‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 116 sur 220 · V. — L*ŒDVRB CRITIQUE DE 8ISM0NDI · texte numérisé non relu

V. — L*ŒDVRB CRITIQUE DE 8ISM0NDI

TEcole est dans la[méthode abstraite et déductive^ elle se propose Tétude de la richesse, considérée à pari de rhomme qui la produit et la consomme ; et dans cette étude, elle remonte à certaines causes des phénomènes économiques^ elle les isole, elle en déduit des conséquences^ faisant abstraction de IsC complexité même de la réalité historique, c'est ainsi qu'elle tire des équations que la pratique ne vérifie jamais ; faisant par sa méthode abstraite, de la richesse, moyen du bonheur social, une fin, elle cesse d'être une science deThomme, pour devenir une science des choses, des richesses (chrématistique). Tout le système dès lors se résume en quelques mots: tendre à accroître la richesse, faire produire beaucoup et produire avec les moindres frais. Elle subordonne les progrès de la prospérité aux progrès de la production ; partant de ces données que les désirs humaine sont illimités, que tout produites! en même temps moyen d'échange, elle pousse à une production sans frein, niant a priori les encombrements et les crises ; elle fait, dans ces déductions redoutables, abstraction des conditions historiques de la société, de la séparation des intérêts du capital et du travail, et la périodicité des crises apparaîtra comme une sanction de cette division grandissante. Produire à peu de frais, c'est aboutir à perdre de vue et à méconnaître Vhomme : c'est solliciter l'intérêt de la classe dirigeante des entrepreneurs capitalistes à une concentration toujours croissante des capitaux et des entreprises, à une épargne toujours plus grande du travail humain ; c'est, dans la lutte la plus inégale des intérêts, développer tous les avantages de la grande culture, de la grande industrie, sans doute, mais en oubliant que cette concentration rejette dans le salariat^ et livre à Finstabilité du marché, un nombre de, plus en plus considérable de travailleurs Denis II. 19

jadis autonomes ; c!est dérouler toutes les conséquences du laisser faire, dans les conditions de la plus grande inégalité de puissance ; c'est mettre aux prises des masses d'ouvriers salariés, sans garanties, avec un petit nombre de riches de plus en plus puissants; c'est creuser de plus en plus profondément l'abîme qui les sépare ; c'est livrer cette masse elle-même à une concurrence intestine qui tend à ramener sans cesse au minimum la récompense du travail ; [c^st confondre finalement rintérêl social avec la réalisation du plus grand produit net possible, par la classe des entrepreneurs capitalistes^;^ Sismondi n'accuse pas les économistes de faire Jiaitre les événements du monde industriel, ces événements se déroulent sous Tempire de la concurrence sans frein, dans des conditions d'une extrême inégalité de puissance; mais il leur reffroche d'applaudir avec ardeur à l'évolution qui s'accomplit, d'appeler toutes les énergies latentes à y participer, de condamner toute intervention de l'Etat qui la régulariserait.JA Nassau Senior; qui s'efforce de justifier la science des richesses, comme le fera Gairnes, en la confinant dans le domaine de la théorie pure, en lui interdisant de donner môme un conseil pratique, si vraies que soient'ses conclusions, et en laissant à la législation la mission de réaliser le bonheur social, Sismondi répond en montrant ce qu'a de décevant cette distinction de la science abstraite des richesses et de la science de la législation : jamais les économistes neTont respectée, et jamais ils n'ont abouti à une conclusion sans en demander l'application immédiate.

Telle est la science dont Sismondi a dit : «M. Ricardo, qui est regardé comme ayant fondé une ère nouvelle en Economie politique, et dont les nombreux disciples répètent aujourd'hui les oracles, allait plus loin encore que

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