‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 122 sur 220 · V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE SïSMONDI · texte numérisé non relu

V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE SïSMONDI

politique, c'est la balance de la consommation avec la production. C*est qu'en effet, dans un état social basé sur la division du travail, tout producteur est obligé de vendre son produit pour obtenir indirecteïnent,par rechange, la satisfaction de ses besoins : la vie de tout producteur dépend de la vente de son produit. (Jelui qui ne vend pas^ dit Sismondi, ne peut vivre (1). C'est là ce qui caractérise la phase de révolution sociale où les richesses deviennent de plus en plus des richesses commerciales. Les richesses territoriales sont acquises par un échanjjie d<e travail avec la nature, les richesses commerciales sont acquises, pour être consommées, par des échanges entre les hommes. Toute richesse qui échappe à l'échange et à la consommation, perd sa destination sociale qui est de servir à la satisfaction des besoins de Thomme. Tout producteur, qui ne réussit pas àverser par l'échange, dans le fonds de consom. mation, les richesses qu'il a produites,est impuissant à reconstituer le capital appliqué à la production, à renouveler la production même, et le mouvement social delà richesse qui assure la continuité de la vie collective, comme la balance de l'assimilation et de la désassimilation assure la vie individuelle, est plus ou moins profondément troublée. Le problème qui s'impose alors immédiatement, est de savoir sur quoi se règle la demande d'un produit, et comment la balance de la production et de la consommation est assurée. C'est ici qu'éclate l'antagonisme entre TEcole chrématistique et Sismondi (2).

Comment se réalise l'équilibre de la production et de la consommation ? Il se réalise de lui-même, répond l'Ëçole chrématistique, dans des conditions d'une liberté absolue des échanges.

(1) Etudes, I, p. 82, Bruxelles, 1838.

(2) EtxAdes, II, 164 et sniv. Bruxelles, 1838.

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L'Ecole chrématistique avait pour caractère de considérer la richesse d'une manière abstraite, comme si tout accroissement de richesse devait nécessairement correspondre àun accroissement de jouissances pour l'ensemble de la communauté (1). La tendance fondamentale de rhomme à améliorer son sort, que Smith a prise comme principe de son œuvre, le détermine à acquérir le phis de richesse possible avec le moins d'efforts possible : dans l'état de libre concurrence absolue, chaque producteur tend à accroître la richesse, en produisant beaucoup, et en réduisant les frais de production. Cependant cette tendance à accroître la production d'une manière illimitée ne forme pas obstacle, aux yeux de TEcoIe chrématistique, à l'équilibre constant et nécessaire de la production et de la consommation. Considérant la richesse d'une manière abstraite, indépendamment des classes entre lesquelles elle se distribue, elle admet que tout produit nouveau réalisé, qui vienl accroître Voffre sur le marché ou la quantité de produits offerte à l'échange, accroît aussi, d'une manière constante, la demande d'autres produits, c'est-à-dire la quantité d'autres produits demandée en échange, puisqu'il a une valeur échangeable et une puissance d'achat. Ainsi, d'une manière abstraite yVoQvQ^X la demande sont indissolublement unies, et ne sont en définitive que les deux aspects d'une seule et même chose (2). Supposons, disait familièrement l'Ecole, cent laboureurs produisant mille sacs de blé, et cent fabricants en laine produisant mille aunes d*étoifes : faisons abstraction de tous les autres produits. Ilséchait^ geront leurs mille aunes contre leurs mille sacs. Suppo-

{{) Etudes, I, p. 53, Bruxelles, 1838.

(2) Etudes, I, p. 72.

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