OBSERVATIONS SUR UN HISTORIEN ARABE
Dans les notes qui accompagnent cette histoire, j’ai souvent eu occasion de citer un chroniqueur arabe, que j’ai désigné sous ce nom : le prétendu Hasanben-Ibrah/m. D. Berthereau avait en effet admis comme certain que l’auteur d’une histoire arabe qui fait partie des manuscrits non catalogués, portait le nom de Hasan-ben-Ibrahim. Si l’on consulte l’exemplaire unique, qui se trouve sous nos yeux, on lit, au premier feuillet, ces mots: <
^ytiUî ^»IN! « L’ouvrage intitulé Djami-attawarïkh (la collection des
« chroniques) composé par le savant Imam , Hasan-Iaféï. » Dans la courte préface qui suit immédiatement le titre, l’auteur nous apprend qu’il a compilé ce recueil historique, d’après les meilleurs ouvrages de ce genre, pour le sultan Melik-Mansour-Seïf-eddin-Kelaoun ; qu’il l’a commencé à l’année 621 , et lui a donné pour titre : J, « Collec-
« tion des chroniques de l’Egypte, où se trouvent rapportés les événements qui « concernent les rois, les khalifes et les sultans de l’Islamisme. » A la fin du volume, on trouve une note conçue en ces termes :
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wL/yj « Voilà ce que dit l’être qui a besoin de la protection de son seigneur, « l’écrivain Hasan-ben-Ibrahim-ben-Mohammed-Iaféï, auteur de cet ouvrage : « C’est ici que se termine notre récit. Dans le cas où d’autres événements vien- « draient à notre connaissance, nous les ajouterons à notre histoire, par forme « d’appendice, s’il plaît au Dieu Très-Haut. Ce livre a été transcrit dans la ville « de Misr qui est sous la sauve-garde de la religion sublime, l’an 679. »
Ces détails, qui paraissent bien précis, bien authentiques, semblent de nature à ne laisser aucun doute, tant sur le nom de l’auteur que sur le titre de l’ou-
APPENDIC E.
vrage; el, cependant, il n’y a pas dans tout cela un seul mot qui ne soit une imposture. Le premier feuillet, placé en tête du volume, et qui renferme le titre et la préface, a été évidemment ajouté par une main beaucoup plus moderne que celle qui a copié le reste du volume. Il est facile de s’apercevoir que le propriétaire du manuscrit, voulant vendre d’une manière plus avantageuse un volume incomplet, y a cousu un titre, une préface qu’il a écrits lui-même, sans trop s’embarrasser si les détails contenus dans cette préface pouvaient s’accorder avec les assertions de l’auteur. La dernière page du livre a été aussi ajoutée à une époque également récente, dans le même but, avec la même intention; en sorte que la note finale n’a pas plus d’aulbenticité que la préface; les faits contenus dans l’une et dans l’autre doivent être regardés uniquement comme le produit de la charlatanerie, d’une fourberie maladroite, et ne sont pas de nature à inspirer la plus légère confiance. Les récits de l’auteur lui-même donnent un démenti complet à tout ce qui se trouve rapporté dans la préface et dans la note finale. Dès le commencement du volume (t) l’écrivain indique des événements qu’il avait racontés parmi ceux de l’année précédente, et dont on ne trouve aucune trace dans le manuscrit ; donc l’histoire ne commençait pas réellement avec l’année 62 1 . Plus bas (2) l’auteur, rappelant la fuite du sultan Djelal-eddin-Mank-berni, nous avertit qu’il a donné Fliistoire de ce fait mémorable à l’année 617 de l'hégire. Plusloin (3) il citeles trois historiens, Nowaïri, Bibars et Abou’lféda ^
qui tous ont écrit dans le huitième siècle de l’hégire. Ailleurs (5) il s’exprime en ces termes :« Djinghiz-Khan commença à paraître sur la scène du monde, l’an 599 « de l’hégire, ainsi que nous l’avons raconté. » Il atteste (6) qu’il a rapporté en détail la vie du sultan Ala-eddin-Khawarizm-schah , père de Djelal-eddin. Il renvoie (7) à ce qu’il a dit des événements de l’année 585. Parlant de la durée du règne de la dynastie des khalifes Abbassides (8), il s’exprime en ces mots:
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^Lj pjLiiM ç{j\ J, J, «Le premier prince de cette dynastie
fut
(1) Fol. 2 , v°.
(2) Fol. 5 v°.
(3) Fol. 1 1 r° et v°.
(4) Fol. 17 r° 24 v°.