HASAN-BEN-OMAR
Bedr-eddin-Hasan-ben-Zein-eddin-Omar-ben-Hasan-ben-Omar-ben-Habib, auteur d’une histoire de l’Égypte et delà Syrie, fleurit dans le huitième siècle de l’hégire. Il vint au monde à Alep, l’an 709. Cette date résulte évidemment de celle de sa mort: car, à cette époque, en 779, il était âgé de soixante-et-dix ans (5). D’ailleurs, le fait estattesté formellement par Abou’lmahâsen. Ilavaiteu pour aïeul paternel l’écrivain Bedr-eddin-Hasan, sur lequel Ahmed-Askalâni nous donne les détails suivants(6):
(1) Annales, tom. IV, p. 23o.
(2) Ibid., p. 232.
(3) Pag. 38o.
(4) Man. 663, fol. 162 v°.
(5) Abou’lmahâsen, Histoire d’Égypte, m. 663, fol. 222 v° ; lb. Manhel-sâfi , tom. III, fol. 47 r° et v°; Makrizi , Solouk , tom. II, fol. xn r .
(6) Histoire , tom. I, inan. arabe 656, fol. 18 r°.
APPENDICE. ao5
« Hasan-ben-Omar-ben-Hasan-ben-Omar-ben-Habib, surnommé Abou-Moham- « med-Bedr-eddin , originaire de Damas et natif d’Alep, vint au monde dans cette «dernière ville, l’an 6ro de l’hégire. Après avoir étudié dans sa patrie, il se «rendit au Caire, où il prit les leçons de plusieurs hommes célèbres. 11 se dis- «tingua tellement qu’il devint bientôt un homme supérieur dans la littérature, « et dans l’art de rédiger les actes de fondations Ljjà,. Il s’occupa aussi d’histoire, «et dans toutes ses compositions, il employait un style rbytbmique U ré-
« digeait pour les kadis des actes de fondations. Il remplit les fonctions de dé- « légué pour rendre la justice, et celles de secrétaire de la chancellerie. Il copia de «sa main le Sahih de Bokhari. Il excella dans la littérature, écrivit également en « vers et en prose, et publia plusieurs collections utiles. Ensuite, il se retira dans «sa maison, où il se livrait exclusivement à la composition de ses ouvrages, et à «l’enseignement. 11 est auteur \° de l’histoire qui a pour titre : Dorret-alaslak- « fi-daulet-alatrak : ^S'\ÿ'sl\ iJj.) ji, «La perle des colliers, concernant la
«dynastie des Turcs; » 20 de celle qui est intitulée : Tedhkiret-annebih-fi-nïam- « almansour-ou-benihi : a.cj *L>t 3 XjS'SJ « L’avis donné à l’homme
«éveillé, sur le règne de Mansour et de ses fils.» Ces deux ouvrages sont entière- «ment écrits en prose. Cet auteur mourut le matin du vendredi, vingt-et- « unième jour du mois de Rebi premier, l’an 679, dans la ville d’Alep, à lage de «soixante-dix ans. Il fut père du sclieïkh Zeïn-eddin-Tâher qui continua son «histoire.» Ce Zeïn-eddin fut, comme nous l’avons dit, le père de notre auteur. Celui-ci avait pris des leçons des deux scheïkhs Schems-eddin-Abou-Bekr-Omar, et Imad eddin-Abou-Taleb-Abd-errahman (1), ainsi que du kadi-alkodat Borhaneddin-Ahou-Ishak-Ibrahim-Rasani (natif de la ville de Ras-alaïn (2). L’an 723 (3), il assista à la première prière qui se fit dans une grande mosquée de Damas , et composa à cette occasion une pièce de vers. L’an 726, l’auteur perdit son père Zein-eddin-Abou-Bekr-Omar (4). L’an 733, il se trouvait à la Mecque, comme pèlerin. A cette époque, le sultan Mohammed-ben-Kelaoun fit placer une porte neuve à la Kabah. Cet événement inspira à l’auteur une nouvelle pièce de vers ( 5). Cinq ans après (6), l’auteur alla en pèlerinage à Jérusalem. Il visita en même temps la ville d’Hébron. L’an 739, il fit une seconde fois le pèlerinage de la
(6) Fol. 217 y°.
(1) Man. 688, fol. 146 v° et 149 v°.
(2) Fol. 235 v°.
(3) Fol. 168 r°.
APPENDICE
Mecque, et son talent poétique fut encore excité par la vue des lieux chers aux dévots Musulmans (i).
Bientôt après , accompagné de ses frères, il visita, à Alep, un personnage célèbre, auquel il ne manqua pas d’adresser des vers (2). Avant cette époque, je veux dire, l’an 786 (3), l’auteur se trouvait au Caire, où il séjourna cinq mois.
Vers le même temps, il fit un voyage à Alexandrie. Il a eu soin de nous conserver tous les morceaux, en vers et en prose, qu’il écrivit, dans cette occasion, à la louange de l’Egypte. A son retourd’Alexandrie (4), passant parle bourg appelé Mouniat-Mourschid l.y , il visita un scheïkh célèbre, nommé Mohammed-Mour-
schidi. L’an 745 (5), il accompagna l’émir Scherf-eddin , chargé de faire un recensement dans la province d’ Alep. Non content de visiter cette capitale, il parcourut
successivement Albâb ,LJ! (6), ville remarquable par sa beauté, l’étendue et
l’agrément de ses jardins, et arrosée par une rivière appelée Nahcir-aldheheb yj (la rivière d’or) (7), Birali, Roha, Kakhta, Karkar, Behesnâ, Kalat-almouslimin (8), Aïntab, Ravendan (9) , Azâz, Bagrâs, Antakiah (Antioche)»
Kosaïr, Schoghr, Bekâsch, Afamiah, Scliaïzar, Kefertab, Sarmin.
Le premier ouvrage composé par notre auteur (10), fut une petite chronique, extraite par lui de la grande histoire d’Alep, composée par Kemal-eddin. . . Ebnaladirn. Il donna à ce recueil le titre de Hadret-annedim-rnin-tarikh-Ebn-aladim : ^*51 ^ pjjJl «La présence du commensal, extraite de l’histoire
«d’Ebn-al^im. «Bientôt après, il écrivit une pièce de vers dans laquelle il c élébrait l’expédition que les Musulmans avaient faite dans la petite Aimenie, pio-
(1) Fol. 220 r°.
(2) Fol. 223 r°.
(3) Fol. 2 1 5 r°.
(4) Fol. 2 1 5 r°.
(5) Fol. 254 r° el v°.
(6) C’est la même ville que Drummond ( Tra vels, pag. 212, 21 3) décrit sous le nom de Baab. Voyez le Diwan-alinschâ (fol. 91 v°) et Abulfedæ, Tabula Syriœ, p. 129. L’historien d’Alep (m. 728, f. i63 v0^ fait mention des cavernes d’Albab.
(7) On lit dans l 'Histoire d'Alep de Kemâl-ed-
din (man. ar. 728, fol. 261 v°) ys
bji j — â J \ ! j
« Ils traversèrent le Nahar-aldheheb ( fleuve
« d’or), et les deux partis se rencontrèrent à Bi- « rah, bourg situé dans la vallée. »
(8) C’est le même lieu qui portait le nom de (le château des Romains). Il sera question de cette forteresse dans la suite de l’histoire .
(9) Ravendan , dont parle Abou’lfeda ( Tabula Syriœ, pag. 1 2 1 ), est la même ville qui est nommée par Albert à' K\^{Historia Hierosolymitana , p. 220, 263) Ravenel ; par Guillaume de Tyr (Historia Hierosolymitana, l.X,p. 790,920 )Ravendel. Drummond (: Travels , p. 202) la désigne parlenomde
Dans le Diwan-alinschd (J. 90 v°) on lit
APPENDICE
bablement celle qui avait eu lieu l’an 710, c’est-à-dire l’année qui avait suivi la naissance de l’auteur ( 1 ).
L’année 746, ainsi qu’il nous l’apprend (2), il compila, en prenant pour guide la chronique d’Ebn-Rballikan , un recueil biographique auquel il donna pour titre Maâni- ahl-albeïan-min- kVafiàt-alaïan ^ J*s>i
«Les sens des hommes éloquents, tirés de la vie des hommes distingués. » Cet ouvrage, qui contenait l’histoire des gens de lettres, avec des échantillons de leurs compositions historiques et de leurs poésies, se composait de deux cent trente-sept articles. L’an 748 (3), il prit soin d’extraire du Divan de Nedjm-eddin- Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Moallim-Wâsiti , un petit recueil, qu’il intitula : Tahiial-almousallim-min-schir-Ebn-almoallim ^1*41 yt- ^ ^1^41 « Les
«compliments de celui qui salue, extraits des poésies d’Ebn-almoallim. » L’année suivante, la plus terrible peste dont les annales du genre humain aient conservé le souvenir, ravagea, non seulement l’empire musulman, mais les trois parties du monde, et enleva, avec une effrayante rapidité, une multitude prodigieuse de victimes. L’auteur, dont le talent poétique savait prendre tous les tons, composa des vers qu’il nous a conservés, et dans lesquels il déploie la terrible énergie avec laquelle sévissait cet affreux fléau (4). Bientôt après, il écrivit un opuscule, qui avait pour titre (5) : Moroudj-algorous-fi-khoroudj-Beibagarous ^ lyjjjyy vJ, «Les prairies des plantes, concernant la révolte de
Beïbagarous. »
L’an 754 (6), il s’attacha à extraire du célèbre ouvrage de l’imam Abd-allah- Bokhâri un recueil qui contenait environ mille traditions, et auquel il donna pour titre : Irschdd-assami-ou-alkâri-min-Sahih-A bd-allah-albokhâri LJ |
j « La direction de l’auditeur et du lecteur, d’après
« le Saliih d’Abd-allah-Bokhâri. » L’année suivante (7), il choisit dans la collection des ouvrages poétiques d’un littérateur célèbre, Abou-Ishak-lbrahim ben-
Othman-Gazzi, un recueil abrégé, qui comprenait trois sections, savoir : JjJ| pfJ I Addorr-alietim (la perle unique); Alikd-annadim (le collier enfilé),
et Arraoud-arrakim jejJ\ (le jardin bien tracé), et qu’il intitula, par allusion
(1) Fol. 98 r°.
(2) Fol. ï5o v°, 25i r°.
(3) Fol. 256 r°.
(4) Fol. 25g v°, 260 r°.
(5) Fol. 275 r° et v°
(6) Fol. 279 v°.
(7) Fol. 280 v°.
APPENDICE
au nom de l’auteur, kawaïd- Ibrahim (les lois fondamentales d’ibrahim).
fin an après (i), il composa un ouvrage qui avait pour titre Nesim-assaba L-J! (le vent d’orient), qui renfermait trente chapitres, consacrés à la littérature, et écrits tant en vers qu’en prose. Vers ce même temps (9), il se rendit à Tarabolos (Tripoli) dans l’intention de faire un voyage d’agrément. Il y séjourna 1 espace de deux années. Cette ville avait alors pour naïb-assaltanah (gouverneur) l’émir Seïf-eddin-Mendjek-Nâseri. Cet officier se plaisait à accueillir l’auteur, et le comblait de témoignages de générosité et de bienveillance. Ce fut à cette époque que notre écrivain composa un ouvrage biographique sur le kadi-alkodat Taki-eddin-Abou’lhasan-Ali . . . Sobki (3).
L’année suivante (4), il réunit dans un seul livre i° le commentaire explicatif sur le hâwi , composé par Koib-eddin-Fâli; 2°des additions impor-
tantes à l’ouvrage intitulé ldhâr-alfetawi (l’exposition des décisions juridiques), qui a pour auteur l’imam Scherf-eddin-Ebn-Bârezi. Il donna à ce recueil le titre de Tavschih-alta vdih (la broderie des éclaircissements). U était
destiné à éclaircir une partie des questions difficiles contenues dans le Hâwi , qui a pour auteur Nedjm-eddin-Kazwini.
L’an 759 (5), l’auteur se rendit d’Alep à Damas, pour présenter ses hommages à l’émir Mendjek, le même dont il a été fait mention plus haut. Il séjourna dans celte ville l’espace de trois années. Il y reçut, de la part des autorités et des savants, toutes sortes de témoignages de bienveillance et de considération. Il demeurait dans le voisinage de la principale mosquée. L’année suivante (6), il rédigea un ouvrage qui comprenait environ deux cahiers, et qu’il intitula : Schenefalmesami-fi-wasf - aldjami ^ L~4 1 (le pendant d’oreille con-
cernant la description de la mosquée). Il renfermait les louanges de la Syrie, l’histoire et la description de Damas, l’éloge de la grande mosquée des Ommiades, et le détail des peintures et des couleurs qui couvrent ses mausolées. L’auteur nous donne un extrait de ce livre.
De toutes ses compositions, la plus importante, sans contredit, est l’histoire quecontient le manuscrit arabe 688, et qui renferme le récit des événements dont l’empire musulman avait été le théâtre, depuis l’année de l’hégire 648 jusqu’en
(1) Fol. 283 v°.
(2) 1 b ici.
(3) Fol. 284 v°.
(4) Fol. 288 v°.
(5) Fol. 291 v°.
(6) Fol. 292 v°.
APPENDICE
678. L’ouvrage porte pour titre :Dorret-alasldk-fi-daulel-alatrak 'sjb
(la perle des colliers, concernant la dynastie des Turcs). Ainsi qu’il est facile de le voir, c’est une suite de l’histoire rédigée par l’aïeul, et continuée par le père de l’auteur. C’est, en effet, le même titre que celui de l’ouvrage primitif, et l’histoire est également écrite en prose rimée et cadencée. L’auteur ne survécut que d’une année à la composition de son livre; car il mourut à Alep, le vendredi, vingt-et-unième jour du mois de Rebi-second, l’an 779, à l’âge de soixante-dix ans. Alizz-Tâher, fds de l’écrivain, continua l’histoire de son père. Abou’lmahâsen , parlant de cet ouvrage, en porte un jugement sévère (1). « C’est, «dit-il, un livre peu utile et peu exact, dont j’ai eu bien rarement occasion de «faire usage. Car, l’auteur, lorsqu’il ne trouvait pas une rime qui lui plut, aimait « mieux omettre ce qu’il avait à dire. » L’écrivain (2), qui avait rempli les fonctions de secrétaire de la chambre de justice ^STs- 1 b , de secrétaire de la chancellerie h b-S”, et^ autres emplois religieux, s’était, sur la fin de sa vie, démis de toutes ses charges , et s’était retiré dans sa maison , où il se livrait exclusivement à ses travaux littéraires.
Outre les ouvrages que j’ai cités, il avait, au rapport d’ Abou’lmahâsen , composé les suivants : i° ^>1 ^ w>bf «L’ouvrage des
« exhalaisons odorantes, extrait du Tebsirah d’Abou’lfaradj. » 20 v Jb3t wilUÎ (J, «Le livre de l’étoile brillante, concernant les qualités les plus
nobles. » 3° «Le livre qui concerne l’histoire des
«dynasties, et rappelle la mémoire des temps anciens.» Cet ouvrage était écrit en prose rythmique.