‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 140 sur 220 · V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE BT LBS CRISES · texte numérisé non relu

V. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE BT LBS CRISES

par les revenus individuels, soit par le revenu de TEtaty pour favoriser la demande des produits, et mettre en jeu r activité indispensable à l'entier développement des ressources du pays; suivant le mot de SismoHdi, Malthus trouvait un motif d'affirmer que les prodigalités mêmes du gouvernement avaient quelquefois servi la richesse publique, en créant une classe d^oisifs et de consommateurs^ sans laquelle la production aurait été bientôt arrêtée par Tencombrement des marchés, et Say parlait avec ironie de Tadmiration de Malthus pour la sagesse de la Providence, qui a permis qu'on nommât des bméficiers oisifs chargés du doux emploi de jouir et de consommer^ sans rien faire, les fruits péniblement créés par leurs semblables [V^. Si Malthus s'accordait avec Sismondi sur la possibilité de crises générales, il ne pouvait évidemment accueillir la pensée dernière du rénovateur de la science; là reparaissait son accord avec Bicardo contre Sismondi : « Je ne saurais en aucune manière partager ses craintes au sujet des machines^ et encore moins admettre le vœu qu'il manifeste de voir intervenir fréquemment le gouvernement, dans le but de protéger des individus et des classes entières de la société contre les suites de la concurrence (2). » Pas plus que Ricardo^ Malthus n entend ébranler les fondements juridiques de la société de son temps» et de même qu'il s'accorde avec Ricardo pour reconnaître que les causes qui encouragent et découragent l'accroissement de la richesse, dépendent surtout du taux des proGts (3),

(1) J.-B. Say, Sur la balance des consommations et des productions {Œuvres diverses, éd. Guiil. p. 251).

(2) Malthos, Principes, édit. Guili., p. 323.

(3) Article Poliiical Economy, dans Quarterly Reviexv, January, 1824, p. 332.

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de même il professe avec lui et Say que le droit de propriété est intangible, que TËtat doit s'abstenir de toute intervention dans les rapports du travail et du capital. Aiùsi risolement de Sismondi parmi les économistes marque un moment décisif dans Tbistoire des idées ; son œuvre critique renferme en puissance toutes les constructions idéales du droit économique socialiste, sans cependant qu'il veuille et puisse la traduire actuellement en aucune d'elles (i).

Dans le livre V des Nouveaux Principes consacré à la monnaie et au crédit, Sismondi complète l'exposé des causes des perturbations de Tordre naturel des sociétés économiques. Son bel Essai sur le numéraire et les banques se rattache directement à cette partie de soa œuvre. Il distingue nettement, comme Pavaient fait les physiocrates et Smith, la monnaie des biens consommables, soit qu'on les destine à la jouissance (revenu), soit qu'on les destine à la reproduction (capital). La monnaie n'en est que la mesure, le signe, elle est Tinstrument de leurs échanges. Mais pour faire circuler dans la société la masse totale de ces richesses, il admet qu'il faut que la masse de monnaie soit en une certaine proportion avec celte masse de richesses, proportion variable avec la quantité des produits à faire circuler, et avec la vitesse de circulation de la monnaie elle-même, ce que Mill appellera Vefficiency (2). Au delà de cette proportion nécessaire, l'accroissement de monnaie ne peut plus qu'amener la hausse des prix. L'un des problèmes qui ont préoccupé Sismondi est celui de la stabilité de la valeur de la monnaie dans le temps ; la mesure de la va-

(1) Nouveaux Principes, édition de 1827, II, p. 463.

(2) Nouveaux Principes, II, 8 et suiv. et p. 118-120.

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