‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 197 sur 220 · VII. — W. THOMPSON KT SON ŒDVRB · texte numérisé non relu

VII. — W. THOMPSON KT SON ŒDVRB

Adam Smith et surtout Ricardo avaient considéré le travail comme la cause essentielle de Ibl valeur d'échange. Thompson, plus rigoureusement et plus méthodiquement

sociale, essentiellement de même que Marx, mais en termes plus courts et plus clairs.» C'est Isi seule chose que Marx ail lue sar ce soi-disant plagiat ; toutes les autres accusations lui sont restées inconnues.

« Jusqu'en i859. Marx n'arien lu des travaux littéraires de Rodbertus ; jusqu'en iSlS, où il eut à critiquer l'action de Rodbertus comme député et comme ministre, même l'existence de ce- Ini-ci lui était inconnue. Néanmoins, Marx a déjà alors très bien vu, non s»)ulement d'où, mais aussi comment naît « la plus-value du capitaliste ». Gela est prouvé par la Misère de la philosophie f publiée en 1847, et par les discours de Marx à Bruxelles^ sur «le salariat et le capital » de 1847, publiés en 1849. Ce ne fut qu'en 1859 que, par Lassalle, Marx entendit parler de Véconomiste Rodbertus, alors que sa propre critique du capital était déjà élaborée.

<c Voilàles faits. Voyons maintenantle fond que Marx est accusé d'avoir soustrait à Rodbertus.

€ Qu'est-ce que la 3™* lettre sociale nous dit sur la genèse de la plus-value ? Simplement que la « rente » (terme qui embrasse la rente foncière et le profit] ne résulte pas d'une « addition de valeur (Wertzuscblag) à la valeur de la marchandise, mais d'une diminution de valeur que subit le salaire de l'ouvrier ; en d'autres termes, que le salaire n'est qu'une partie de la valeur du produit ».

« L'humanité capitaliste a produit la plus-value, il y a déjà plusieurs siècles, et peu à peu on est arrivé à se faire une idée de son origine. La première idée fut celle des mercantilistes ; la plus-value natt par le commerce, elle n'est qu'un accroissement de la valeur des marchandises ; déjà James Stewart reconnaissait que ce que Pun gagne, l'autre doit le perdre.^

« Par Adam Smith, cette idée fut bannie de la science. Il dit {Wealth of Nations, livre l, ch. vi): « La valeur qu'ajoutent les ouvriers aux matières premières, se divise en deux parties, dont l'une paie leur salaire, l'autre le profit de l'entrepreneur... Aussitôt que tout le sol d'un pays est devenu propriété privée, les propriétaires fonciers, comme tant d'autres gens aussi, aiment à moissonner où ils n'ont pas semé, et demandent une rente même pour les produits naturels du sol... L'ouvrier est forcé de

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qu'Owen, a déduit de ce fait économique ses conséquences ytiriâft^a^^. C'est, en effet, par cette position de philosophie du droit, que le socialisme dépasse Ricardo

céder au propriétaire une partie de ce que son travail a recaeilli ou a produit. Cette partie ou, ce qai est la même chose, le prix de cette partie est la rente foncière. »

« De plus, Adam Smith dit (livre I, ch. va) : c La rente foncière est la première déduction du produit du travail employé sur le toi. Mais il est rare que le cultivateur lui-même possède les moyens de vivre jusqu'à la moisson. En général, son entretien lui est avancé par le capital d'un maître, du fermier, qui n*aurait aucun intérêt à l'employer, s'il ne partageait pas le produit de son travail... Ce proilt est la deuxième déduction du produit du travail employé sur le sol. Le produit de presque tout travail subit cette déduction par le profit.' »

« G*est donc déjâr Adam Smith qui a su et expliqué m d'où nait la plus-value du capitaliste » et même celle du propriétaire foncier. Ricardo va beaucoup plus loin qu*Addm Smith. De la fixation de la valeur des marchandises, par la quantité du travail réalisé dans les marchandises, dérive la division de la valeur ajoutée aux matières premières par le travail, entre Touvrier et le capitaliste, sa division en salaire et profit (ce qui est ici la même chose que la plus-value). Il démontre que la valeur des marchandises reste la même, quelle que soit la proportion de ces deux parties, une loi à laquelle il n'admet que peu d'exceptions. 11 constate même quelques lois principales sur les proportions entre le salaire et le profit, quoiqu'elles soient trop générales, et il démontre que la rente foncière est un excédent de profit, qui n'existe que sous certaines conditions.

« Sur tous ces points, Rodbertus n'a nullement dépassé Ricardo.

« Au !•» volume du Capital, p. 609 (2»« édit.),on trouve cité un écrit : c The source and remedy of the national difficulties. A letter to Lord John Russell. London, 1821. » Dans cet écrit on lit : « Quelle que soit la juste part du capitaliste, il ne peut s'approprier que le surplus du travail (the surplus labour) de l'ouvrier, car l'ouvrier doit vivre. Mais comment l'ouvrier vit, est relatif. Si l'on peut amener Touvrier à se nourrir de pommes de terre au lieu de pain, il est évident que le capitaliste peut gagner plus par son travail. 11 est admis que les intérêts du ca-

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