‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 93 sur 229 · IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

cas, la rente serait très petite. Mais c'est la nécessité d'avoir recours à des terres moins fertiles, et d'appliquer au sol cultivé le capital avec un avantage diminué, qui accroît la rente. Ainsi, si dans le cas d'une demande croissante de grain, le capital pouvait être appliqué avec le même avantage qu'antérieurement, le coût de production de la quantité additionnelle de produit serait le même qu'auparavant, le commerce ramènerait bientôt le prix actuel à ce coût de production, et il n'y aurait pas d'augmentation de rente.

« Mais à chaque demande nouvelle de blé, comme je l'ai montré, le capital appliqué à la satisfaire l'est avec un avantage moindre. Le coût de production de la quantité additionnelle demandée est accru, et le prix actuel de cette quantité doit dès lors s'élever. Mais le grain qui a été obtenu avec des dépenses inférieures, sera vendu au même prix que celui qui a coûté les frais les plus élevés, et par conséquent le prix de tout le grain est accru par l'accroissement de la demande. Cependant le premier ne gagne que les profits ordinaires de son capital, et il en est ainsi même pour le grain qui est produit avec les plus grandes dépenses : dès lors, tout le profit additionnel sur la partie du produit qui est obtenue aux moindres dépenses, va au propriétaire sous la forme de rente. »

Supposons en effet, avec West, 10 acres de terre qui rapportent 20 0/0 pour un capital de 100 £ ; 10 autres acres donnant seulement 19 0/0 et ainsi de suite :

Cultures

Capital

Produit net

acres

iOO

18 etc., etc

Si les profits du capital sont de 10 0/0, les derniers 10 acres ne pourront être loués, ils devront être cultivés par le propriétaire du sol ou ne rapporteront de rente que comme terre à pâture, mais les dix acres qui rapportent 11 0/0 paieront, après avoir acquitté le profit du capital, 1 0/0 de rente ; et comme le grain recueilli sur les 10 meilleures acres se vendra au même prix que celui qui sera recueilli sur les 10 plus mauvais, cette terre paiera au propriétaire 10 * de rente, les terres d'un degré immédiatement inférieur 0 i et ainsi de suite.

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Supposons maintenant que le prix du grain augmente et que les prolits des derniers dix acres s'élèvent do 10 € à 11 *, il est évident que des terres moins fertiles seront appelées à la culture, que les 10 acres qui auparavant ont exclusivement payé les profits du capital, rapporteront actuellement une rente, et que la rente s'élèvera pour toutes les autres.

Par la même rajson, si le prix du grain s'abaisse de manière à réduire les profits de 1 0/0 sur la dernière terre, sa culture sera délaissée, la rente disparaîtra pour l'avant-dernière terre et s'abaissera pour les autres.

Telle est la contribution essentielle de West à la théorie de la rente.

L'opposition des méthodes et des tendances éclate entre Malthus et Ricardo dans la théorie de la rente. Malthus assigne au phénomène trois ordres de causes,

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