de Mommsen. Cf. Karlown, Grûnliuts Zeitschrift fur dns Privatrccht und ôffeiLtliche lîeclit, IV (1877), p. 497 et suiv., ot Rechtsgeschichte , I, 798 et suiv. llruza, même Hevue, XII (1885), p. 249. P.-F. Girard, op. cit., p. 731.

Les deux plus anciens de ces actes sont de l'année 15 et de Tannée 27 après Jésus-Clirist. Les autres datent des (240) années 53 à 62. Ces derniers sont des quittances pour Jucundus ; quant à celui qui est de l'année 15, c'est une quittance délivrée à la suite d'un payement fait par L. Caecilius Félix, le prédécesseur et peut-être le père de Jucundus. La plupart d'entre elles se rapportent à des ventes aux enchères faites par Jucundus pour le compte de tiers. Elles constatent le fait de la réception par l'intéressé du prix de la vente aux enchères, déduction faite du droit perçu par Jucundus [mercede minus) et s'élevant de 2 à 8 pour cent, suivant la valeur de l'objet. Les deux rédactions de chaque quittance ne sont pas d'ordinaire, comme pour les tablettes de Transylvanie, écrites de la même main et conçues dans les mêmes termes (1). L'expédition destinée à demeurer close est écrite dans toutes les tablettes de la même main , probablement de celle de Jucundus ; on y constate que l'intéressé a déclaré avoir reçu le prix de vente de Jucundus ou de son représentant [persoluta hahere se diœit ou autres formules analogues). Au contraire, la partie qui se trouve sur les pages ouvertes contient une quittance écrite rédigée à la première personne par le créancier payé ou par son mandataire ; cet acte est qualifié quelquefois de chirographum (2). Ainsi, l'exemplaire qui demeurait toujours ouvert devait être écrit de la main du créancier ou de celle de son mandataire, tandis que l'exemplaire clos pouvait être écrit par n'importe qui ; on ne se proposait point, en le rédigeant, de se procurer une preuve plus forte contre le créancier (3), sans quoi on lui aurait

(1) Certains de ces actes ne sont dressés qu'en un exemplaire.

(2) N. 19, 49, 112. Mommsen et Karlowa voient dans chaque exemplaire un acte différent: l'exemplaire clos contiendrait une acceptilation; l'exemplaire destiné à rester ouvert constaterait un payement; Bruns soutient qu'ils sont, l'un et l'autre, faits pour constater un payement. Cf. Erman, Zur Geschichle der rœmisclien Quiltungen, 1883, p. 5 et suiv.

(3) Mommsen, Hermès, XII, 105, et Brunner, Zur Reditsgescliichte der rœmischen und gcrmanischen Urhunde, I, 4i, n'attachent d'importance qu'à ce point.

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