‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 207 sur 220 · VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON 5il · texte numérisé non relu

VII. — LA STATIQUE DE THOMPSON 5il

sent de la sympathie pour leurs efforts, quand il constate qu'il a produit, d'une marchandise, plus qu'il n'est nécessaire à ses besoins, et qu'il voit une. autre personne -posséder un produit dont il a besoin, et qu'il accomplit alors un échange, recevant un objet de désir pour un objet de désir ; par là une satisfaction mutuelle est produite, une sympathie mutuelle est excitée, et une association heureuse est formée, et la découverte est faite que le bonheur des autres, non seulement n'est pas nécessairement opposé au nôtre mais fréquemment inséparable de notre bonheur (1). »

Comme colloraire à cette démonstration de l'effet direct de la sécurité et indirect de V échange sur la productivité du travail, Thompson expose les effets de toute soustraction forcée du produit du travail. Il est clair qu'elle décourage le travailleur. Au point de vue du bonheur, il montre comment la soustraction de petites portions de richesse exercée sur un granjd nombre de producteurs, diminue la totalité de leur bonheur d'une quantité beaucoup plus considérable^que celle qui s'ajoute au bonheur de ceux au proGt desquels la soustraction s'opère. Il y a là une démonstration analogue à celle que Jevons afaite de la relativité de l'utilité, et de l'utilité linale, comme expression de \di valeur à' xxw produit [2). C'est bien ce qu'il veut dire, par exemple ici : « Un penny acquerra, pour le producteur, une petite jouissance de •luxe, fruit, sucre, vivement ressentie par lui,. Ce penny produira-t-il la dixième, la centième ou la millième partie de plaisir réel chez le détenteur de millions de pence » (3) ?

(1)W. Thompson, Distributoni, of wealth, p. 50. (2) Stanlkt Jevons, Iheory of political er.onomy, (3j William Thompson, Distribution of wealth^ p. 77..

La solution du problème du bonheur et de la justice, dans la distribution des richesses, est de donner à tous la sécurité la plus grande^ c'est-à-dire la libre applicaiion de leur travail, la jouissance de V intégralité de leur pro^^ duit, la faculté d'accomplir les échanges volontaires de richesses, La garantie de cette sécurité égale et réelle, en tendant à réaliser la production la plus considérable^ tend aussi à la plus grande égalité possible. Il y a coïncidence parfaite entré ces deux objets (1).

Thompson ajoute que ce qui a été, jusqu'ici, honoré sous le faux nom de sécurité, c'est la sécurité de quelques-uns aux dépens de la masse, de la dégradation du plus grand nombrci particulièrement de la masse entière des travailleurs, les réels producteurs des richesses, selon sa propre expression.

Ici^ un rapprochement que nous avons déjà indiqué, s'impose à tious, entre la doctrine de Thompson et la physiocratie.

D'un côté et de l'autre, ce que l'on recherche, ce sont les lois naturelles de la production et de la distribution des richesses, c'est-à-dire les lois selon lesquelles la production sera la plus abondante et la distribution la plus juste. D*un côté et de l'autre, c'est la justice dans la distribution qui assure la plus grande multiplication des ri* chesses.

c L'ordre essentiel de toutes les sociétés particulières, dit Mercier, est Tordre des devoirs et des droits réciproques, dont l'établissement est essentiellement nécessaire à la plus grande multiplication possible des productions, afin de procurer au genre humain la plus grande somme possible de bonheur, et la plus grande multiplication possible: »

(1) W. Thompson, Distribution of wcalth, p. 97,

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