FRAGMENT DIT DE DOSITHÉE
tions données par Huschke dans sa Jurisprudentia et par Krueger lui-même dans la Collectio, II, 163 (1).
11. Dans un vieux recueil de versions latines et grecques, intitulé Interpretamenta , se trouve un fragment d'un écrit juridique sans intitulé et sans nom d'auteur. Un manuscrit de Saint-Gall, qui ne contient que les interpretamenta antérieurs à ce fraofment, les fait précéder de Vars gram- Fragment
° -^ dit de Dosithée.
matica de Dosithée, ce qui a conduit à penser que les interpretamenta eux-mêmes étaient l'œuvre de Dosithée (2) ; et, par la même occasion, on a fait de Dosithée un écrivain du troisième siècle, sous prétexte qu'un de ces exercices, extrait de la Généalogie d'Hygin et placé à la suite du fragment juridique, se réfère à l'année 207 après Jésus- Christ (3). Mais des recherches récentes ont établi que Dosithée appartient à une époque postérieure (4) ; rien ne prouve que le titre donné par le manuscrit de Saint- Gall à VArs grammatica ait un rapport quelconque avec les versions qui viennent à la suite (5). On ignore, d'ailleurs, si les interpretamenta qui précèdent la généalogie ont été réunis par le même compilateur (6).
Le fragment juridique latin est accompagné d'une traduction grecque ; mais, pas plus que celle-ci, il ne nous est parvenu sous sa forme originale ; texte et traductions {z&z) ont été transformés par une série de traductions et de retraductions dont les auteurs, procédant à la façon des écoliers, n'ont pas cherché à comprendre ce qu'ils faisaient et à donner un texte lisible ; ils se sont contentés de traduire servilement, mot pour mot; aussi le fragment est-il
(1) P.-F. Girard, Textes, p. 405.
(2) Cujas, dans ses Observaliones, 1\, 5, a émis le premier cette conjecture.
(3) Maximo el Apro consiilibus tertio id, septembres Hygini gencalogiam omnibus notam descripsi.
(4) Grammutici latini, éd. Keil, VII, 1880, p. 307 et suiv.
(5) A. Boucherie, Comptes rendus des séances de t'Académie des inscriptions, 1868, p. 271; cf. Notices et extraits des manuscrits de ta Bibliothèque nationale, XXIII, 2, 1872, p. 280.
(0) Cf. Koil, op. cit., p. 375.
Sources du Droit romain. 22
défiguré à un tel point que plusieurs passages sont inintelligibles. La première édition de ce document est celle qu'en a donnée P. Pithou, en 1573, dans un recueil ayant pour titre : Fragmenta quaedam Papiniani, Pauli, Ulpiani, Gaii, Modestini (p. 113 et suiv.). Les matériaux fournis par l'étude des manuscrits ont été réunis de la manière la plus complète dans l'édition de Boecking, Dosithei Interpretamentorum liber ter tins , 1832 (1). Lachmann a posé les règles à suivre pour la restitution du texte original dans son Essai sur Dosithée [Ahhandlunrjen der Berliner Akademie , 1837; Kleinere Schriften zur klassischen Philologie^ p. 198 et suiv.). Ce travail a servi de base aux éditions récentes du texte latin (2).
Le fragment traite de la division du droit en Jus civile, naturale et gentium, des sources du droit et des affranchissements , à propos de la distinction des hommes libres et des affranchis (3). La suite des idées est souvent interrompue. Le début du paragraphe 3, Régulas enim exsequenti mihi , permet de croire que ce fragment faisait partie d'un liber Regularum (4); quel peut en être l'auteur? On ne saurait émettre, à ce sujet, de conjecture sérieuse, d'autant plus que la date de l'année 207 n'est pas sûre (5). Notons que l'on trouve mentionnés dans notre texte les
(1) On y trouve aussi les Divi Hadriani senlentiae et epistulae , recueil (les plus plates anecdotes.
(2) Cf. CoUeclio , II, 151 et suiv. Husclike, Jurisprude^ilia , b' éd., p. 426 et suiv. P.-F. Girard, op. cit., p. 44.
(3) Boecking a négligé de remarquer si les manuscrits donnaient la rubrique Dispulalio forensis de maninnissionibus qui, dans son édition, p. 39, précède la préface due à l'auteur du recueil.
(4) Schilling, De frarjmenlo juris Romani Donilheano , 1819, p. 47, a soutenu que le fragment de Dosithée contenait des extraits de divers jurisconsultes; mais cette supposition n'est pas fondée; elle est en opposition avec les procédés usuels des grammairiens et avec le caractère des autres inlerprelamenla. Cf. Lachmann. Ueber Dosillieus, p. 18.
(5) Les uns attribuent ce fragment à Ulpien (Cujas), ou à Paul (Lachmann), les autres à Scaevola (Huschke), à Pomponius (Voigt, Jus naturale, I, G29, et Karlowa, Rechlsgeschichtc, I, 765), et à Gaius (Dirksen , Hinlcrlassene Schriften, II, 396 et suiv.).