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profondément influeiiGé parIaps}Uîhologie et l'éthique de l'Ecole utilitaire de Bentham, semble s'être donné pour tftche de résoudre dans la synthèse sociologique les oppositions des écoles ; en plaçant le système des lois économi'ques à la base de sa sociologie, ilessaie^dans la sociologie économique même, de rattacher définitivement à un principe d'action unique» les théories de la production et de la distribution des richesses dans lesquelles se réfléchissaient, en dernière analyse, les antagonismes des écoles : coticevant une psychologie économique conciliable avec celle de l'école de Smith, mais universalisant les conditions de son application par la consécration d*un Droit économique nouveau, et d'une organisation communautaire, il est le lien entre Bentham, les économistes et Owen«
Au point de vue critique, il est aussi le lien entre le socialisme des premiers temps duxix^ siècle, et le socialisme scientifique de Marx. Avec une puissance d'analyse qu'Owen n'atteignit jamais, il a certainement concouru à préparer la théorie de la plus-value à laquelle Marx a attaché son nom, et qui a donné son empreinte à une phase nouvelle de l'évolution des idées.
William Thompson est né eu 1705, dans le comté de €ork, en Irlande. Il étudia successivement à Dublin, à Oxford et à Londres. Pendant son séjour à Londres, il eut pour maître le célèbre chef de l'école utilitaire, Jérémie Bentham, et habita chez lui.
Il publia en 1824, et non en 1827, comme Marx (i) et Engels l'ont imprimé à tort, son livre principal : An Inquiry into the principlés of distribution of wealth most conducive te human happinèss (Recherches sur les principes de la distribution des richesses les plus propres à conduire au bonheur humain). Ces principes sont appli*
^1) Kàbl Marx, Misère de la Philosophie, p. 50.
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qués, comme le titre l^indique, au système récemment proposé de r égalité volontaire des richesses: Applied to the newly proposed System of voluntary equality of wealth. On le voit par le chapitre vi da livre, ce système n'est autre que celui d'Owen, de New-Lanark, en Ecosse, comme le dit Thompson^ page 384. Le lien de Thompson avec Owen est ainsi nettement et indiscutablement marqué dès le titre du livre. Ce livre fut écrit cependant sous les yeux de Bentham, dont Tinfluence est d'ailleurs manifeste; bien que Bentham, théoricien delà morale de rintérét, s'éloignât considérablement d'Owen, il avait été son associé.
Les travaux de Thompson se sont pressés en quelques années, comme s'il avait senti que ses jours étaient ri* goureusement comptés.
En 1825, il fit paraître un appel d'une moitié de la race humaine, les femmes, contre les prétentions de Tautre moitié, les hommes, à les retenir dans l'esclavage politique, et partant dans l'esclavage civil et domestique. Ce volume était une réponse à un paragraphe d'un écrit célèbre de James Mill sur le gouvernement. Il est piquant de rapprocher de cette publication, le volume que J.-S. Mill lui-même publia quarante ans plus idLvdsur r assujettissement des femmes.
En 1827, il publia un nouveau livre: Labour rewarded. The daims of labour and capital conciliated, or hàw to secure to labour the whole products ofits exertions{Le travail rémunéré. Les griefs du travail et du capital conciliés, ou comment assurer au travail le produit intégral de ses efforts). Et en 1830 : Practical directions for the speedy and economical establishment of communities^ on the principles of mutual coopération^ united possessions and equality of exertions and of the means of enjoyments.
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(Directions pratiques pour l'établissement rapide et économique des communautés, sur les principes de la coopération mutuelle, de la possession commune et de Tégalité des efforts et des moyens de jouissance).
Ce sont les applications mêmes des principes développés dans les Recherches.
W. Thompson mourut le 28 mars 1833» & Tàge de 48 ans, dans le comté de Cork, baronnie d'Ost-Garbery , où il était né. Il avait, par testament, en voulant servir encore la science, légué son cadavre à un anatomiste, pour en faire l'autopsie, son squelette était destiné à un musée. L'indépendance de son esprit et son amour de l'humanité se traduisaient sous cette forme assurément insolite à cette époque, surtout en Irlande. Les préjugés de la foule étaient si profomds que la volonté du philosophe ne put être exécutée. On admettait encore, dans les campagnes^ que les seuls qui pussent être disséqués étaient ceux qui avaient subi la peine capitale. Les paysans s'opposèrent à Tenlèvement du cadavre, et il fallut bien Tinhumer.
Le Dictionnaire d'économie potitique, de Goquelin, publié en 1851, consacre à W. Thompson trois lignes qui sont de Blanqui. Le nouveau Dictionnaire de Léon Say, publié en 1892, ne mentionne même pas son nom. Et cependant, c'est aujourd'hui même que la grandeur de Tinfluence exercée par Thompson sur la marche des idées peut se mesurer. La science classique française, par son dédain ou sa crainte des doctrines socialistes, se rendrait à elle-même inintelligible révolution des idées. Tout autre est la science allemande et autrichienne^ Le Handwôrierbuch der Stoatswissenschafteriy de Conrad et Lexis^ lui consacre une substantielle notice. Cohn, dans son tableau de Thistoire de l'économie politiquCi lui assigne une place importante à la fois dans la sock)-
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logieet le socialisme: L'auteur, dit-il, a une si correcte conception de la tâche de la science économique, que, pour constituer une unité permanente des vérités économiques avec les idées humanitaires, il propose de développer une , science sociale qui contrarie le fatalisme mécanique des loi^ de la nature, et introduise une distribution meilleure des richesses, à la place des inégalités de richesses auxquelles ces lois donnent l'expansion. 11 tut, de plus, ajoute-t-il, l'un des premiers à utiliser la théorie de la valeur de Ricardo dans un esprit socialiste, vingt ans avant Rodbertus, Proudhon et Marx.
Marx le cite, en 1847, dans Misère de la philosophie (page 49), comniie ayant, bien avant Proudhon, proposé Tapplication égalitaire de la théorie de Kicardo (1).
Antoine Mènger, dans Das Recht auf deii vollen Arbeitserirag in geschichtlicher Darstellung (2), considère l'ouvrage principal de William Thompson, non seulement comme fondamental dans révolution du socialisme anglais, mais comme l'un des plus importants dans l'histoire môme du socialisme : « C'est dans ses travaux, [dit-il textuellement, que les socialistes postérieurs, les saint*simoniens, Proudhon, , mais surtout Marx et.Rodbertus l'ont puisé directement ou indirectement leurs doctrines » (3).
(1) Voir encore Marx, Zur Krilik dec Politischen (Ekonomie, p. 64.
(2) P. 30-52, traduction française de A. Bonnet p. 72-74.
(3) Analyse et Extraits de Engels. Préface aa II« volume do Capital, de Marx.
c C'est le lieu de réfuter le reproche qui a été soalevé contre Marx, d|avoir fait un plagiat de Rodbertus. La prétention deRodbertus se trouve dans ses Briefe und socialpolitische Àufsàtze^ édités par R. Meyer, en 1881, lettre n« 48, p. 111. Là il dit : « D'où n^tt laplùs-vulue du capitaliste, je Vai montré dans ma 3*» Uttre