I. {deuxième partie
i 54 HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.
à des amendes onéreuses, et fit périr dans les tourments un grand nombre d’entre eux. Il doubla les tributs que payaient les peuples protégés par les
musulmans SUjJtJjd. Bientôt après, il résolut de livrer tous ces hommes aux flammes. Par son ordre, on rassembla du bois et on creusa une vaste fosse devant la maison appelée Dar-anniabah , située dans le château de la Montagne. Mais ensuite il leur pardonna, et se contenta de leur imposer des contributions dont on exigeait le paiement à coups de fouets ; et ces malheureux périrent , en grand nombre , dans les tortures.
Lorsqu’il partit pour son expédition du pays de Rourn , il taxa les habitants de Damas à un impôt qui avait pour objet la remonte de la cavalerie , et qui fut fixé, pour la ville et pour les villages de son territoire, à une somme de un million de dirhems. Bibars n’eut pas d’autre vizir que le sdheb Beha-eddin-Aliben-Mohammed-ben-Hinna. Tadj-eddin-Abd-alwahhab-Ebn-Bint-alaazz remplit en Egypte les fonctions de kadi-alkodat , jusqu’au moment où le prince créa quatre kadis , usage qui s’est perpétué après lui. Bibars, depuis sa mort, ayant apparu en songe, on lui demanda de quelle manière Dieu l’avait traité. Il répondit : « Rien ne m’a été reproché plus sévèrement que la création de quatre « kadis; l’on m’a vivement blâmé d’avoir ainsi divisé l’autorité. » Tous ceux qui, dans ses états, furent promus par lui à quelque charge, à quelque emploi, conservèrent leur rang, et n’éprouvèrent ni réprimandes, ni destitution. Lorsqu’il se trouvait dans la ville de Gazah , antérieurement à son avènement au trône , il épousa une femme de la nation des Schehrzouris. Arrivé au Caire, il la répudia. U épousa la fille de Hosam-eddin-Bérékeh-khan , fils de Devlel-khan , le Tatar ; la fille de l’émir Seif-eddin-Tawakkuli, le Talar; celle de l’émir Seïf-eddin-Keraï, fils de Temadji, le Tatar; celle de l’émir Seïf-eddin, le Tatar. 11 eut dix enfants, parmi lesquels étaient trois fils, savoir : i° Meiik Saïd-Naser-eddin-Mohammed-Bérékehkhan. Ce prince naquit au mois de Safar , l’an 658, dans le campement d’Alosch àJ (189), et eut pour mère la fille de Hosam-eddin-Bérékeh-khan, le khawarizmi ; 20 Meïik-Adel-Bedr-eddin-Selamesch; 3° Melik-Masoud-lNedjm-eddin Khidr. Les filles étaient au nombre de sept.
Après la mort de Bibars, l’émir Bedr-eddin-Bilik , le khazindar (trésorier) naïbassaltanah , sut dérober cet événement à la connaissance des troupes. Le corps fut
(189) Voyez Abulfedæ Annales, tom. V, pag. 33o, 36c.