‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 20 sur 229 · P. 349, VIII · texte numérisé non relu

P. 349, VIII

(3; VIII, p. 349.

(4) E Halévy, La formation du radicalisme philosophiijiie, II. Vévolulion de la doctrine utilitaire, p. 128 et 146.

nécessairement acquis des lumières dont nous pouvons à peine nous faire une idée.

Dans l'hypothèse même de la réalisation de cet événement, Condorcet soutient encore qu'il n'en résulterait rien d'efîrayant, car en admettant que la raison progresse avec les sciences et les arts, l'homme réussira à contenir les excès de la population. 11 ne s'explique pas avec précision sur la forme qu'il assigne à ce que Mallhus luimême appellera plus tard la contrainte morale, d Si on suppose, dit-il, que les ridicules préjugés de la superstition aient cessé de répandre sur la morale une austérité qui la corrompt et la dégrade, au lieu de l'épurer et de l'élever, les hommes savent alors que s'ils ont des obligations à l'égard des êtres qui ne sont pas encore, elles ne consistent pas à leur devoir l'existence, mais le bonheur... » (1)

Mais le progrès moral dont Condorcet attend le refoulement d'un accroissement désordonné de la population est vraisemblablement du même ordre que celui que concevra iMalthus lui-même, comme frein normal. C'est au sentiment de la responsabilité individuelle que Condorcet, comme Malthus, fait appel.

C'est ainsi que Condorcet admet qu'il puisse y avt)ir une limite à la masse possible des habitants, sans qu'il en résulte la destruction prématurée d'une partie des êtres qui auront reçu la vie.

C'est là que Malthus s'opposera à Condorcet et que se produira l'un des conflits scientifiques les ])lus graves et les plus imposants de Tliistoire des idées. C'est là que Malthus, en ébranlant les conclusions égalitaires de Condorcet, alfroiitera l'œuvre de toute la philosophie du xvni" siècle,

(t) VIII, p. 351.

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