‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 186 sur 220 · VI. — LA 8TATIQUB o'OWBN · texte numérisé non relu

VI. — LA 8TATIQUB o'OWBN

i^bstrait de Ricardo dans ]e monde réel. Dans le régime existant, à moins d'être pourvus de la marchandise qui sert d'intermédiaire aux échanges^ d'avoir préalablement acquis l'or des mains de ceux qui le possèdent el disposent de notre pouvoir de satisfaire à nos besoins par le travail, en échange de notre travail, nous pouvons être réduits aux privations au milieu même de l'abondance. Le travail est la source de toutes les richesses et la puis*^ sancede travail est commune à tous : si l'or était éliminé, comme mesure des valeurs et instru nient des échanges, chacun n'aurait-il pas en lui le pouvoir de commander directement la richesse, chacun ne disposerait-il pas du moyen d'échange? Qu'on ni^ dise pas que le travail et la puissance sont inégalement distribués dans les individus, que sa quantité moyenne ne peut être es^ timée. Owen répond que la force physique moyenne de l'homme et du cheval, malgré la diversité des foicesin* dividuelles, a été calculée dans des buts scieniilit^ueSy et sert de mesure aux forces inanimées. En vertu du mênie principe, la moyenne de travail humain pourrait être éta^ blie dans tout objet de production. Le rapport d'échange entre divers produits pourrait être Gxé corrélativement et élre maintenu pour une période donnée. Le travail humain peut donc réaliser sa valeur intrinsèque et naturelle, qui s*élèyera avec les progrès de la {science. « La demande de travail humain ne serait plus dès lors li-> vrée au caprice,le soutien de la vie humaine ne serait plus un article de commerce variant continuellement, les travailleurs ne seraient plus les esclaves d'un système artificiel de salaire, plus crbel dans ses . effets qu'aucun esclavage pratiqué par une société barbare ou civilisée*. Ge changement dans la mesure de la valeur ouvrirait immédiatement les plus avantageux marchés domesiiqves;

aussi loin que les besoins de tous seraient saiisraits, aussi longtemps que cet étalon subsisterait, aucun mal ne serait plus à redouter du manque de débouchés (I). »

L'évolution de l'échange présente trois phases d'après Owen : le principe du troc originaire fut de prendre puur base de l'échange le coût primitif, la quantité de travail contenue dans les objets livrés à rechange, c'était le seul principe équitable ; mais le troc disparut peu & peu avec le développement des désirs humaine, et raccroissement des moyens de les satisfaire. Au troc succéda le commerce dans lequel les mélaux précieux furent, du consentement commun, employés comme instruments des échanges. Son principe fut de produire toute marchandise avec le minimum de travail, et d'obtenir dans réchange la plus grande quantité de travail possible.

Ce principe a produite la fois des avantages importants et de très grands maux. Il a stimulé le gi'^nie inventif, il a assuré le dégagement de ces énergies mentales et volontaires, qui autrement fussent restées dorniantes ou inconnues. Mais il a fait de l'homme un égoïste aveuglément oosffné dans soo intérâ personnel, il Ta miscn. opposition avec ses compagnons, il a engendré la fraode et la déception, il l'a aveuglément poussé à créer, en le dépouillant de la sagesse de jouir; en disputant Itis avantages aux autres, chacun dépasse lui-même la mesure; la main puissante de la nécessité engage actuellement de force rhomme dans la voie qui conduit à cette sagesse, qu'il a si longtemps oubliée. Il découvrira les avantages qui dériveront de la synthèse pratiqve des meilleures parties du système du troc et du système commercial, en écartant tout ce que l'expérience a condamné : c'est ce

(I) Report to county of Lanark. Life ofOwen. Il, p. 264-2S8.

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qui s'accomplira dans uo système où les marchandises seront ^hangt^es à leur coût primitif sur la base de la quantité de travail qu'elles renferment, et au moyen d'un médium convenable» propre à représenter cette valeur, qui sera à la fois réelle et immuable; cet instrument d'échange devra être émisa mesure que s'accroîtra la richesse eiïective. c Etant donné la dépression actuelle de la valeur du travail, il n'y a pas dt; proposition d*Euclide plus vraie que celle-ci : la sociélé bénéficierait immédiatement avec une extension iucalt^ulable, dans une grande divor>ité de voies, de la consécration du travail comme étalon de la valeur » (1). Il résumait sa pensée dans ces mots : ce qui peut créer une richesse nouvelle» le travail, est par une suite nécessaire l'équivalent de la richesse qu'il crée.

La cri-^e économique, à laquelle Owen avait assisté lui-même, avait porté son attention sur les perturbations des prix que peuvent produire la contraction ou la dilatation do l'instrument monétaire. Dans un passage curieux d ) son New Moral World, il a insisté sur Timpuissanoe delà monnaie a^tallique à réaliser la stabilité des prix, en tant que cette stabilité dépend de l'emploi de la monnaie. Ce passage est extrait de la deuxième partie de New Moral World^ chap. m, sure la distribution de la richesse ». Je le traduis tout entier, avec toutes ses exagérations de langage, parce qu'il a une grande portée, et cherché à atteindre dans sa racine le grave problème qui agite encore l'opinion scientifique» celui de la stabilité relative des prix des marchandises et des services.

c Dans toutes les classés de la société, comme elle est maintenant constituée ou organisée, — si un tel

(1) Report to couaty of Lanark, ibid, p. 278-279.

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composé d'absurdités hétérogènes, comme est la .société actuelle, peut être appelé une organisation, — il semblerait, que nos ancêtres aient mûrement recherché, en faisant leurs arrangements, comment ils pourraient produire le plus de vice, de crime, de misère pour la plus grande partie de la population du monde, — le moins de réelle vertu, de bonheur ; car s*ils avaient délibéré de la sorte, eu possédant une grande connaissance du sujet, ils auraient à peine mieux réussi, ou plutôt ils auraient réussi, aussi bien qu'ils Tout fait, à produire le maximum de crime^de misère, et le miaimum de vertu et de bonheur.

' « Et un de leurs grands moyens de produire le maximum de mal et le minimum de bien ,a été leur invention de distribuer la richesse par des arrangements qui créent un désir sans Gn d'acheter à bon marché et de vendre cher, au moyen ffun représentant artificiel de la richesse, qui n a pas le pouvoir de s'étendre ou de se rétrécir comme le fait la richesse ; mais qui est, au contraire, la cause continuelle de ^rouble de tous les solides principes de la production et de la distribution de la richesse, et la cause incessante deTincalcuIable misère de la race humaine, et aussi de la destruction de toutes ses facultés à la rendre capable de distinguer le juste du faux, dans toutes ses manières d'agir.

' '« Dans une société justement constituée ou dans un état rationnel de société, Tor^ Targent ou le papier-monnaie de crédit n'auront jamais à servir de moyens de distribution de la richesse.

' <L L'intermédiaire, le médium de l'échange juste, aisé et avantageux de la richesse, aussi longtemps qu'un in-" termédiaire sera requis, doit posséder la qualité d'expansion et de contraction jusqu'à suivre avec la plus

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extrême précision la richesse, livrée à l'échange, dans son expansion et sa contraction, II doit aussi, puisqu'il représente la richesse, être invariable dans sa valeur.

« Et ce moyen peut être maintenant facilement trouvé et répondre en tout temps aux besoins de la société, et rendre l'industrie libre et active à travers le monde^ maintenant et toujours, et ainsi prévenir pour Tavenir jusqu'à la plainte, d'un seul individu isolé par manque d'un emploi utile, profitable, et mettre une fin aussi à la pauvreté ou à la crainte de la pauvreté, pour toujours, parmi toute portion de la race humaine (1) ».

Déjà dans le rapport au Comté de Lanark, il avait conçu l'unité à laquelle toutes les évaluations devaient être ramenées ; il soutenait que la moyenne du travail humain, incorporé dans un produit^ peut être calculée, et la valeur échangeable des produits entre eux, fixée pour une période donnée, « La valeur relative des mar» chandises dépendra de ce qui, après un rigoureux exa-* men^ sera démontré être la valeur actuelle et réelle d'une journée de travail, calculée relativement au montant des nécessités et commodités de la vie, qu'un travailleur moyen peut produire avec un travail modéré. Il faudra une «étude soigneuse et étendue de l'état de société existant pour déterminer la valeur exacte de Vuniléj ou de la journée de travail, que la société devrait fixer actuellement comme étalon de la valeur ; mais la considération générale de la question suffit pour montrer que cette unité ne doit pas représenter une valeur inférieure aux nécessités et commodités de la vie, qui peuvent être acquises actuellement avec 5 shillings (2). »

(i) The book of Ihe New Moral ïVorW, Part, second, 1842, p, 26 et 27.

(2) Report to county of Lanark, II, 279. ^

Denis IL ^0

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C^est là rorigine de Vheure de travail à 6 pence^ cette journée typique étant de 10 heures. Du mois d'août 1832 au cours de 1834, Owen a tenté d'accomplir la transformation radicale du système monétaire, et d'instituer à la fois le travail comme mesure de la valeur, et la labour note^ le bon de travail, comme instrument des échanges.

L'historien du socSialisme aux États-Unis, Noyés (1), nous dit, sur le témoignage de Mac Donald, qu'Owen en rapporta l'idée de New-Harmony en 1826; le véritable père de V Exchange labour serait Josiah Warren, qui l'expérimenta successivement dans la communauté d'Owen, à Cincinnati, à Tuscarawas (dans i'Ohio)et enfin/à Mount-Vemon dans l'indiana.

Un fragment du journal de Mac Donald nous donne la description du Time store^ du Comptoir d'échange du temps de travail, établi à New-Harmony par Josiah Warren.

Les marchandises livrées à l'échange étaient réunies dans une salle où siégeait l'agent même du comptoir; sur un tableau 6xé au mur se trouvaient indiqués la valeur qui avait été assignée aux marchandises consignées, et le montant des labour notes ou bons d'échange de travail, représentés par des heures de travail, ou unit^ de temps de travail socialement adoptées.

Le tableau renseignait aussi les commandes diverses reçues par le comptoir* Une horloge était destinée à mesurer le temps de travail que l'agent du comptoir consacrait à chaque opération, et qui devait être portée en compte aux intéressés^ et ajoutée au montant de l'évaluation des marchandises échangées. Il fallait^ a dit un

(1) Notes, History of American Socialism, p. 95-97.

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