IV. — LA STATIQDE ECONOMIQUE DE KICARDO
2. Aucune nécessité ne s'impose de produire des «hoses pour lesquelles il n'y a pas de demande, et dès lors il n'est pas nécessaire qu'aucune d'elles soit au-dessous de son prix naturel. Si la demande de blé est de 1000 mesures exigeant l'équivalent de 833 mesures en dépenses de production, il serait absurde d'en produire J 200 avec 1000 de dépenses, et il serait beaucoup plus judicieux d'employer 833 mesures pour obtenir les 1000 demandées,et d'employer l'équivalent des 1 (3(3 restant à quelque marchandise de commodité ou de luxe pour laquelle il y aurait une demande. Le même raisonnements applique au fer, au drap, etc.
3. Ricardo nie énergiquement que la demande de tbus les produits puisse croître en même temps et dans les mêmes proportions, mais le capital d'un pays peut toujours s'employer à produire des marchandises pour lesquelles il y aura une demande (l ). La demande pour les produits de luxe, et pour certains services tels que -ceux des serviteurs, des jardiniers, des constructeurs, etc., est illimitée, ou plutôt n'a de limites que dans les ressources des demandeurs. Si donc, dans le partage du produit brut, les travailleurs, la population restant invariable, obtiennent une plus grande proportion, la demande de certaines catégories de marchandises apparaîtra ou croîtra ; si les employeurs ont une part plus grande, ce sera pour une autre catégorie ; l'accroissement de la demande de certains produits comme le blé
sot, ch. IV, secUonlH, 1821, mais &a formule date de 1808. Voir J. lîoNAR, Maltfius and his Worli, p. 293.
J. B. Say, Correspondance avec AI . Malthus, \820, Œiar es diverses, édit (luillaumin, p. 441 ; le même sur la balance des consommations et des productions, 1824 ; ibid., p. 252 et suiv.
(i) Lctters of lUcardo to Malthus, p. 174.
n'aura lieu, au contraire, que si la population auguiente, ce qui accompagne d'ailleurs les progrès de l'aisance des travailleurs; dans tout état de société', il y aura donc une demande pour certaines marchandises ; ce sera l'intérêt des capitalistes de les produire, parce que l'échange pourra s'en accomplir à leur valeur naturelle relative ; c'est dans cette extensibilité de la demande qu'est la garantie contre les crises générales de surproduction (1).
4. D'une manière géuérale, il est impossible d'admettre que la société produise de toutes les choses propres à satisfaire ses besoins, une quantité supérieure à celle qu'elle peut consommer. Tout accroissement de demande dépendant en général d'un accroissement d'offre, aucune limite générale n'étant imposée à ces pro • grès de l'offre, il ne pouvait y avoir d'engorgement général (2).
5. C'est uniquement par suite d'un faux calcul que l'accroissement de production de certaines marchandises anticipe la demande, et provoque une surproduction spéciale. La cause de l'accroissement est évidente, elle est dans la production de choses non demandées, et dans la surproduction de choses qui l'eussent été. L'altération du rapport des valeurs, et le fléchissement des profits sont la sanction et l'indice de ces erreurs spéciales (3).
(1) Je considère les besoins et les goûts du genre humain comme illimités. Nous désirons tous ajoutera nos jouissances et à notre pouvoir. La consommation ajoute à nos jouissances, l'accumulation à notre pouvoir, et tous deux stimulent la demande. Letters of liicardo toMaltJim, p. 45.
{2) Say, Balance de la production et de la consommation, Œuvres diverses, p. 253.
(3) D. RicARDo, Principes, éd. (iuill. Mac Culloch, Principes, trad., Planche, I,p. 241 et suiv.