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VI. — LA STATIQUE D'OWBN

n'avait pas résolu le problème de la mesure de la valeur. Ce qu*il avait fait uniquement^ c'était remplacer la monnaie métallique dans sa fonction d'instrument des échanges ,par une monnaie représentative qui permettait d'exprimer en fonction d'une unité nouvelle, de pure conventioU) les pouvoirs acquisitifs relatifs des marchandises et des travaux.

Seulement la pratique avait montré qu'un tel intermédiaire des échanges peut être substitué à .la monnaie métallique, et fonctionner en vertu d'une convention entre tous les échangistes, sans que sa convertibilité en monnaie métallique fût absolument nécessaire. Sur ce point, l'expérience d'Owen est certainement instructive pour nous. Cependant, même dans les limites où elle s'est accomplie, el^e réclamait des conditions externes de fonctionnement du système, qui n'ont été que très imparfaitement réalisées.

En effet, Owen eût-il réussi à dégager par l'analyse l'unité de mesure du travail, encore èst4l que l'entreprise, telle qu'elle était conçue et telle qu'elle s'est accomplie^ se heurtait à des difficultés redoutables d'un autre ordre. £ùt-il résolu le problème de la détermination de la valeur normale des produits exprimés en travail, il fallait quelque chose de plus pour que la valeur courante tût toujours identique à la valeur normale, pour que celle-ci fût d'une stabilité définitive.

La remise de labour noies^ de bons de travail par les comptoirs contre le dépôt de toute marchandise, avant tout échange effectif, d'individu à individu, correspondait à une sorte d'échange anticipatif dans lequel la collectivité intervenait comme acquéreur, et qui devait nécessairement se traduire par l'échange définitif d'individu à individu, à peine de dépréciation des produits.

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livrés à rechange^ et des labour notes qui en représentaient là. valeur. Sans doute, le système présentait cette garantie fondamentale qu'aucune marchandise ne serait monétisée qu^après sa consignation dans des bazars publics, et qu'aucune émission de labour notes n'aurait lieu qui ne fût couverte par une consignation. Mais pour résoudre le problème de la stabilité de la valeur, le système impliquait encore un équilibre fondamental et permanent de l'offre et de la demande des produits, de la consommation et de la production effectives.

La stabilité de la valeur de la nouvelle monnaie était À cette condition. Nous pouvons considérer tout l'ensemble des produits consignés dans les comptoirs comme représentant l'offre, et les labour noies aux mains des associés, comme représentant la demande. Si parmi les produits il en était qui ne répondissent à aucun besoin actuel, ou s'il en était dont Timportance dépassait les besoins actuels^il est clair qu'une partie des labour noies restait sans emploi aétuel aux mains de leurs détenteurs, et une partie des produits saiia utilité réalisable par l'échange.

Benjamin Jones nous montre par des extraits de The Crisis qu'à Torigine même on dut prendre des inesona pour empêcher l'encombrement des dépôts, ou pour écarter certains dépôts d'une réalisation difCcile. En octobre 1832, par exemple, un avis publié par The Crisis porte « que la multiplicité des petits dépôts étant un obstacle aux opérations régulières, il est décidé qu'on ne recevra pas de dépôts d'une valeur inférieure à quarante heures, soit, en valeur monétaire nominale^ à 20 shillings (4) ».

{{) Bbnj. Jonks, Coopérative productiont I, p. 90.

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