IV. — LA. STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO
la classe E comprenne les terres dont le produit, s'il était payé 13 shillings la mesure, couvrirait les charges sans aucune rente ; et que de même les classes D, C, B et A comprennent les terres dont le produit, s'il était payé successivement 12, 11, 10, 9 shillings par mesure, paierait exactement les charges de la culture sans aucune rente.
« Supposons maintenant que tous les hahitants de la contrée puissent être soutenus par le produit des quatre premières classes, A, B, C D. Il est évident que si le prix de vente unique de l'avoine était de 12 shillings par mesure, ceux qui possèdent les champs D pourraient simplement les cultiver sans payer aucune rente ; et s'il n'y avait pas d'autre produit qui put être obtenu avec des dépenses moindres que l'avoine, le fermier ne pourrait acquitter aucune rente quelconque au propriétaire. Dans ces circonstances, il est évident aussi que les premiers occupants des terres de la classe C pourraient payer non seulement les dépenses de culture, mais encore acquitter une rente de 1 shilling par mesure davoine produite : et de même, les possesseurs des terres B et A pourraient acquitter une rente égale à 2 et 3 shillings par mesure de leurs produits respectifs... »
Cannan a remarqué justement que l'auteur de ce lumineux exposé n'a pas évalué le nombre des mesures produites par acre(I). Cela est vrai, mais on peut aisément suppléer par le calcul à cette omission. En effet, Auderson admet que les dépenses de culture de la terre F sont exactement couvertes sans plus, quand le prix de la mesure est de 14 shillings. Supposons dès lors que le nombre des mesures recueillies sur la terre F soit de
(1) Cannan, p. 373.
10 par acre. Nous pouvons tiès aisément calculer le produit moyen des autres terres, à l'aide de l'échelle des prix marquant la limite des dépenses de production qui ne leur laissent aucune rente, et qui sont respectivement pour
de 13 12 11 10 9 shillings.
Les produits seront dès lors par acre
mesures 10 10.8 11.7 12.7 14 13.5
Le calcul de la rente par acre sera dès lors très simple.
Anderson ne dépassait pas la théorie statique de la rente ; loin d'en préparer la dynamique, il niait d'avance ce qui devait en être le principe. Il écrivait en effet en 1801 : « Le cultivateur peut ajouter à la productivité du sol d'année en année, de manière à maintenir l'équilibre des subsistances avec la population quelle qu'elle puisse être. » (1)
Edward West, dans son écrit : Application of capital to land (1815), Application du capital à la terre y a formulé le principe de la théorie dynamique de la rente : « C'est le taux décroissant du rendement sur des portions additionnelles du sol qui règle la rente. » Il retrouvait la loi découverte par Turgot, mais avec des rapports nouveaux.
« Si le capital pouvait être dépensé indéfiniment sur le sol avec le même avantage, le produit serait dès lors illimité et il aurait le même effet sur la rente qu'une quantité illimitée de terre propre à la culture. Dans les deux
(1) To Keep pace with his population, J. Anderson, cité par Cannan, History of the théories, etc., p. 14o.