‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 122 sur 229 · V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE SISMONDI · texte numérisé non relu

V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE SISMONDI

venu, alors même qu'il y aurait un très grand nombre d'individus mal nourris, mal velus, mal logés. On peut, dit-il, créer beaucoup plus de richesses que les pauvres ne sont en étal d'en consommer, car il n'est nullement douteux que leurs besoins ne soient très étendus, et qu'ils ne soient très disposés à être mieux nourris, mieux vêtus, mieux logés ; mais ils n'ont rien à donner en échange^ que leur travail, ou le revenu qu'ils obtiennent en vendant leur travail.

Le revenu, la distribution annuelle du revenu social deviendra ainsi la pierre angulaire de toute la conception de iSismondi. Sismondi admet trois sources permanentes de richesses (l) : la terre, dont les forces spontanées sont dirigées par l'homme; le capital employé à salarier le travail; la i"/equi se manifeste par Xol puissance de travail dans l'ordre économique. C'est le travail qui féconde les deux autres sources de richesses. Sismondi le conçoit comme ayant la propriété de reproduire quelque chose de plus que sa propre valeur, c'est-à-dire que celle des subsistances contre lesquelles le travailleur échange sa force de travail. La valeur du produit du travail dépasse donc la puissance acquisitive des subsistances qui l'ont engendrée, le pouvoir d'échange qu'elles ont contre toute richesse autre. Si de la valeur du produit obtenu par le concours des facteurs de la production on déduit donc la valeur des matières employées, celle (lu capital fixe consommé, celle des subsistances du travailleur, il restera un excédent auquel Sismondi donne le nom de mieux-value (2) ou plus-value (3). Cette

(1) Nouveaux Principes, I, 101 et suiv.

(2) Mieux-value, voyez Nouveaux Principes, I, 103, édition de 1837.

(3) Les mots plus-value se trouvent dans Sismondi et n'ont pas

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