I. {deuxième partie
(5) Fol. 20 v°.
(6) Fol. 42 v°.
(7) Fol. 83 v°.
(8) Fol. 147 v°.
APPENDICE
« Abd-allah-Saffâh , qui fut reconnu pour khalife l’an i3a, ainsi que je l’ai ra-
« conté La durée totale de la domination de cette famille compose une
« période de cinq cent vingt-quatre ans. Vers l’an 45o, à l’époque de Besasiri, « les Abbassides perdirent , durant une année et quelques mois, la souveraineté «de l’Irak; après quoi, ils recouvrèrent leur ancienne puissance. C’est ce que « nous avons raconté tout au long, en traitant la vie du khalife Kaïm-bi-amr- « allah. » Il ajoute (1) qu’il a exposé en détail le récit de la destruction des Phatimites par les Aïoubites. Ailleurs (2), il renvoie à ce qu’il a écrit sur les conquêtes du célèbre Saladin. Il fait observer (3), comme un fait remarquable, que la troisième prophétie , c’est-à-dire le règne des premiers successeurs de Mahomet, aduré trente ans; « c’est ce que nous avons exposé, dit-il, dans les Preuves de « la prophétie. » Lj^ii Le morceau indiqué ici peut avoir formé
un ouvrage particulier. Peut-être aussi, et la chose est fort probable, ce litre désigne, non pas un traité composé ex professo , mais un chapitre qui faisait partie d’une grande composition historique, et dans lequel l’auteur, après avoir raconté les événements de la vie de Mahomet, s’attachait à démontrer la réalité des titres qui devaient assurer à ce personnage célèbre la qualité de prophète.
Les détails que je viens de rassembler prouvent évidemment que la chronique qui est sous nos yeux ne constitue pas un ouvrage complet, où l’auteur avait eu pour but de recueillir les faits de l’histoire musulmane, depuis l’année 621 de l’hégire; mais que c’est une portion d’une vaste composition, où les annales de l’empire des Musulmans étaient exposées avec les plus grands détails, en remontant jusqu’à la naissance de Mahomet, et peut-être même à des époques bien antérieures. Il est facile de démontrer que l’ouvrage ne devait point s’arrêter à l’année 678 de l’hégire. L’auteur (4) donnant le récil des événements qui concernent la ville de Tunis, pousse cette histoire jusqu’à l’an 721 (de J.-G. i32i). Parlant (5) de l’émir Baïdera, qui, après avoir assassiné le sultan Melik-Aschraf- Khalil, l’an 693 de l’hégire (de J.-C. 1293), et usurpé lui-même la couronne, ne la conserva que la moitié d’un jour, et perdit à la fois le trône et la vie, ajoute « c’est ce que je raconterai plus bas. » Ailleurs (6), l’écrivain nous apprend que, dans l’année 759 de l’hégire (de J.-C. 1 357), le sultan Melik-Nâser-Hasan , fils de
(1) Fol. 147 v°.
(2) Fol. 196 v°.
(H) Fol. 148 r°.
(4) Fol. 1 26 , 127.
(5) Fol. 121 r°.
(6) Fol. 56 r°.
APPENDICE. 179
Melik-Nâser-Mohammed-ben-Kelaoun fît construire dans la ville du Caire, au bas du château de la Montagne, un college plus vaste cjue celui de Mostanser; et il ajoute qu’il racontera cette fondation , à l’époque où elle eut lieu. L’auteur, bien loin d’avoir flori sous le règne de Melik-Mansour-Kelaoun , c’est-à-dire enlre les années 678 et 689 de l’hégire, ne vint au monde que vers la fin du huitième siècle de cetle ère. En effet, parlant de l’ouvrage intitulé Kitab-romouz-alkoii' nouz jyj « Le livre des énigmes des trésors, » qui a pour auteur
Seïf-eddin-Amedi , il ajoute : «J’ai lu ce livre, en présence de l’imam Schems-eddin- « Mohammed, fils du scheïkh Ibrahim-Marâgln-Zâhidi , dans les contrées du « nord iJLyxüt <J, vers l’année 783. » D’après cette expression, les contrées du nord, on peut croire que l’auteur n’était originaire ni de l’Egypte ni de la Syrie, mais qu’il avait pris naissance dans l’Asie-Mineure.
Notre écrivain (2), racontant l’incendie qui consuma la tour de Damas, l’an 646 de l’hégire, ajoute : « Un événement semblable eut lieu au mois de Schaban « de l’année 794. Le feu commença à la porte de l’Horloge s>b ;
« je me trouvais alors à Damas , où j’avais accompagné le naïb Soudoun-Torontaï , « qui succédait à Mouta, le dcnvddar. >> Rappellant (3) que le sultan Melik-Kâmel avait fait construire une maison appelée, de son nom, Kdtnelieh, et qui était destinée à l’exposition des traditions musulmanes v î^j il ajoute : « De nos
«jours, Melik-Dâher-Barkok a fait élever, vis-à-vis de cet édifice, le collège des « hanefis. » Lorsqu’il traite de l’élévation des mamlouks sur le trône de l’Égypte (4), il emploie les expressions suivantes : « Jusqu’aujourd’hui, c’est-à-dire « jusqu’à l’année 832, onze de ces princes ont porté la couronne. » Ailleurs (5), il fait mention du tombeau de Djelal-eddin-Kounawi , situé dans la ville de Kou-
niah; puis il ajoute : « J’y suis allé en pèlerinage, l’an huit cent ^j,
ijLyil Outre le grand ouvrage historique, dont un long fragment se
trouve sous nos yeux, l’auteur, ainsi qu’il nous l’apprend lui-même (6), avait écrit une continuation de l’histoire composée par Schehab-eddin-Abou-Schamah, On voit, par ces détails, que notre auteur était né vers la fin du huitième siècle de l’hégire, et que ce fut dans le siècle suivant qu’il se montra comme historien, et composa des ouvrages d’une grande importance. Il se trouvait ainsi con-
(2) Fol. 106 r°.
(3) Fol. 70 r°.
(4) Fol. 120 r°.
(5) Fol. 214 r°.
(6) Fol. 78 r°.
APPENDICE
temporain deMakrizi, Abou’lmahâsen , Kotb-eddin-Aïni , Ebn -Kadi-Scbolibab, et autres chroniqueurs, dont les productions volumineuses et estimables sont encore aujourd’hui sous nos yeux. Mais quel était cet historien ? Quel fut son son nom, son pays? C’est un problème que je n’ai pu résoudre, et sur lequel je ne saurais même offrir une conjecture. Tout ce que je puis assurer, c’est que le long chapitre historique, sur lequel j’ai appelé l’attention de mes lecteurs, ne fait partie d’aucune des grandes collections que j’ai eu occasion de consulter, et dont les auteurs nous sont connus.