‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 89 sur 229 · IV. — LA STATIQUh; ÉCOiNOMIQUE DE RICaRDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUh; ÉCOiNOMIQUE DE RICaRDO

l'exclusion aux richesses naturelles non l'ol ont aire ment onpropriées ; il semble qu'il eût donné un caractère définitif à cette partie de la science en élargissant la notion des richesses naturelles, sauf à distinguer celles qui sont appropriables de celles qui ne le sont pas, et parmi les richesses appropriables, à distinguer celles qui exigent un travail de celles qui n'en exigent pas. Il a confirmié la distinction de la richesse et de la valeur que Ricardo (ch. xx) a établie d'une manière si remarquable. La notion du travail productif est inséparable de celle de la lichessemème ; là encore il s'est opposé justement à l'extension de la notion de productivité, aux services utiles, aux travaux appliqués aux personnes, non aux choses, et il a substitué l'heureuse qualilication de services personnels à celle de travaux improductifs de Smith, qui rappelle trop les qualifications de stériles et de stipendiés des physiocrates et de Turgot.

11 est peu de morceaux sur la méthode scientifique supérieurs à l'introduction aux Principes de V économie politique de Malthus. il ne se propose point, malgré la généralité du titre, de publier un traité systématique sur la science de l'Economie politique. L'entreprise est encore prématurée et doit être suspendue jusqu'à ce que les dillérentes controverses nées depuis Adam Smith soient résolues ; son but est uniquement de préparer ce corps régulier de doctrines destiné à remplacer l'œuvre de Smith en des parties essentielles. Or, la source principale des erreurs, à ses yeux, est dans la précipitation avec laquelle les économistes ont cherché à simplifier et à généraliser. Ce désir de simplifier a fait naître une sorte de répugnance à admettre Taclion simultanée de plusieurs causes au lieu d'une seule pour rendre raison de certains elîets : toutes les fois qu'une cause quelconque a

paru suffisante pour expliquer en grande partie un certain ordre de phénomènes, on lui en a attribué la totalité, sans avoir suffisamment égard aux faits qui se refusaient à cette explication. De là pour iMaltlius la nécessité absolue d'introduire des modifications et des exceptions à plusieurs propositions importantes admises en Economie politique. La préoccupation manifeste et dominante de Mallhus est ainsi de revenir à l'élude des phénomènes sociaux dans toute leur complexité, de tenir un compte aussi exact que possible, comme il le dit, de toutes les causes qui concourent à la production des divers phénomènes.

Cette préoccupation se lie intimement au caractère pratique qu'il assigne à la science, car l'Economie politique à ses yeux est une science essentiellement pratique, applicable aux affaires ordinaires de la vie humaine. Or, c'est dans la pratique que les théories basées sur la considération exclusive de certaines causes générales, révèlent leur danger, car elles sont impuissantes à expliquer les effets produits par des causes particulières négligées, et elles entretiennent parla le scepticisme dans les esprits, elles les portent à rejeter les bases fondamentales de la doctrine, en accusant d'ignorance et de mauvaise foi ceux qui les préconisent sans cesse. C'est pourquoi il est indispensable de réunir à la plus parfaite sincérité la plus grande exactitude possible, fondée sur l'examen approfondi de l'ensemble de toutes les circonstances qui peuvent influer sur les résultats.

Assurément, les investigations de la science peuvent être telles qu'elles ne fassent pas apercevoir leur utilité ' immédiate dans la pratique. Mais n'en a-l-il pas été ainsi dans les sciences physiques et chimiques et combien d'inventions utiles et d'applications précieuses n'aurions-

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