‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 172 sur 220 · VI. — ROBBRT OWBN · texte numérisé non relu

VI. — ROBBRT OWBN

ture et de l'industrie. Somerville ajoute : « La population du voisinage les redoutait au début, mais aujourd'hui elle les respecte. Ils ont introduit de meilleures méthodes de travail ; au milieu d'une contrée pauvre, ils ont créé la richesse ; il ont distribué l'éducation à une masse ignorante ; là où Ton né se faisait pas remarquer par une conduite morale, ils se sont montrés comme un exemple qui commande le respect » (1).

La colonie succomba cependant en 1844 sous le poids des charges.

Avec l'expérience de Queenwood se termine la carrière pratique de R. Owen. Il avait alors 73 ans; au moment où cette tentative prenait fln, les pionniers de Rochdale ouvraient une phase nouvelle de la coopération.

L'activité intellectuelle d'Owense prolongea au delà de son activité pratique. Il put saluer la constitution de V Association pour C avancement de la Science sociale, et lire au Congrès de 1857 un mémoire intitulé : La race humaine gouvernée sans punitions. 11 avait alors 86 ans. L'année suivante, il voulut encore, malgré l'affaiblisse* ment de ses forces, assister au Congrès de Liverpool. James Rigby l'accompagna, mais il était évident que la fin approchait. Use fit transporter dans une chaise à porteurs pour y lire son dernier mémoire. Mais au moment où il commençait son discours, il s'affaissa. 11 voulait cependant mourir dans sa ville natale, Newtown. 11 eût voulu même revenir à la maison natale.

Le 17 novembre 1858, Robert Dale Owen, le fils aîné, , écrivait : x< Tout est fini. Mon cher père a succombé ce matin, à sept heures moins le quart, avec autant de calme et de douceur que s'il s'était endormi. 11 n'y eut pas le

{i) Lloyd Jonbs, Life y Time and labours of R, Owen, 2« édition,

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moindre combiit ni la contraction d*an seul musde, ni fexpresBion d'aucune souffrance sur le visage. La respiralion s'est ralentie pefi à peu, jusqu'ft ce qu'elle reprit si imperceptiblement que^ même en lui tenant la main, il m'a été impossible de dire à quel moment son souffle s'est éteint. Ses derniers mots distinctement prononcés oui été : Relief has come^ Tapaisement est venu. •

C'est ainsi que prit fin Tune des plu« grandes vie6 qui aient été consacrées à Thumanité.

§ 3. La Statique de R. Ov^ren. Les Grises «t le problème eociml. — C'est en mars 1817^ dans son rapport au Comité de la loi des pauvres formé au sein de la Chambre des Communes, que R. Owen, au nom de Tas* sociation pour venir en aide aux ouvriers des manufactures, exposa d'abord les causes générales de la détresse de ceux-ci ; il y élargit la question en 1818, dans ces deux mémoires adressés aux puissances et aux membres du Congrès d'Aix-la-Chapelle, qui sont, à près d'un siècle d'intervalle, une introduction éloquente et solennelle à l'œuvre contemporaine d'entente internationale sur la législation du travail; il y revint, plus décisif et plus pressant encore, en 1820, dans son rapport au Comité de Lanark sur un plan pour soulager la détresse publique; témoignages manifestes de la généralité des crises indus^ trielles et commerciales, et de Inconstance qu'il assignait à l'opération de leurs causes. La cause immédiate c'était la dépréciation du travail humain ; la cause plus éloignée, c'était Tintroduclion des machines et leur progrès désordonné dans les manufactures en Europe et aux Etats-Unis, surtout dans la Grande-Bretagne, où (a révolution industrielle, grâce à une série d'inventions, fat extraordinairement rapide.

Owen évalue la force des machines en équivalents de

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