III. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO
des autres choses, et il parle de cette variabilité sans paraître avoir conscience qu'il montre par là même combien sa mesure de la valeur est impropre à tout but utile. »
Rendons cette partie essentielle de la lettre saisissante en combinant les éléments de quelques-unes des hypothèses proposées par Ricardo dans sa première édition.
Admettons que la moyenne entre les deux extrêmes dont il vient de parler, consiste dans l'égalité du capital fixe et du capital circulant appliqués à la production d'une marchandise A déterminée ; c'est relativement à la valeur de ce produit, considérée comme fixe, que s'exprimeront les variations de la valeur relative d'autres produits B, C, dans la production desquels le capital fixe et le capital circulant présenteront des proportions différentes. Supposons que le produit B exige deux tiers de capital circulant et un tiers de capital fixe, tandis que le produit C exige deux tiers de capital fixe et un tiers de capital circulant. Dans les trois hypothèses, la durée du capital fixe est de dix ans, la somme totale des capitaux fixes et circulants est de 20.000 fr.. exprimée en unités monétaires qui sont admises comme invariables d'après l'hypothèse fondamentale que nous avons indiquée.
Supposons maintenant, ainsi que le réclame la lettre, que le taux des profits s'abaisse graduellement de 10 0/0 ào, i, 3 0/0.
En calculant les sommes nécessaires pour reconstituer les capitaux engagés dans la production, et assurer les profits au même taux dans chacun des cas comparés, on obtient comni(! expression de la valeur du produit annuel :
Désignation
Taux du profit
10 Vo
^Vo
Marchandise A . . .
Exprimons, dans chacun des cas, la valeur du produit A par 100.
Marchandise A .
Nous aurons pour B .
» pour G .
C'est à-dire qu'avec l'abaissement du taux des profits, l'une des marchandises (B), qui se trouve du côté de la moyejine où prédomine le capital circulant, tend à augmenter de valeur relative, tandis que celle (C) qui se trouve du côté de la prépondérance du capital fixe, tend à diminuer de valeur relativement à A.
L'amplitude maxima des variations dans les deux cas B et C est 30 0/0 de la valeur moyenne. On pourrait y joindre deux de ces hypothèses extrêmes dans lesquelles s'est complu d'abord l'esprit de Ricardo : celle dans aquelle le capital est exclusivement circulant et payé en salaires et, par conséquent, où il n'y a que du travail actuel et direct (D), celle dans laquelle le capital est exclusivement fixe et où il n'y a que du travail passé dans la production (E), car cette dernière hypothèse a été développée par Jiicardo lui-même, et on a vu cette chose plaisante que Constancio, le traducteur de la première édition, n'a pas voulu y croire, car il fait disparaître le membre de phrase qui rend la pensée de Ricardo. Celui-