V. — l'ŒDVRB critique BT ORGANIQUa DB SJSMONDI
dit Sismondi, que Thomnie qui s'engage dans une manufacture commence, il est vrai, par travailler simplement pour un salaire, mais qu'il ait devant lui Tespérance d'arriver^ par sa bonne conduite, à une part dans les proQts de Tentreprise. » La solution du problème de la répartition des richesses et celle du problème de la population seraient atteintes en même temps, à ses yeux, si la classe ouvrière arrivait à acquérir un droU et une propriété (1) dans rétablissement auquel elle consacre ses sueurs^ si une moitié des bénéfices était alors répartie entre les ouvriers associés, tandis que l'autre passerait au bailleur de ionds, et si les ouvriers ne se mariaient janutis avant qu'ils fussent associés.
Sismondi formule là, non seulement le plan d'une participation des ouvriers aux bénéfices, mais celui d'une participation progressive à la propriété du capital de l'entreprise, comme nous en rencontrons à peine quelques types aujourd'hui : la maison Leclaire, la maison Godin en France, la maison Thomson en Angleterre. (Voir le livre de Schloss sur les Modes de rémunération du tra^ vait). Aussi, se hàte-t-il de dire que cette utopie peut bien être l'objet des vœux du législateur, mais qu'elle serait difficilement l'objet des lois.
Cette participation progressive de l'ouvrier agricole et de l'ouvrier industriel aux profils et à la propriété ne peut se réaliser, en effet, d'après lui, qu'en combinant l'action du législateur avec le plus grand respect de la liberté individuelle (2). Seulement Sismondi admet que dans la liberté individuelle, il y a des éléments qui ne sont que des concessions sociales, qui sont donc modi-
(<) Nouveaux Principes^ II, p. 338.
(2) Nouveaux Principes ^ p. 346.
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fiables par le législateur; c'est dans ce domaine du droit économique historique, que Sismondi va chercher le principe du droit de protection de l'ouvrier contre la force de la concurrence illimitée tendant sans cesse à réduire son salaire au-dessous du nécessaire (1).
La consécration de ce principe juridique, ce sera l'œuvre du Ic^gislateur ; il sera dans la pensée de Sismondi le levior qui permettra, si je puis ainsi dire, de soulever le prolétariat tout entier, de l'élever jusqu'à la condition d'associé, en communiquant à l'action intéressée et libre des classes capitaliste et propriétaire, une direction toute nouvelle et tout opposée à celle qu'elle suit, dans les conditions d'une concurrence anarchique (2), C'est là ce qui nous reste à comprendre et re à quoi les historiens de la science et les critiques de Sismondi sont loin d*avoir donné une suffisante attention.
Reconstituons sa pensée le plus simplement possible.
Dans Tordre naturel des choses, rien ne nécessite la séparation des propriétaires, capitalistes, entrepreneurs et des travailleurs ; cette séparation d'intérêts n'est que la conséquence de l'organisation artificielle que l'on a donnée à la société humaine. Or, tout ce qui est d'origine humaine et historique peut être modifié par l'homme, et le législateur peut reviser les institutions qu'il a faites. Son intervention est légitime si l'intérêt social souffre de cotte dissociation des intérêts individuels et de leur antagonisme.
Si les intérêts individuels étaient confondus en un seul intérêt, l'intérêt social ne subirait aucune lésion. Si tout propriétaire cultivait ses terres de ses mains en
(i) Nouveaux Principes, p. 35.
(2) Nouveaux Principes, p. 333.