‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 134 sur 220 · V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE ET LES CRISES · texte numérisé non relu

V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE ET LES CRISES

grandes manufactures de la consommation des riches, et de faire consommer surtout des produits de luxe exilant une inain«d*œuTre chère et des matières d'origine lointaine.

C'est à l'étude de l'influence des machines et des in* Tentions industrielles, que se rattachent les controverses mémorables que Sismondi eut successivement]|avec Mac GuUoch, Ricardo, Say, en 1820 et 1824. Plusieurs études publiées sous le titre général : Eclaircissements relatifs à la Balance des consommations avec les productions^ s'y rattachent: le plus important de ces écrits est de 18! 4, peu après la mort de Ricardo^ qui, dans la dernière année de sa vie, avait visité Sismondi à Genève. Sismondi rappelle avec émotion les trop courts entretiens qu'il eut alors avec TiUustre représentant de TËcole chrématistique ou abstraite, et où s'agita cette grave question de la balance des consommations avec les productions, sur laquelle Sismondi revient tant de fois, parce qu'il la tient pour prépondérante en économie politique, et qu'elle est vraiment 1 ame de son œuvre. Dans son débat avec Ricardo, reproduit en 1824, il donne à sa pensée l'expression la plus simple, et j'ai pu la traduire en un diagramme.

Une invention appliquée à la culture ou à l'industrie et augmentant la productivité du travail n'entraînera de rupture d'équilibre entre la production et la consommation, que par la réunion des deux circonstances suivantes :

l^si cette application de l'invention n'a pas été provoquée par une demande antérieure de travail, et par conséquent, nous le savons, par un accroissement antérieur de revenu ; si elle se résoud uniquement en une diminution de main-d'œuvre pour réaliser le même produit qu^ auparavant ;

2"^ si la distribution des richesses est telle dans la société, que les travailleurs salariés forment une classe distincte des entrepreneurs-capilalistes-propriétaires, qui bénéficieront directement des inventions productrices (1). Un exemple hypothétique comme celui de Sismondi fera mieux saisir sa pensée. Supposez qu'il s'agisse de la culture du sol : qu'un propriétaire-cultivateur emploie un certain nombre d'ouvriers à produire le blé, et que des inventions accroissent la productivité du travail :

1° Au début, le propriétaire obtient 120 sacs de blé

avec dix ouvriers — JOO sont payés comme salaires à

ces ouvriers ; 20 restent au propriétaire comme revenu.

Les ouvriers consomment directement 3U sacs.

lis échangent contre les produits des manufactures des

pauvres : 70 sacs.

Le propriétaire consomme directement 10 sacs. Il échange contre les produits manufacturés : 10 autres sacs.

2° Une invention appliquée à la culture réduit la maind'œuvre nécessaire pour produire la même quantité de blé ; chaque ouvrier peut produire 18 sacs au lieu de

Le propriétaire réduit le nombre de ses ouvriers à 7 au lieu de 10 pour obtenir le même produit, même un produit supérieur : 126 sacs, en payant le même salaire à chaque ouvrier individuellement. La part du travail tombe à 70 sacs, celle du maître s'élève à 56 sacs.

Des 70 sacs recueillis par les ouvriers, 21 serviront à leur consommation directe, 49 seront échangés contre les produits des manufactures des pauvres.

(1) Nouveaux Principes, II, 417 et suiv.

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