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L’ANNEAU

Dès la plus haute antiquité, les anneaux ou cachets ont été mis en usage pour assurer la foi des actes et les rendre plus authentiques. Les sceaux anciens étaient ordinairement gravés sur le chaton des anneaux que l’on portait : Diodore nous apprend que l’on coupait les deux maiiis à ceux qu i avaient contrefait le sceau du prince.

L’usage des sceaux était établi en Egypte dès le temps de Joseph. Il est dit dans l’Ecriture que Pharaon, en confiant h Joseph une autorité sans bornes sur toute l’Egypte, ôta l’anneau qu’il portait et le remit à ce patriarche.

Cet anneau était le sceau royal, et Pharaon le remit entre les mains de Joseph, comme une mar-

que de l’absolu pouvoir qu’il lui donnait sur tout son royaume.

Quoique Homère ne fasse aucune mention de cet instrument, il est a croire qu’il était en usage chez les Grecs et chez les Troyens.

Les Piomains en avaient qui ne servaient que d’ornement et d’autres qui servaient de cachets.

En mourant, l’anneau se laissait, comme on le voit par la mort d’Alexandre, a celui que l’on voulait désigner pour son héritier ou son successeur.

Dans l’origine, l’anneau se portait ordinairement à la main gauche et on le mettait au quatrième doigt, que l’on nommait pour cela annularis, d’où est venu le nom d’annulaire.

L’usage de cet ornement se propagea rapidement et bientôt on en porta non-seulement à chaque main, à chaque doigt, mais aussi à chaque phalange, même aux pieds.

Les anneaux servaient aussi à distinguer les conditions : les esclaves portaient l’anneau de fer, le peuple l’anneau d’argent ou de bronze, les sénateurs eurent un peu tard le droit de porter l’anneau d’or, qui avait été réservé aux ambassadeurs.

DES SUBSTANCES UBÉCtEUSES. 18 I

Les premiers habitans de l’JÉcosse et de l’Angleterre, les anciens Gaulois et les Français portaient aussi des anneaux. On en a trouvé dans plusieurs tombeaux, entre autres dans celui du roi Ghildéric; son anneau d’or, qui se voit a la Bibliothèque impériale, et sur lequel on lit cette inscription : Childeric regis , y a été trouvé k Tournay en 1653.

L’usage de l’anneau 'nuptial remonte jusqu’aux Hébreux ; il était en usage chez les Grecs et chez les Romains, qui ont légué cette coutume aux chrétiens.

On en a fait l’emblème du mariage ; sa forme de cercle, symbole de l’infini, exprime ce que doit être l’amour des époux.

L’anneau nuptial était d’abord de fer, avec le chaton d’aimant, pour signifier que, de même que l’aimant attire le fer, l’époux doit attirer sa bienaimée des bras de ses parents.

L’imagination poétique allait jusqu’k dire qu’on plaçait ce signe d’alliance au doigt, auquel on a donné le nom d’annulaire, parce que, dans ce doigt, existait une ligne mystérieuse qui allait directement au cœur.

IIISTOIKE

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