‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 174 sur 220 · VI. — LA STATIQUB D*OWIÏN · texte numérisé non relu

VI. — LA STATIQUB D*OWIÏN

par la contraction de la demande des produits de la ferme et des manufactures, sur lesquelles se réfléchissait la misère des travailleurs.

La lutte des classes apparaissait à Owen comme la conséquence inévitable de la révolution industrielle .\ ff Dans tous les pays, la masse du peuple tire sa subsistance de la valeur nominale de son travail, qui s'élève ou s'abaisse selon le principe général de l'offre et de la demande. Le but fut atteint d'une manière tolérable, aussi longtemps que le travail manuel intervint principalement dans la production des richesses : mais il n'en fut plus de même après Tintroduction de la puissance illimitée des machines : il en résulta une disproportion au plus haut degré défavorable entre l'offre et la demande du travail manuel, et chaque jour^ dans les progrès non réglés de cette puissance, cette disproportion va croissant. Aussi longtemps que subsistera la dépression du travail manuel, la masse du peuple sera soumise à la misère, alors qu'un très petit nombre d'individus restera en possession de la richesse accumulée, mais dans des circonstances qui ruineront leur propre bonheur, cai ces privilégies sont perpétuellement livrés au déchaînement des passions mauvaises, et aux conflits qui doivent se produire dans un aussi lamentable état de société. 11 n'est pas possible, avec les connaissances répandues actuellement dans le monde et toujours progressant^ qu'une telle situation subsiste longtemps » (i).

Ainsi une surproduction générale s'accompagnait du chômage d'un grand nombre de travailleurs, la suractivité du machinisme, de l'inaction d'une grande partie des forces physiques et mentales de l'homme. Il n'y avait

(1) Second mémorial to the allied Powers (1818), ibidem, p. 220»

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d'autre perspective qae de rédaîre la ^Miissance des ma*» chioes, ou de laisser périr de faim des milliers d'êtres humains^ ou enGn de recourir à des arrangemeatssiKriaax nouvesux, propres à assurer de l'emploi aux oavriers sans travail.Celte dernière solution esl la seule à laquelle pouvait s'arrêter Owen. Il ne s'agissait donc nullement de refouler ou d'amoindrir la puissance économ:qiie nouvelle^ mais, en restituant à un emploi prodoctif toutes les forces humaines inemployées, de soumettre le machinisme au travail, au lieu de livrer le sort du travail aa développement desordonné du machinisme (I). Cette puissance scientifique des machines se développant dana les deux mondes, le problème avait un caractère iater* national : d'ailleurs les mesures isolées pouvaient nuire à la nation initiatrice, se plaçant elle-même dans des conditions inférieures de concurrence ; c'est pourquoi il adressa successivement deux mémoires, Tun aux gouvernements d'Europe et d'Amérique, l'autre aux nations alliées réunies en Congrès à Aix-la-Chapelle ; il est le père véritable de la Législation internationale du travail. < Cet accroissement de puissance, dit-il dans un rapport célèbre (2), s'étend aux autres nations. Elle est déjà suffisante pour saturer le monde de richesses, et cependant cette puissance continue à croître en raison accélérée. Il semble que l'effet naturel de l'aide ainsi obtenue de la science, devrait être d'ajouter à la richesse et au bonheur de la société, en proportion de Taccroissement de cette puissance nouvelle, si elle était judicieusement dirigée^ et si toutes les parties de la société en jouissaient substantiellement. Au contraire, il faut reconnaître que les

(1) Voyez Report on the poor 1817.Appendix to the Life of Owen^ p. 55.

(2; Report to county of Lanark,^8J0, ibid, p. 264.

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