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Histoire des sultans mamlouks, de l'Égypte

Il retrace les événements dont l’Egypte et la Syrie ont été le théâtre sous le règne des princes Aïoubites, ainsi que sous la domination des deux dynasties des sultans Mamlouks. Il a pour titre : J, ^Ul

ccLelivre de l’introduction, qui fait connaître l’histoire des dynasties des Rois. » Avant deparler de la nature de mon travail, je dois présenter ici quelques renseignements sur l’auteur et les nombreux ouvrages qu’a produits sa plume féconde. J’ai peu de détails à donner sur la personne et les actions de Makrizi. On sent bien que la vie d’un homme de lettres, constamment occupé de la rédaction d’une foule d’ouvrages, ne saurait offrir une suite de faits tant soit peu intéressants. Déjà, des articles biographiques, écrits par des auteurs contemporains, Abou’lmahâsenet Sakhâwi, ont été publiés par M. le baron Silvestre de Sacy (r) et par feu M. Hamaker (2). On peut y joindre un autre morceau, rédigé par l’iiistorien Ahmed-Askalâni, qui avait été contemporain et ami de Makrizi (3). Il faut observer que ce fragment, qui n’a pas une grande étendue, a été copié mot pour mot par Sakhâwi. Je vais m’attacher à présenter ici le petit nombre de renseignements que j’ai recueillis, et qui, s’ilsne sont pas d’une haute importance, auront du moins l’avantage de compléter, sur quelques points, les détails contenus dans les deux morceaux que je viens de citer.

Taki-eddin- Ahmed , surnommé Makrizi, eut, ainsi qu’il nous l’ap-

(1) Chreslomathie arabe, 2 e édition, tom. I, Bïbliothccœ Academiœ Lugduno Batavœ , p. 207

pag. 112 et suiv. et suiv.

(2) Specimen catalogi codicum mss. orientalium (3) Man. arab. 65y, fol. 25g v°, 260 r°.

PRÉFACE

prend (i), pour aïeul paternel le scheikh Mohi-eddin-Abou-Mohammed- Abd-alkâder-ben-Mohammed- ben-ibrahim... Makrizi C’était un

jurisconsulte de la secte de Hanbal , et un homme distingué par ses talents dans la science des traditions. Il avait pris à Balbek les leçons de Zaïnab, fille de Kendi, et à Damas celles d’Omar-ben-Kawasiah, et d’autres maîtres. Il professa les traditions, lut ou transcrivit de sa main un grand nombre d’ouvrages. Il fit un voyage au Caire, et fut compté au nombre des plus célèbres jurisconsultes et interprètes des traditions. Il mourut à Damas , le dix-huitième jour du mois de Rebi premier, l’an y33 del’hégire (de J. C. i332). Sa vie fut écrite par le scheikh Taki-eddin-Ebn-Râfé (2). On voit que le surnom de Makrizi ^yytjü ! , qui devait son origine au quartier de Makriz^L» , l’un des faubourgs de Balbek, était héréditaire dans la famille de notre auteur. Il est donc inutile d’admettre, pour lui, le surnom & E b n- Makrizi, ainsi que l’avait proposé feu M. Langlès (3).

Ala-eddin-Ali, fils d’Abd-alkâder-ben-Mohammed, et surnommé Balb eki- Makrizi , fut le père de notre historien (4). Il mourut l’an 77g (de J. C. 1377). Il avait épousé, l’an 765 (de J. C. i363), Asmâ, fille du scheikh Schems-eddin-Mohammed-ben-Abd-errahman. Elle était née l’an 747 (de J. C. 1 340). Par conséquent, à l’époque de ce mariage , cjui était pour elle le second quelle eût contracté , elle avait dix-huit ans. C’était une femme de mérite, qui joignait à beaucoup de sens un grand zèle pour la religion. Elle fut mère de Makrizi, qui lui consacra un article biographique. Le père d’Asmâ avait cultivé la poésie avec succès. Elle avait eu pour oncle paternel le kadi Tadj-eddin-Abou’lféda-Ismaïl-ben- Ahmed-ben-Abd-alwahhab-Makhzoumi (5). Makrizi avait un frère plus jeune que lui, et nommé Nâser-eddin-Mohammed.

. Il paraît que des amis plus zélés qu’éclairés, croyant rehausser la gloire de Makrizi, ou dans l’espoir de flatter sa vanité, lui avaient créé une

(1) Solouk, tom. I, p. 859. Voyez aussi Abou’l- (4) Ahmed-Askalâni, Histoire d'Égypte, m. 656,

mahâsen, Manhel-sâfi , raan. 750, fol. 79 r°. f. 19 r° ; Makrizi, Solouk , mai). 673, f. 460 r°.

(2) Ahmed-Askalâni, man. 657, folio 260 r°. (5) Makrizi, Description de l’Égypte, man. 798,

(3) Notices et Extraits des Manuscrits, tom. VI, fol. 92 r°. pag. 323.

PRÉFACE

généalogie qui rattachait sa naissance à des familles illustres. Le scheïkh Taki-eddin-Ebn-Râfé (i), qui avait écrit la vie de l’aïeul paternel de notre auteur, assurait qu’il descendait d’un Ansari, c’est-à-dire d’un des auxiliaires de Mahomet. Il est vrai que Makrizi repoussait cette assertion, et demandait où l’écrivain avait puisé ce fait. Suivant d’autres, Makrizi descendait de Temim,fîlsdu khalife fatimite Moëzz. Et voici ce que rapporte à cette occasion Ahmed-Askalâni (2) : « Un habitant de la Mecque ayant lu, sous la directe tion de Makrizi, un des ouvrages de cet auteur, écrivit en tête du -« volume, une généalogie qui rapportait l’origine de l’écrivain à Temim, « fils de Moëzz; mais Makrizi effaça de sa propre main ce qu’avait écrit «son imprudent admirateur.” Et, en effet, dans trois passages de ses compositions historiques, notre auteur, parlant de son aïeul (3), de son père (4) et de son frère (5), 11e fait remonter leur généalogie, et par suite la sienne, qu’à Temim, trisaïeul d’Abd-alkâder. On pourrait présumer que cet habitant de la Mecque , qui avait ou transcrit ou forgé la filiation des ancêtres de Makrizi , trouvant dans cette liste un personnage nommé Temim, avait cru ou voulu faire croire qu’011 devait reconnaître en lui Temim , fils du khalife Moëzz. Si telle fut la prétention de ce généalogiste, son assertion trahissait une extrême ignorance : car il était absurde de vouloir remplir, avec un si petit nombre de générations, les quatre siècles qui s’étaient écoulés entre la mort du fils de Moëzz et la naissance de Makrizi. On doit donc être peu étonné que celui-ci ait repoussé hautement une prétention absolument fausse, et qui, aux yeux des hommes instruits , aurait couvert de ridicule l’homme assez vain pour l’avoir adoptée sans examen. Du reste, il paraît que, si notre auteur se croyait obligé de rejeter ostensiblement une imposture trop grossière, il n’était pas cependant fâché qu’on le regardât comme issu des khalifes Fatimites, et que, dans la société de ses amis intimes, il souffrait volontiers qu’on lui attribuât cette origine illustre. Nâser-eddin, frère de Makrizi, racon-

(x) Man. 657, fol- 260 r°. (4) Tom. II, man. 673, fol. 111 r°.

(a) Ibid., fol. 25g v°. (5) Ibid., fol. 333 r°.

(3) Solouk, tom. I, man. 67 a, pag. 85g.

PRÉFACE

tait à l’historien Ahmed- Askalâni, qu’ayant demandé à son frère sur quel motif il s’appuyait pour se croire issu des khalifes Fatimites, il avait reçu de lui cette réponse : ce J’entrai un jour avec mon père dans la grande « mosquée de Hâkem ; lorsque nous fûmes au milieu de cet édifice, mon « père me dit : Voilà, ô mon fils, la mosquée de ton aïeul Hâkem. » Si Makrizi, à ce qu’il paraît, n’avait pas de motifs plus graves pour étayer sa généalogie, on sent très-bien qu’il n’y croyait pas lui-même, et qu’il se serait bien gardé de soutenir devant un public éclairé, une prétention complètement inadmissible.

Makrizi nous apprend que l’Egypte fut le pays de sa naissance, celui qu’habitait sa famille, où il passa son enfance, et séjourna toute sa vie (i). Il vint au monde dans la ville du Caire, après l’année 760 de l’hégire (de J. C. 1 358) (2). Quelques écrivains fixent à l’année 769 (de J. C. 1867) la naissance de Makrizi; et même, dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (3), cet événement est placé sous la date de l’année 679 (de J. C. 1280), ce qui est réellement une faute, non de l’auteur, mais du copiste. Peut-être, dans les différents passages où cette date est relatée, faut-il lire sept au lieu de lx*J neuf. Mais Ahmed-Askalâni, qui tenait de Makrizi lui-même ou de son frère, les détails consignés dans son histoire , assure expressément que notre écrivain était venu au monde l’an 7G6 (de J. C. 1 364)- Par conséquent, il fut le premier enfant qui naquit du mariage d’Alâ-eddin avec Asmâ. Probablement, il se distingua par des dispositions et des talents bien précoces : suivant ce qu’il nous apprend lui-même (4), il fut de bonne heure employé dans les bureaux de la chancellerie, auprès du kadi Bedr-eddin-Mohammed-ben-Fadl-allah-Omari, et copiait les lettres émanées du sultan. Il conserva ces fonctions jusque vers l’année 790 (de J. C. 1 088^ . 1 ' yo LüJ 1 wXa c. ^ I ù,2 bl

ïjIjJUm.j fbï. En effet, il est clair que,

dans ce passage, il s’est glissé une faute de copiste , et qu’il faut substituer

(1) Makrizi, Description de l'Égypte, m. 673 C, (3) Man. 5g5 A, tom. I, 2e part., fol. 1 3^ r°.

tom. I, fol. 1. (4) Man. 673 C, tom. III, fol. 20.

(2) Ibid. , fol. 3.

PRÉFACE

à la leçon celle de quatre-vingt clix, ainsi que l’offrent deux

manuscrits qui sont sous mes yeux (i).

Lorsque, dans l’année 775 (de J. C. 1 373), la sécheresse et la famine désolèrent l’Égypte, l’auteur, qui était alors âgé de neuf ans, assista à la procession et aux prières que l’on fit dans la ville du Caire, afin d’obtenir une crue du Nil plus abondante (2).

Makrizi se trouvait à la Mecque l’an 787 de l’hégire (de J. C. 1 385) (3). L’an 801 (de J.C. 1 398), le vingt et unième jour du mois de Redjeb (4), Makrizi fut choisi pour remplir les fonctions de mohtesib du Caire et de la partie septentrionale de l’Égypte, en remplacement de Schems-eddin-Mohammed-Mohâsini. Mais, soit que les goûts studieux de notre écrivain ne lui permissent pas de se livrer entièrement avec un zèle exclusif aux occupations multipliées qu’exigeait un emploi de ce genre, soit que l’envie et l’intrigue se fussent réunies pour le supplanter, il fut destitué le premier jour du mois de Dhou’lkadah. 11 est vrai qu’il fut réintégré dans cette place l’année suivante.

A l’époque de la disette affreuse, et des malheurs de tout genre qui affligèrent l’Égypte, l’an 806 (de J. C. i4o3), et dans les années suivantes (5) , une des filles de Makrizi se trouvait malade. Son père ayant voulu acheter pour elle deux poulets, le vendeur exigea une somme de plus de soixante-quatorze pièces d’argent.

L’an 81 1 (de J. C. i4o8) (6), Makrizi fut nommé inspecteur du wakf (la fondation pieuse) de Kalânesi à Damas. Bientôt après, il

fut choisi pour remplir les fonctions de kadi de cette ville; mais il refusa cet honneur.

L’an 822 (de J. C. 1 4 1 9) > le samedi, troisième jour du mois de Rebi second, Makrizi perdit son frère (7) Nâser-eddin-Mohammed , qui était né le dimanche, troisième jour du mois de Djoumada second, l’an 772 (de J. C. 1370).

(1) Man. 798, f. 196 r°; man. 680, f. 180 V’.

(2) Solouk, tom. II, man. 673, fol. 80.

(3) Man. 673 C, tom. III, fol. 64.

(4) Solouk, tom. III, man. 674, fol. 4; Ahmed- Askalâni, man. 656, fol. 146 v°.

(5) Solouk, tom. III, fol. 42 r°.

(6) Man. 674, fol. 70 v°.

(7) Man. 673, fol. 333.

PRÉFACE

L’an 834 (de J. C. i43o) (i), Makrizi fit avec sa famille le pèlerinage de la Mecque. La caravane fut attaquée en route par les Arabes. Il était encore dans cette ville l’an 83g (de J. C. i435) (2), et il paraît qu’il y passa quelque temps, occupé presque exclusivement des exercices de la \ ie religieuse.

Makrizi , par complaisance pour son aïeul maternel, avait suivi les principes d’Abou-Hanifah. Mais à l’âge de vingt ans, après la mort de son père, il embrassa les dogmes de Schaféi; et depuis cette époque, il montra contre les partisans d’Abou-Hanifah une partialité qui lui a été reprochée par ses contemporains. Il paraît que Makrizi penchait beaucoup pour les principes de la secte des Ascharis , car dans un passage de ses ouvrages, il s’exprime ainsi : Nos compagnons les Ascliaris (3) Suivant les bio-

graphes , Makrizi était un homme qui excellait dans des genres de connaissances fort variés. Il était vertueux, attaché à la religion, exact, d’un commerce charmant, d’une conversation agréable. Il aimait les hommes attachés à la Sanncih, montrait un grand zèle pour étudier et mettre en pratique les traditions musulmanes. On supposait qu’il partageait les principes des partisans du sens extérieur, c’est-à-dire, probablement, de ceux qui s’en tenaient à la lettre des versets de l’Alcoran ou des traditions, sans vouloir y chercher un sens caché et allégorique (4). Sakhâwi , dans l’histoire des Kadis de l’Egypte (5), cite une apostille donnée par Makrizi. Plus loin (6), il transcrit une lettre écrite par cet historien. Ce dernier (7) rapporte quelques vers dont il était l’auteur. Ebn-Aïas (8) cite, comme un échantillon du talent de Makrizi, les deux vers qu’on va lire, et qui probablement, ne passeront pas pour un chef-d’œuvre de poésie :

JSj-H-J ! I — .■» JLJLs a,*.)LL ^

® 3,-:s: *1 j! JL sf, Ij »

(1) Man. 673, fol. 404 r°.

(2) Opuscules, fol. 76 v°, et 220 v°.

(3) Id., fol. 257 v°.

(4) Ebn-Athir, dans son Traité de Rhétorique

(tom. II, man. d’Asselin 539, f- 69 r°)> s’exprime en ces termes : w^aS

2o3! j-aLL «D’après cela, Daoud-Dâheri

«prétendit qu’il fallait admettre le sens strict et «littéral du verset. »

(5) Man. 690, fol. 40 v°.

(6) Fol. 73 r°.

(7) Description de l’Ègypte , m. 798, f. 9$ v°.

(8) Loc. laud., fol. 139 r°.

PRÉFACÉ.

vîj

(c Je vins devant le kadi de l’Amour , poursuivre contre une femme la « restitution de mon sang.

« Elle me dit : Quelle preuve peux-tu alléguer pour justifier ta récla- « mation?

, « Je lui dis : Ta joue témoigne que tu as mon sang.

« Elle me répondit : Cette joue a été blessée. »

Makrizi se plaît, en plusieurs endroits de ses ouvrages, à raconter des faits plus ou moins importants dont il avait été témoin, cc II nous ap- « prend (i) qu’il avait connu un religieux qui mourut l’an 800 de l’hégire «(de J. C. 1397), qui dormait quarante jours et quarante nuits de suite, «sans s’éveiller; puis, restait un égal nombre de jours et de nuits sans « dormir. » Ailleurs (2), il rend compte d’une petite anecdote qui avait eu lieu en sa présence. «Un jour, dit-il , un peu après l’année 780 (de J. C. 1 378), « je passais près de la mosquée appelée Mesdjid-Ebn-albennd. A cette «époque, on ne pouvait circuler dans la grande rue du Caire sans être «incommodé parla foule, attendu le nombre immense d’hommes à pied « et à cheval qui se pressaient continuellement dans ce passage. Je me « trouvais devant les premiers bâtiments de cette mosquée, lorsqu’un in- « dividuqui marchait devant moi, dit à son compagnon : « Par Dieu! mon «frère, je n’ai jamais passé dans cet endroit, sans avoir vu ma chaussure « déchirée. » Il n’avait pas achevé de prononcer ce mot, que, dans le mo- « ment où il étendait le pied pour faire un pas , un inconnu qui , par «derrière, se trouvait pressé par la foule, marcha sur le soulier de cet « homme ; et cette chaussure fut déchirée devant la porte de la mos- « quée. »

Makrizi mourut l’an 845 de l’hégire (de J. C. i440> le jeudi vingt-neuvième jour du mois de Ramadan, à la suite d’une longue maladie (3). Son corps fut enterré dans l’enclos (4) des Sofis-Beïbarsis. Suivant Sa-

(1) Man. 673 C, tom. III, fol. 171.

(2) Ibid., fol. i63 r°„

(3) Suivant le récit de Sakhâwi , ce fut le seizième jour du mois de Ramadan qui fut l’époque de la mort de Makrizi.

(4) Le mot housc/i^J^js*. , ou haousch qui

fait au pluriel nhwdsch désigne un enclos,

une cour. Ce terme, ecnt^j=. ou se trouve

déjà dans un ouvrage de Masoudi ( Tenbih , man.

PRÉFACE

viij

kliâvvi, notre auteur était âgé de quatre-vingts ans accomplis; mais cette assertion est peu exacte. En effet, siMakrizi, suivant l’opinion la plus probable, était né l’an 766 (de J. G. 1 364) ? il avait en 845 (de J. C. i440> non pas quatre-vingts, mais soixante-dix-neuf ans.

de S.-Germain, 337, f. 160 v°), où il est expliqué par jardin. On lit dans le Bark-Yémani

(man. ar. 827, fol. 34 r°) : <0 lij». tjlcLûî

-'•ci. )j v >k « On les fit entrer dans un grand en-

« clos qui n’avait qu’une seule porte. » Dans Y Histoire des kadis d’Egypte de Sakhàwi (man. 690, fol. io3 r°) : ji s'A j.s 3 ààsJj jA

«Il ordonna qu’on l’enterrât dans son mausolée, « et il fut placé dans l’enclos. » Dans la Description de l’Egypte de Makrizi, l’auteur, parlant du terrain qui s’étendait hors de la porte de Nasr, s’exprime ainsi (m. 798, f. 128 r°) : *!jj ^ ï ^ L\9 - ki S. ! î î —..5

(j-° . . . tjï \y) î Vs 1

"<à^23 ^ “Si G y L 5 Ay j-tpj à> ^ t'Aa

. 4 »*■> «Derrière ce mar- « ché étaient plusieurs enclos, qui renfermaient

« des pavillons de briques , voûtés L’un

« de ces enclos comprenait quatre cents pavillons, «habités par des fauconniers; et ce terrain pro- « duisait chaque mois une somme de huit cents «pièces d’argent. Il portait le nom d’enclos d’Ah- « medi. » Ailleurs (folio 148 v°) : J.vju

JlySrkj «Il ordonna de for-

« mer, dans cet endroit, des enclos pour les che- « vaux et les chameaux. «(Voyez aussi fol. 199 r°). On lit dans l’ouvrage de Khalil-Dâheri (m. 6g5,

fol. 47 v°) • v Zi jA ! G !

sj j çA^s- ss j « L’enclos au-

«guste est extrêmement vaste, et renferme un « grand jardin et un large étang. » Ailleurs (folio 256 t°) : ij* pJi t Vk\3ü^ kk. b! !

î -Xt . k A.y^^ ■ j k -0 ! là !

jjA aJ! « Dans chaque province de l’Égypte on voit «un grand nombre d’enclos, dont chacun ren- « ferme quantité de fdets, et des chasseurs des- « tinés à prendre toutes sortes d’oiseaux. » Dans le Inschâ (man. ar. i5’j3, fol. 127 v°) :

^ JaJ î « Les enclos destinés pour les oiseaux. « Dans l’histoire du continuateur d’Elmacin (man. 619, fol. 242 r°) : jyAt)] ç~>j3 s) «Je lui

« bâtirai un enclos destiné pour les oiseaux. « Ce mot existe encore, avec ses diverses significations, dans la langue arabe. Au rapport de Burckhardt ( Travels in Arabia, tom. 1, pag. 84), le mot ho s h désigne, en Égypte, une cour y et dans le Hedjaz, un khan. Le même écrivain , donnant ailleurs la description de la ville de Médine (t. II, pag. i55), s’exprime en ces termes: «La plus « grande partie des faubourgs se compose de « grandes cours, avec des appartements bas, cons- « truits tout au tour, au rez-de-chaussée, et se- « parés l’un de l’autre par des jardins et des plan- « tâtions. Ces enclos portent le nom de hosh «(au pluriel hyshan ), et sont habités par les « hommes de la basse classe , quelques bédouins « qui se sont fixés là, et tous ceux qui se livrent « aux travaux de l’agriculture. Chaque hosh con- « tient trente ou quarante familles. Ils forment «ainsi de petits hameaux séparés, qui, dans les « temps d’anarchie, se font les uns aux autres une « guerre acharnée. Le bétail est renfermé dans la « cour, au milieu de laquelle se trouve un large « puits. Cette enceinte n’a qu’une porte, qui est ré- « gulièrement fermée à la nuit.» M. Caillaud ( Voyage à Méroé , au fleuve Blanc, tom. III, pag. io5) dit, en parlant de la ville de Chendy,

« Les maisons sont contiguës à des enclos spacieux

PRÉFACE

Makrizi avait composé un grand nombre d’ouvrages, plus ou moins importants, et dont une partie n’est point arrivée jusqu’à nous. i° Un grand traité, composé de six volumes, et qui renfermait l’histoire de Mahomet, de sa famille. Il avait pour titre : ^

ïJ.Ud! j j ,Lo3j « Le livre de la jouissance donnée aux oreilles,

« concernant les faits, les événements relatifs au Prophète, ses petits-fils,

« ses biens (i). » 2° Une histoire des hommes JLJ! ^ j-fi1 1 qui con-

tenait des détails sur les tribus arabes, et comprenait quatre volumes, sans compter un volume d’introduction. 3° Une histoire des hommes illustres qui étaient morts depuis la naissance de l’auteur. Il formait trois volumes, et avait pour titre : c)L^ fi . I y f ) j , 2 fi J «Les

« colliers de perles, concernant la biographie importante des hommes de « mérite.» 4° Un- recueil d’histoires diverses, auquel il avait donné pour titre : çfi* j , et dont il avait terminé environ soixante volumes.

5° Une histoire de la ville de Fostat, sous ce titre : j«=s.

kLkJü! ÏJLjju» ^Usd ^ « Le livre du collier des pierreries des écrins , con- « cernant l’histoire de la ville de Fostat (3).» G° Une histoire des khalifes Fatimites , qui avait pour titre : .lilsdj jUk b -Uiadt hl*d « Livre

« de l’instruction des hommes orthodoxes , concernant l’histoire des « khalifes. »

De tous les ouvrages de Makrizi, le plus considérable, sous le rapport de l’étendue, devait être celui qui a pour titre : La grande chronique d’Égypte:

U ! ! y (5), ou bJ !

^,fU\ (4) , ou Uiil

« nommés hochs dont quelques-uns ont trois cents « pieds d’étendue en carré. Us servent à renfermer «les chameaux : ils font aussi l’office de bazars, « pour les caravanes.» Dans les Nouvelles Annales des Voyages (mai i835, pag. 194)» le mot haoutch est expliqué par ferme. C’est de là que s’est formé l’adjectif ^ , qui signifie bas , rustique. On lit dans les Prolégomènes d’Ebn Khaldoun (f. 235 r°) : iiLflh!î ! js. LâJ î «Que le

« poëte ait soin d’éviter. l’emploi des expressions « basses. »

(1) Abou’lmahâsen, Sakhàwi, Makrizi, Description de l’Egypte, m. 673 C, t. III, f. 196 r°; Opuscules, fol. 1 4 1 r°, 166 v°.

(2) Opuscules, fol. 187 r°.

(3) Abou’lmahâsen , Sakhâwi , Makrizi , Description de l’Égypte, m. 797, f. 169 r°; m. 672, pag. 3.

(4) Makrizi, Opuscules, fol. 107 v°.

(5) Ibid., fol. 114 r°.

(6) Ibid., fol. 1 19 r°.

PRÉFACE

ou ^jjUt v^L'S' (i), ou \yJ\ ^,UT (2), le même que j’ai

cité plus d’une fois sous le titre abrégé de moukaffd J’ai dit devait

être; car nous savons par le témoignage d’Abou’lmahâsen et de Sakhâwi, que ce travail , qui aurait formé plus de quatre-vingts volumes , ne fut jamais terminé. 11 paraît qu’il n’en exista jamais que seize volumes. Ce recueil biographique, entrepris sur une vaste échelle, et disposé par ordre alphabétique , comprenait l’histoire de tous les princes qui avaient régné en Égypte, de tous les personnages qui avaient fleuri dans cette contrée , et même de tous ceux qui l’avaient habitée ou visitée momentanément. C’est à ce dernier titre , ainsi qu’il nous l’apprend lui-même, que la vie du khalife Mamoun avait trouvé place dans cette immense galerie (3). Il paraît même que l’auteur avait encore étendu, un peu arbitrairement, ce cadre déjà si vaste; car on trouve dans ce livre la vie d’Abd-errahman, fondateur de la puissance des Onnniades en Espagne. Or, ce prince n’avait point résidé en Égypte, et n’avait fait que traverser rapidement cette province, lorsqu’il fuyait vers l’Occident , pour échapper à la poursuite acharnée des destructeurs de sa famille. Les deux premiers khalifes Abbassides, Abou’labbas-Saffah et Mansour, ont également trouvé place dans cette compilation, quoiqu’ils n’eussent réellement jamais mis le pied en Égypte. Mais , comme cette province, ainsi que la plus grande partie de l’empire musulman, avait été soumise aux loix des enfants d’Abbas, l’auteur avait, suivant toute apparence, admis dans sa collection, la vie de tous les khalifes issus de l’oncle de Mahomet, et dont l’autorité avait été, soit réellement, soit de nom, reconnue en Égypte (4). L’ouvrage de Makrizi comprenait non-seulement les personnages musulmans, mais encore les Chrétiens; car lui-même nous apprend (5) que dans ce recueil, il avait exposé fort au long la vie de saint Marc.

Nous pouvons parfaitement juger l’ensemble et les détails du plan

(1) Opuscules, fol. 122 r°. lativement au kadi Ebn-aladim. Il est probable

(2) Man. 673 C, tom. III, fol. 124 v°. que l’article biographique indiqué par Abou’lma-

(3) Opuscules, fol. 1x4 r°. hâsen faisait partie du Kitab-moukaffâ.

(4) Abou’lmahâsen ( Manhel-sâfi , man. 750, (5) Solouh, tom. II, fo}. 33i r°.

fol. 176 r°), réfute une assertion de Makrizi, re-

PRÉFACE

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que s était tracé Makrizi : car nous possédons, sous le n° 675 des manuscrits arabes de la bibliothèque du Roi, un volume du Kitab-moukaffâ. Et ce livre présente un caractère qui le rend bien précieux pour nous : c’est que, d’un bout à l’autre, il a été écrit de la main même de l’auteur. On ne saurait douter de la vérité du fait ; car le volume dans toute son étendue, est couvert de ratures, de corrections et d’additions marginales 7 et accompagné d’une foule de petits fragments de papier, qui souvent avaient déjà reçu une autre écriture, et sur lesquels Makrizi a consigné des observations plus ou moins importantes. Enfin, quelques articles sont restés imparfaits, l’auteur se promettant de les compléter à loisir. Ce volume comprend une partie des trois lettres Cet ouvrage, ainsi

qu’il est facile de s’en convaincre , n’est en général qu’une vaste compilation , mais une compilation faite avec goût , avec discernement. L’auteur a puisé dans les meilleures sources , et les articles biographiques contenus dans le volume qui est sous nos yeux, peuvent être mis au nombre des meilleurs morceaux de ce genre ; l’on peut dire que les historiens orientaux nous en offrent peu qui réunissent au même degré l’abondance des faits, et la variété des détails, souvent curieux et instructifs. Je dois finir par une observation. Au rapport des bibliographes de Makrizi, son grand ouvrage biographique aurait dû former plus de quatre-vingts volumes. Seize seulement se trouvaient terminés ; et cependant l’auteur avait traité quelques articles, comme la vie de saint Marc, qui avaient dû trouver leur place dans une des dernières lettres de l’alphabet. Mais on peut croire que Makrizi, n’ayant pas l’espérance de conduire à son terme cette composition gigantesque , s’était contenté de rédiger les morceaux les plus importants, se promettant, si l’âge le lui permettait, d’écrire cette foule de notices d’un moindre intérêt, qui devaient remplir la plus grande partie de chacune des lettres.

Parmi les ouvrages de Makrizi, il n’en est pas, sans contredit, de plus important et de plus célèbre que sa Description de l’Égypte et du Caire. C’est là que notre auteur a déployé toute son érudition historique ; c’est là qu’il a réuni au plus haut degré des renseignements pleins d’intérêt , des obser-

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varions neuves, et remarquables à plus d’un titre; des anecdotes piquantes qu’il a extraites d’une foule d’ouvrages, et que, dans l’état de nos connaissances, on chercherait vainement ailleurs. Je ne m’étendrai point sur ce beau monument, dont le nom est connu, même des personnes étrangères à la littérature orientale, et auquel je me propose de faire des emprunts fréquents pour enrichir mon commentaire. Il paraît que cet ouvrage fut écrit dans l’intervalle qui s’écoula entre les années 819 et 828 de l’hégire (de J. C. i4 16-1424); car ces deux dates s’y trouvent désignées d’une manière expresse, comme étant les deux principales époques où l’auteur consignait par écrit quelques-uns des faits qu’il rapporte (1). Je dois faire observer que, suivant l’assertion de l’auteur, cette description historique devait se terminer par une septième partie, dans laquelle il eût exposé les causes qui avaient amené la dépopulation de l’Egypte (2). Mais cette section ne se trouve dans aucun des manuscrits que j’ai pu consulter.

Un historien contemporain, Sakhâwi, auquel nous devons des détails assez étendus sur la vie de Makrizi (3), 11’a pas craint d’enlever à celui-ci son plus beau titre de gloire littéraire. Si on l’en croit, la Description de l’Egypte ne fut point réellement l’ouvrage de Makrizi. Ce dernier ayant en sa possession le brouillon d’un ouvrage écrit sur cette matière par Aouhadi , s’appropria ce livre tout entier, et se contenta d’y faire des additions de peu d’importance. Une pareille accusation est à coup sûr, extrêmement grave. Devons-nous, sur la foi d’un simple chroniqueur, admettre comme certain un fait qui flétrirait avec justice la réputation de Makrizi, et qui paraît avoir été entièrement inconnu à Ahmed-Askalâni, Abou’lmahâsen , et aux autres biographes de l’historien? Devons-nous croire que Sakhâwi a eu à sa disposition de meilleurs mémoires , qui lui ont révélé la fraude inexcusable de Makrizi? Ou bien, faut-il voir dans cette inculpation, une suite de cette malveillance qui trop souvent s’attache aux pas des hommes supérieurs, et qui, ne pouvant nier leurs importants travaux, s’efforce

(1) Man. 673 C, tom. III, fol. 7; man. 797, (3) Hamaker, Specimen calalogi Bibliothccœ

fol. 148 r°. Lugduno-Batcii’œ , pag. 217.

(2) Man. 797, fol. 3 v°; man. 676, fol. 3 r°.

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au moins de leur en dérober la propriété, soit entière, soit partielle? Placés à une si grande distance de l’époque qui vit fleurir Makrizi, n’ayant sous les yeux qu’un petit nombre d’écrivains contemporains, ne pouvant en aucune manière, apprécier les motifs qui militent pour ou contre cette assertion, nous devons nous tenir dans un silence prudent, et nous garder de prononcer un jugement absolu. Si Makrizi a réellement commis le vol littéraire qu’on lui impute, il esta coup sûr complètement inexcusable, car il a joint à un plagiat honteux une fourberie insigne. En effet , dans un passage de la Description de l’Égypte , il s’exprime en ces termes (i) : « Parmi les « ouvrages que j’ai consultés et qui traitent des édifices de l’Égypte, le « plus récent est celui qui a pour titre : JJ14! kl*;! 3 J i*4! hll;! ( Le réveil « de celui qui est plongé dans l’apathie , et la prédication à 1 usage de « l’homme qui réfléchit.) Il a pour auteur le reis Tadj-eddin-Mohammed- « ben-Abd-alwahhab , et se termine à l’année 72,5 (de J. G. 1824). » Or , l’historien Ahmed-Askalâni (2) , donnant le récit des faits qui signalèrent l’année 811 de l’hégire (de ,1. C. i4°8), indique la mort de l’écrivain Schehâb-eddin-Ahmed-ben-Hasan-ben-Tougan-Aouhadi , puis il ajoute : « Il était passionné pour l’histoire , et composa un ouvrage comice dérable, qui avait pour objet les monuments de Misr et du Caire « SjjsU)! j. Une partie était mise au net. Ce travail renfermait quantité de « faits utiles. » L’historien ne parle pas , il est vrai , du plagiat révoltant attribué à Makrizi ; mais il est certain, ou du moins fort probable, que ce dernier avait pu et dû connaître le travail de son contemporain, et qu’il s’est bien gardé d’en faire aucune mention.

D’ailleurs, en reconnaissant la profonde érudition, la sagacité, la critique judicieuse de Makrizi, on ne peut s’empêcher de lui adresser un reproche qu’il a trop mérité : c’est d’avoir souvent copié les écrits de ses prédécesseurs, sans avouer les emprunts importants et multipliés qu’il leur faisait. J’ai eu occasion, dans un autre ouvrage, de citer des articles biographiques, tirés mot pour mot du Kitab-alagâni , sans qu’une seule parole indique au lecteur la source où ces renseignements ont été puisés.

(1) Man. 673 C, tom. II, fol. 4.

(2) Man. 65 6 , fol. 254 r°.

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il existe un ouvrage volumineux, intitulé Mesalek-alabsar , dont je donnerai ailleurs une notice détaillée. La partie qui traite de l’Égypte et de la Syrie est peut-être, je ne crains point de le dire, le traité qui, dans un nombre de pages assez borné, renferme le plus de renseignements curieux et instructifs sur cette contrée importante, son administration, l’étiquette de la cour, etc. Or, tous ces détails ont été textuellement copiés par Makrizi; et cependant il n’a jamais prononcé le nom de l’auteur, ni le titre de son ouvrage. L’historien Djemâl-eddin-ben-Wâsel a fourni à Makrizi , pour l’histoire des Aioubites et le commencement de celle des Sultans Mamlouks , des renseignements nombreux qu’il a reproduits avec une fidélité scrupuleuse. Et toutefois, à peine daigne-t-il , dans quelques circonstances, invoquer le témoignage de cet annaliste consciencieux et éclairé. No wairi n’est pas cité davantage. Si nous avions sous les yeux quantité d’ouvrages plus ou moins étendus, qui traitaient de l’histoire d’Égypte, et dont les titres nous sont donnés par d’autres écrivains, sans doute nous retrouverions la trace des emprunts nombreux que leur a faits Makrizi. Et toutefois , dans la préface de la Description de V Égypte (i), l’auteur proteste qu’il ne manquera jamais de citer les écrivains auxquels il sera redevable de son érudition. Mais en blâmant, avec toute raison, un plagiat aussi condamnable, il faut au moins, sous d’autres rapports, rendre justice à notre historien, et reconnaître qu’il a en général parfaitement choisi ses guides, et qu’il était difficile de faire un usage plus judicieux des trésors littéraires qu’il avait à sa disposition. Je n’hésite pas à dire que, sous le rapport de l’abondance et de la variété des faits, du choix et de la disposition des matières, les ouvrages historiques de Makrizi sont bien au-dessus de ceux d’Abou’lmahâsen, qui était son contemporain, son ami, qui fut son biographe, et qui lui survécut de plusieurs années.

Un manuscrit, apporté d’Égypte à l’époque de l’expédition française, et qui appartient à la bibliothèque du Roi, contient divers opuscules de Makrizi, savoir :

i° Le Traité sur les famines de V Égypte. Ce petit ouvrage, ainsi que

( i) Man. 676, fol. 3 r°.

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l’auteur nous l’apprend (i), fut composé l’an 808 de l’hégire (de J. G. i4o5). A cette époque , l’Égypte était depuis deux ans en proie à la sécheresse , la famine, et à tous les genres de malheurs. Comme dans cette circonstance bien des personnes s’abandonnaient au désespoir, se persuadant que les calamités contre lesquelles on avait à lutter étaient sans exemple comme sans remède , l’auteur entreprit de démontrer par des faits historiques, que l’Égypte , à différentes époques, avait éprouvé des maux de même nature; que cette disette provenait moins de l’inclémence des saisons, que des fautes de l’administration. Enfin, il indique les moyens que l’on peut prendre pour faire cesser une pareille catastrophe , et en empêcher le retour. Ce traité, qui renferme des détails curieux et importants, n’offre dans le manuscrit aucun titre. Mais, si je ne me trompe, c’est le même ouvrage qui, dans la liste donnée par Abou’lmahâsen et Sakhâwi, est désigné par ce titre : JW! SLiyw ^ *L*J) j SJIj! w>!W.

MM. Silvestre de Sacy et Hamaker ont vu dans le traité indiqué par ces biographes , un ouvrage consacré à la musique. Mais je ne saurais partager cette opinion. D’abord, dans aucun passage des productions de Makrizi, et dans le récit des historiens, ses contemporains, je n’ai vu un seul mot qui donne à entendre que notre auteur ait jamais cultivé la musique, et écrit sur cette science. Je sens bien que cette raison, si elle était seule, ne formerait pas une preuve convaincante. Mais, i° si Makrizi avait voulu composer un traité sur la musique, il est fort douteux qu’il eût employé cette manière de parler assez impropre : L*J( J, JW! ïàj** J. 20 Le Traité sur les famines de l’Egypte se trouverait complètement omis dans la liste que nous offrent Abou’lmahâsen et Sakhâwi , et le fait est d’autant moins vraisemblable, que l’on trouve dans cette liste l’indication de plusieurs opuscules infiniment moins importants, et dont quelques-uns ne contiennent qu’un petit nombre de pages. 3° Enfin, ce traité ayant pour objet non-seulement de constater les fléaux que la famine avait, à différentes époques , fait tomber sur l’Egypte , mais encore d’indiquer les moyens propres à prévenir le retour de pareilles catastrophes, et à main-

(1) Opuscules , fol. 18 r°, 35 r°.

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tenir le pays dans une position florissante, cette intention me semble bien caractérisée par le titre que porte ce traité, et que je traduis ainsi : « Livre qui traite des moyens de faire cesser la fatigue et la misère , et « qui fait connaître ce qui constitue la richesse. »

2° Traité des monnaies. Cet opuscule a été publié en arabe et en latin par O. Tychsen. M. Silvestre de Sacy en a donné une traduction française.

3° Traité sur les abeilles.

4° Un traité sur l’histoire de la vallée de Hadramaout : Il

fut composé l’an 83q (de J. C. 1 435) , à l’époque où l’auteur était en retraite dans la ville de la Mecque.

5° Traits concernant l’histoire de Temim-Ddri. Cet opuscule a pour titre : 'îbjxl ^Uî

6° Traité des khalifes et des rois qui ont fait le pèlerinage de la Mecque. Il a pour titre : PiUPl ^ ^ J> w^JJÎ.

7° Traité dans lequel V auteur s attache à réfuter les prétentions des descendants d’ Omaiah, qui s’étaient arrogé la dignité de khalife, au mépris des droits de la famille de Mahomet. C’est celui qui a pour titre :

8° Traité concernant les droits et les prérogatives qui appartiennent exclusivement cl la famille du Prophète. Son véritable titre est donné ainsi par Abou’lmahâsen : L fs. Jjsfl ^ 1 L J, Il fut

écrit au mois de Dhou’lkadah, l’an 84 1 de l’hégire (de J. C. 1 43y) (i).

9° Traité des substances minérales. Il fut écrit au mois de Schewal de la même année.

io° Traité des tribus arabes établies en Égypte. Il fut écrit au mois de Dhou’lkadah de la même année.

ii° Traité des rois musulmans qui avaient gouverné l’ Abyssinie. Cet opuscule a été publié par Rinck, en arabe et en latin, mais d’une manière peu correcte. Je me propose de le réimprimer.

12° Traité de l’unité de Dieu. Il a pour titre : pip ^JkS. Il

fut composé l’an 84 1 (de J. C. 1 4^7).

(1) Opuscules , folio 189 v°.

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1 3° Opuscule qui a pour but d'engager les hommes à mettre tout en œuvre pour acquérir une réputation durable . Ce petit traité, dans notre manuscrit, ne porte aucun titre. Mais, comme, vers la fin, on lit ces mots : y*.* j, .Uj.5 vU, je crois que nous avons ici le traité, qui, dans le catalogue donné par Abou’lmahâsen, est intitulé '■ j4\ j v'Ua Jî^w J,.

i4° Explication d’une énigme , dont l’eau était le sujet.

Il faut ajouter à cette collection le Traité des poids et des mesures , qui a été publié en arabe et en latin par feu M. O. Tychsen , et en français par M. Silvestre de Sacy.

Outre les ouvrages indiqués par Abou’lmahâsen et Sakhâwi, Makrizi, ainsi qu’il nous l’apprend lui-même (i), avait composé un grand traité biographique, sur les Vizirs de l’Islamisme; et un autre, plus spécial, où il / / donnait l’histoire des Vizirs qui avaient gouverné l’Egypte. L’un ou l’autre

de ces deux ouvrages est probablement celui que l’écrivain cite ailleurs sous ce titre (2) : .1^1 aWljU.1 J *lp!! j ^ib‘.

Makrizi (3) cite l’ouvrage qui avait pour titre : ^l^>‘ J, ïxill Ailleurs (4), il cite celui qui était intitulé : ^.aLs. ji* v^lXS'

hllwüî & J,. L’auteur nous apprend (5) que son ouvrage intitulé: y Ul Histoire des hommes, servait d’introduction au volumineux traité qui avait pour titre : , etc.

Makrizi, ainsi qu’il nous l’apprend (6), se proposait d’écrire un traité spécial, dans lequel il eût exposé, avec les plus grands détails, tout ce qui concernait la nature des impôts de l’Égypte, depuis la conquête de cette province, jusqu’à l’époque où vivait l’auteur. Il paraît que la mort 11e lui permit point de réaliser ce projet.

Après ces détails sommaires sur la vie et les productions littéraires de Makrizi, je dois dire quelques mots sur l’ouvrage dont j’ai entrepris la traduction. L’auteur expose en ces termes les motifs qui présidèrent à la

(1) Description de l’Égypte, m. 798, f. 194 rc (a) Man. 797, fol. 364 v°.

(3) Man. 798, fol. 49 r°.

(4) Man. 797, fol. 169 r°.

(5) Opuscules, fol. 83 r°.

(6) Ibid., fol. 26 r°.

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composition de cet ouvrage (i). « Ayant eu, dit-il, le bonheur de terminer « deux compositions historiques, dont l’une a pour titre : Le Collier de « perles des écrins , concernant l’histoire de Fostat « ^ , l’autre : Les avis donnés aux Orthodoxes sur l’his-

« toire des Khalifes , JiWl kU>l , qui contiennent la vie des

« émirs et des khalifes qui ont gouverné l’Egypte, avec le récit des événe- « ments dont cette contrée a été le théâtre, depuis sa conquête jusqu’à la « destruction de la dynastie des Fatimites, j’ai cru devoir traiter en « détail l’histoire des souverains qui ont régné depuis cette époque en « Égypte ; je veux dire des princes Curdes-Aioubites , et des Sultans- « Mamlouks, Turcs et Circassiens. » L’ouvrage se compose de trois volumes, formant les n°9 672, 673, 674., des manuscrits arabes de la bibliothèque du Roi. Il comprend l’histoire de l’Égypte et de la Syrie, depuis le commencement du règne de Saladin jusqu’à l’année 844 de l’hégire (de J. C. ] 44o) , c’est-à-dire, jusqu’à l’année qui précéda immédiatement la mort de l’auteur (2).

J’aurais dû naturellement commencer mon travail par l’histoire des Aioubites; mais, d’après un plan arrêté depuis longtemps, une histoire complète de cette dynastie, réunie à celle des khalifes Fatimites, devait se trouver placée par forme d’introduction, en tête de la Collection des Historiens des Croisades. Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ont empêché de réaliser ce projet qui, j’ose le croire, n’aurait pas été sans utilité. Comme ma traduction était déjà sous presse, il ne m’a plus été permis de revenir sur mes pas, et de publier cette première partie, que j’avais cru devoir omettre, afin de ne pas répéter inutilement ce que j’aurais dit ailleurs. D’un autre côté, l’Histoire des Mamlouks présente une masse de laits tellement considérable, que je ne saurais guère me flatter de pouvoir en offrir une traduction complète. Enfin , en supposant que la brièveté de la vie me laisse le temps de terminer cette tâche, il sera,

(1) Man. 672, pag. 3, 4. ses Opuscules (f. 122) , parlant du sultan Bibars-

(2) Si je ne me trompe, c’est ce même ouvrage Bondokdari, il ajoute : «J’ai raconté au long la

que Makrizi indique sous le titre de : j Lit « vie de ce prince, dans le livre de l’histoire des

j+æa Histoire des rois d’ Égypte , lorsque, dans « rois d’Égypte »

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je crois, à propos de continuer les récits de Makrizi, à l’aide des autres historiens qui ont suivi la même méthode, et de conduire cette histoire jusqu’à l’époque où la puissance des Sultans-Mamlouks croula sous les armes victorieuses de Selim II.

Je n’ai rien à dire de ma traduction. Je laisse aux lecteurs instruits le soin dé juger et d’apprécier mon travail. J’ai pensé que j’ajouterais à l’utilité de cet ouvrage, si je l’accompagnais de notes nombreuses, qui offriront, je l’espère, sur la philologie, l’histoire et la géographie, quelques renseignements instructifs.

Ce fruit de mes recherches n’aurait probablement jamais vu Je jour, si je n’avais trouvé chez MM. les membres du Comité des traductions orientales un zèle noble et éclairé, qui ne recule devant aucun sacrifice pécuniaire , lorsqu’il s’agit de propager la connaissance de l’histoire et des littératures de l’Orient.

DES

PAR MAKRIZ1

RÈGNE

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