‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 143 sur 183 · V. MELIK-SAID-BÉRÉKEH-KH AN · texte numérisé non relu

V. MELIK-SAID-BÉRÉKEH-KH AN

titulaires des différentes charges. Le vendredi, vingt-septième jour du mois, les khatib (prédicateurs), dans les menber (chaires) des principales mosquées du Caire et de Misr, firent des vœux pour Melik-Saïd, et récitèrent, pour Melik- Dâher, la prière de l'absent (1) w-olsJI Un courrier de la poste, expédié pour Damas, y porta la nouvelle de la mort de Melik-Dàher , et un ordre de faire prêter parles différents corps de troupes le serment de fidélité à Melik-Saïd; ce qui fut exécuté. Le mercredi, seizième jour du mois de Rebi-premier , Melik- Saïd , à l’exemple de son père , monta à cheval accompagné des étendards , et escorté des émirs et des principaux personnages , qui tous étaient revêtus de leur robe d’honneur, il se rendit au pied de la montagne rouge , et rentra ensuite au château de la Montagne , sans avoir traversé la ville du Caire; ce fut pour la population un jour de fête. Le sixième jour du mois de Rebi-second , mourut l’émir Bedr-eddin-Bilik, le naïb, et l’on soupçonna qu’il avait été empoisonné par ordre de Melik-Saïd ; en effet, ce prince avait admis dans sa société intime plusieurs jeunes mamlouks , qui ne cessaient de lui peindre l’émir comme un homme dangereux (2). Les funérailles du naïb furent célébrées avec une grande pompe.

(1) Cette expression s’emploie souvent en parlant d’un homme mort, et dont le corps ne se trou-

vait pas au lieu où se célébrait la pompe funèbre. On lit dans la Fie de Kelaoun de Nowaïri (man. d’Asselin , fol. i3a v°) wjU) î Üü *0 aJæ « On fit pour lui, à Damas, la prière de

« V absent. » Dans X Histoire de Jérusalem (man. 71 3, pag. 348), on lit cjue Vérnir-kebir (grand émir), Ala-eddin-ldagdi étant venu à mourir, fut enterré à Jérusalem, et que, dans la ville de Damas, v -oLâJ ! ïhLe aJ.£ « On fit pour lui la prière de l’absent. »

(2) Le texte porte le verbe pftj à la quatrième forme, signifie, inspirer h quelqu’un des craintes, des inquiétudes. On lit dans X Histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. III, fol. 283 r°)

« Ils le menacèrent de la mort. » Dans la Vie de Melik-Saïd de Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 97 r°), a la .LkJuJ! Dans la Fie de Melik- Aschraf, du même historien,

(fol. i5'| r°) jLLUI y pL~o. p»jl. « 11 assura l’émir Hosam-eddin qu’il avait tout à

« craindre du sultan. » A la cinquième forme, ce verbe signifie, avoir des craintes , des inquiétudes. On lit dans X Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 71 r°) A^&J oXJè y yè * Il fut troublé de cela, et son inquiétude alla en augmentant.» Et plus bas (fol. 127 v°) As ^

^L^.j « Il avait conçu des inquiétudes sur le compte de Kousoun, et

« craignait que cet homme ne voulût attenter à sa vie. » Dans X Histoire de Mirkhond ( Geschichte der sultane aus dem geschlechte Bujeh, pag. 36) kütS p> y aJj J J ! « Samsam-eddaulah étant

« inquiet... » Le mot pftj a quelquefois le sens de teneur , inquiétude , comme dans ce passage du Manhel-sâfi d’Abou’lmahcâsen (tom: V, fol. 20 r°) pftjJ! pht y> « Il mourut par suite d’une ex- « trême frayeur. » Et dans X Histoire d’Égypte, du même écrivain (m. 663, fol. 97 r°), ïjitâ ^ y J ^ La « Il avait perdu la raison, par suite de l’inquiétude extrême qui s’était emparée de lui. »

A dater de cette mort, les affaires de Melik-Saïd furent livrées à la. confusion et au désordre. Bilik eut pour successeur, dans le rang de naïb-assaltanah , l’émir Schems-eddin-Ak-sonkor-Fârekâni , homme plein de prudence, qui s’entoura de plusieurs personnages distingués , parmi lesquels on comptait Schems-eddin- Akousch , Katlidja-Roumi, Seïf-eddin-Kilidj-Bagdadi , Seïf-eddin-Nadjou-Bagdadi, Izz-eddin-Igan , émir-schikar ( grand veneur ), Seïf-eddin-Bektemur , le sildh-dar. Mais bientôt cet émir devint à charge aux courtisans qui formaient la société intime du sultan. Ils s’attachèrent à inspirer à ce prince des préventions contre le tiaïb, et appelèrent à leur secours l’émir Seïf-eddin-Koundek-Sâki(l’échanson) , qui jouissait d’un grand crédit et d’une grande faveur auprès de Melik-Saïd, comme ayant été élevé avec lui dans la même école. Ak-sonkor fut arrêté tandis qu’il était assis à la porte du château, et fut mis en prison. Il se vil livré à toutes sortes d’outrages; on lui arracha les poils de la barbe, et on lui donna la bastonnade. Peu de jours après on emporta son cadavre. Ak-sonkor eut pour successeur , dans la place de naïb, l’émir Schems-eddin-Sonkor-Alfi-Modafferi. Ce choix déplut aux khassékis liCoLs-*!. Ils se dirent entre eux : «Cet homme n’est pas du nombre des ddheris .» Ils inspirèrent à Melik-Saïd des soupçons contre lui, en prétendant qu’il avait dessein de se révolter conjointement avec ses camarades, les mamlouks de Melik- Modaffar-Koutouz.Lesultanse hâtadele destituer, et éleva au rang de naïb-assaltanah l’émir Seïf-eddin-Koundek-Sâki , qui était encore fort jeune; il fut secondé par l’émir Seïf-eddin-Kelaoun-Alfi, qui montrait pour luiun attachement marqué.

Parmi les mamlouks khassékis (3) du sultan , était un personnage nommé Ladjin-Zeïni, qui avait pris, sous tous les rapports, un extrême ascendant sur l’esprit

(3) Khalil-Dâheri définit ce que l’on entendait par le mot khctsséki qui fait au pluriel

iuVoLà.. On lit chez cet écrivain (man. 6 7 5, fol. a35 v°) ^jLLLJt 3 i J ! 'iSLo Lsé 1

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« restent constamment auprès du sultan, dans les moments où il cherche la solitude, et qui accom- « pagnent le Mah/nel auguste (le voile de la Kabah) : on les désigne par le titre de kawnmil-alknj fai •< (les administrateurs parfaits). Ils sont employés pour les affaires du prince; quelques-uns sontdes- « tinésau rang d’émir, etce sont les hommes qui approchent le souverain de plus près. Sous le règne de » Melik.-Nâser-Mohammed-ben-Kelaoun, ils étaient au nombre de quarante; mais ce nombre ne tarda " pas à s’accroître ; et , du temps de Melik- Aschraf-Borsebaï, on en compte environ mille, dont les uns

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