I. — LA DYNAMIQUE SOCIALE DE GODWIN ET CONDORCET
puissance sociale (1), et par l'organisalion du crédit. L'égalité d'instruction est destinée à exclure toute dépendance forcée ou volontaire.
Il prévoit que par les progrès de l'instruction et ceux de l'application des sciences à l'agriculture, la terre sera rendue plus productive. Dès lors, des jouissances plus étendues déterminent, dit-il, par suite de la constitution physique de l'espèce humaine, un accroissement dans le nombre des individus (2). C'est alors qu'il se pose cette question : « Ne doit-il pas arriver un terme où ces lois également nécessaires viendraient à se contrarier, oii l'augmentation du nombre des hommes surpassant celle de leurs moyens, il en résulterait nécessairement sinon une diminution continue de bien-être et de population, une marche vraiment rétrograde, du moins une sorte d'oscillation entre le bien et le mal?» (3)
M. Elie Halévy, dans son ouvrage^ a émis l'idée que Condorcet répond ici à Townsend, qui avait dit : « 11 existe un point au delà duquel la fertilité du sol jointe à l'industrie humaine ne peut rien rendre, et lorsque l'espèce humaine aura multiplié en proportion de cet accroissement maximum de nourriture, elle ne pourra aller plus loin. » (4)
Condorcet répond d'abord avec Godwin, et c'est là que leur désaccord avec Malthus éclatera, qu'il est impossible de prononcer pour ou contre la réalité future d'un événement, qui serait nécessairement fort éloigné, et qui ne se réaliserait qu'aune époque oîi l'espèce humaine aurait
(1) P. 336, Œuvrer, VIII.