VI. — LA 8TATIQUB D'oWEN 4SÎ
classes travailieuBe«^ qui forment une si grande proportion de la population, ne peuvent plus obtenir le confort même que leur travail leur assurait antérieurement. ^ Owen concluait : « Le manque d'emploi lucratif pour les travailleurs, et la détresse publique consécutive sont dus au rapide accroissement du nouveau pouvoir productif, pour l'avantageuse application duquel la société a négligé de faire les arrangements convenables ; si ces arrangements étaient formés, des emplois productifs pourraient être trouvés pour tous ceux qui en réclament, et la détressenationale se transformerait en un haut degré de prospérité. La cause immédiate du manque d'emploi pour les travailleurs est dans un excès de production de tous les genres de richesses, par lequel, dans les arrangements commerciaux existants, tous les marchés du monde sont aujourd'hui encombrés. Le manque d'emploi des travailleurs ne dérive ni d'un manque de richesse ou de capital, mais d'un vice dans le mode de distribution de cet extraordinaire accroissement du nouveau capital au sein de la société, ou en termes commerciaux, du besoin d'un marché, ou de moyens d'échange se développant parallèlement aux moyens de production. Si des mesures efficaces^ pour faciliter la distribution des richesses après leur création étaient adoptées, votre Rapporteur croit qu'il n'aurait aucune difficulté à vous suggérer les moyens de réaliser une occupation avantageuse pour tous ceux qui sont sans emploi. x>
L'intérêt suprême de la société était, d'après Owen^ d*adopter les mesures pratiques les plus propres à réaliser la plus grande masse possible de richesses, avec le moins de travail possible, et le plus de confort possible pour les producteurs (1) Grâce à la puissance scientifique,
{i) Second mémorial tho the allied Poivers, 1818, p. 21-5216.
rabondance des richesses pouvait être désormais aisément obtenue, mais il restait à déterminer le mode de distribution sociale le plus avantageux pour tous, et à rappliquer sans troubler prématurément les institutions -existantes. Des deux aspects delà question sociale, c*élnit le plus pressant à résoudre.
§ 4. La statique d'Owen. Le droit économique réel et les conditions d'un équilibre stable de la production et de la consommation. — R. Owen est amené à la constitution d'un droit économique nouveau par un enchaînement de déductions : ce qui domine toute sa conception pratique, ce qui lie intimement ses projets aux préoccupations profondes de Ricardo, de Say, de Malthus, de Sismondi, c'est la nécessité de réaliser l'équilibre de la production et de la consommation. Ricardo lui a lui-même rendu ce témoignage ; mais pendant que Ricardo considère que, dans un régime de liberté économique illimitée et de droit individualiste, cet équilibre ne subit que des perturbations passagères et particulières dues aux seules erreurs de l'intérêt personnel, Owen rattache les crises à des causes sociales, et leur assigne un caractère permanent et général ; dès lors, des arrangements sociaux nouveaux, dépassant les limites de l'individualisme, devenaient nécessaires à la réalisation de Téquilibre économique; il exige, d'une part, que l'on assure uneoccupation constante aux travailleurs inemployés; de l'autre, que Ton soustraie la valeur du travail aux dépréciations générales et périodiques qui l'atteignent, et que par là même l'extension des débouchés puisse accompagner indéGniment les progrès de la puissance productive.
Turgot avait déduit le droit de travailler de la nécessité du travail, et la nécessité du travail elle-même des