‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 147 sur 220 · V. — LA POPULATION KT LA STATIQUE SOCIALE · texte numérisé non relu

V. — LA POPULATION KT LA STATIQUE SOCIALE

degré de stabilité du revenu de leur travail : aussitôt qu*une demande nouvelle de travail élève le salaire et augmente leur revenu, ils cherchent dans le mariage une nouvelle source de bonheur ; si Télévation du salaire n'a été que momentanée, la population est tout à coup disproportionnée avec la demande de travail, et se trouve précipitée dans la plus horrible misère. Aussi Sismondi ne trouvera de remède à l'excès de population, qu'en mettant un terme à cette dissociation du travail, du capital, de la propriété.

(( Ce n^est pas la classe des pauvres, c'est celle des journaliers qu'il faut faire disparaître, qu'il faut faire rentrer dans celle des propriétaires {\), Il n'y aura de bonheur pour les classes industrielles, il n'y aura de progrès réel et durable vers la prospérité, que lorsqu'on aura trouvé un moyen d'établir uue communauté d'intérêts, au lieu d'une opposition entre l'entrepreneur des travaux et tous ceux qu'il fait travailler^ lorsqu'on aura appelé l'ouvrier des champs à une participation dans les récoltes, les ouvriers des manufactures à une participation dans leurs produits. »

En second lieu, il peut y avoir aussi un excès relatif de la population quand la population restant stationnairCy la demande de travail se contracte et décroît (2).

Jci reparait la question des machines sous un nouvel aspect.

Le progrès industriel se caractérise par des méthodes économiques propres à produire les mêmes quantités de richesses, par l'emploi d'un moindre nombre d'ouvriers. Tel est Teffet des machines. Aussi longtemps qu^une

(1) Nouveaux Principes, II, p. 309.

(2) /d., II, p. 317.

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nation trouve devant elle des débouchés nouveaux^ les découvertes industrielles sont avantageuses, parce qu'elles ne diminuent pas le nombre des ouvriers et augmentent la masse des produits. Mais quand le monde civilisé ne forme plus qu'wn seul marché^ la demande totale des produits est alors une quantité définie^ non élastique, que se disputent les diverses nations industrielles (1). Tout ce (]uc Tune fournit en plus est au détriment de Vautre. Les débouchés ne peuvent plus croître en étendue, mais ils peuvent encore <:roître en intensité; les produits, consommés d'abord par les riches, peuvent être, par des diminutions de prix, accessibles aux pauvres ; mais, une fois les limites de la consommation atteintes, lus progrès des machines, cessant de s'accompagner dune augmentation du nombre des consommateurs, s accompagnent d'une diminution du nombre des producteurs, puisqu'ils se résolvent dans l'épargne du travail humain (2).

On objecte que l'économie de travail humain réalisée sur un produit, tendant à en abaisser le prix sous l'empire de la concurrence, le consommateur appliquera à .une dépense nouvelle, provoquant une demande de travail correspondante, la portion de son revenu épargnée Ci). Sismondi répond que la réduction du prix du produit n'est pas proportionnelle à la réduction de la quantité de travail, et qu'en réduisant, par exemple, de 100 à 1 le nombre des ouvriers employés à une fabrication, on ne réduit pas le prix au centième, carie prix de revient renferme autre chose encore que des salaires.

(1) Nouveaux Principes, II, p. 312.

(2) Id.. II, p. 316-317.

(3) id., II, p. 322-323.

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