II. — LA DYNAMIQUB ÉGONOMIQUB DE MALTHDS
moment, et j'employai les matériaux que j'avais à ma portée, à la campagne où je vivais. Hume, Wallace, Adam Smith^ Price furent ceux qui me servirent de guides. Leurs ouvrages sont les seuls qui aient pu m*aider à développer le principe auquel je me suis attaché. J'avais en vue de l'appliquer à développer certains systèmes relatifs à la perfectibilité de Thomme et de la société, qui fixaient à cette époque Tattention publique. » Dans cette seconde édition, Malthus s'appliquait à conformer par les faits puisés dans Tétude du passé et du présent la vérité du principe de la population qu'il avait exposé dans la première édition. Aussi le titre de l'ouvrage avait-il été modifié : An essay on the principle of population^ or a view of Us past and présent effects on human happiness. Le livre avait donc cette fois pour objet l'influence du principe de la population sur Y état passé et Vétai présent des sociétés. Aussi disait-il dans la préface de 1803 : <( La forme que j'ai donnée à cet essai en fait un nouvel ouvrage, et je l'aurais probablement publié comme tel en détachant le petit nombre de chapitres de la première édition qui s'y trouvent textuellement répétés, si je n'avais désiré qu'il contint l'ensemble de mes raisonnements, et que Ton pût lire ce second écrit sans être obligé de recourir sans cesse au premier. » La seconde édition présentait encore sur le fond, comme nous le verrons, des différences d'une grande importance. Dans l'intervalle, Malthus avait luimême pu ajouter à son premier essai les résultats de plus larges lectures et de plusieurs voyages à l'étranger. En 1799, il avait visité, avec Otter Clarke et Crapps, l'Allemagne, la Suède, la Norvège, la Finlande et une partie de la Russie ; c'étaient les seuls pays alors ouverts aux voyageurs anglais. Il avait à son retour publié une
48 DEUXIÈME ÉPOQDB. — LA SCIENOB DBS RICHESSES
étude sur le haut prix des subsistances dans laquelle il annonçait la nouvelle édition de V Essai sur la population. Il ne la publia qu'après que la paix d'Amiens lui eut permis de visiter la France et la Suisse. C'est ainsi que l'observation directe lui fit ajouter une œuvre toute nouvelle à l'œuvre primitive : les spéculations sur l'avenir sont désormais reportées à Tarrière-plan, dit M. Bonar, les faits du présent produits au premier plan. Malthus publia successivement quatre autres éditions de son ouvrage en 1806, 1807, 1817 et 1826, en le complétant, et en s'efforçaut de tenir compte des critiques qui en avaient été faites.
En 1805 il fut nommé professeur d'histoire et d'éco« nomie politique au collège des Etudes orientales à Haileybury et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort. Mais ses investigations économiques n'eurent pas exclusivement pour objet la question de la population.
En 1814, il publia successivement ses observations sur les Lois céréales et ses motifs d'une opinion sur le Système de restriction des importations ; l'année suivante, il donna son étude sur la nature et le progrès de la Rente foncière. En 1820, parurent ses Principes de VEco^ nomie politique, qui forment moins l'exposition d'un système complet d'économie politique, qu'un recueil d'études sur différents objets se rattachant surtout à la théorie de la distribution et à celle de la répartition des richesses. Un volume sur les />e/î?n7to?i5 en économie po- /ia^we publié en 1827 fut Tune de ses dernières œuvres économiques. En 1829, il échangea avec Nassau Senior des Lettres sur la Population qui furent publiées par celui-ci. 11 semble avoir consacré les dernières années de sa vie à réviser ses Priîicipes de V Economie politique^ sous l'inQuence directe de controverses toujours renais-
UNIVER :ii T .' .