‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 27 sur 220 · II. — Là dynamique économique db malthos 5i · texte numérisé non relu

II. — Là dynamique économique db malthos 5i

darîlé générale uae expression plus complète et plus redoutable.

Si nous continuons ce parallèle, les conditions économiques dans lesquelles Toeuvre de Malthus apparaissait étaient toutes différentes des conditions de la publication de la Richesse des natiojis d'Adam Smith.

Adam Smith avait embrassé le problème de la produc*. tion, et son œuvre qui contribuait à donner un si pujssant essor aux énergies productrices, en les dégageant de toutes les entraves des systèmes réglementaires, apparaissait au moment même où le génie inventif, multipliant les découvertes et leurs applications en un petit nombre d'années, précipitaitla révolution des machines dans l'industrie. A l'époque de Smith, la seule machine à vapeur était la pompe à feu de Newcomen. M. A. Marshall rappelle qu'entre les années 1760 et 1770 (1), Roebuck commença à fondre le minerai de fer au coke; Brindley relia à la mer, par des canaux, les sièges des manufactures qui s'élevaient ; VVedgwoord découvrit l'art de fabriquer la poterie à bon marché et bien ; Hargreaves inventa le métier à 01er, lespinning Jenny ; Watt inventa le condenseur des machines à vapeur ; les inventions d'Arkwright, de Crompton et le métier mécanique de Cartwryght vinrent compléter Toeuvre de Hargreaves.

Bonar remarque de son côté que les découvertes du charbon et du fer dans le nord de l'Angleterre, correspondant aux inventions dans les manufactures, commencèrent à faire des plus pauvres contrées les plus riches. «L'Angleterre, dit-il, avaitété à l'époque romaine un grenier, dans des âges postérieurs un pâturage : elle était en voie de devenir la terre de la machine et des manu-

(I) Mabsball, Principles of Economies, l, p. 40.

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factures aussi bîeo que le centre du commerce étranger. »

Mais cette expansion rapide de l'industrie eut des effets redoutables, et si Adam Smith, suivant une remarque d'Ingram, avait pu les prévoir, il eût sans doute été un croyant moins enthousiaste du bienfait que la seule émancipation de Teffort humain devait faire atteindre, et il eut dénoncé avec moins de véhémence les anciennes institutions qui, dans leur temps, avaient au moins donné une protection partielle au travail. C'est qu^en effet les souffrances que l'épargne et le déplacement du travail humain parles machines entraînaient l'anarchie du nouveau système de fabriques substitué au travail domestique, et dans lequel le mot manufacture perdait son sens étymologique, comme Ta dit M. Bonar, étaient des maux trop réels.

D'ailleurs Owen et Sismondi n'allaient pas tarder à tracer le tableau déchirant de ce que la science classique a elle-même appelé depuis Idi période chaotique de l'industrie. C'est devant les résultats immédiats de cette révolution que Malthus se trouva lui-même. D'autres circonstances atteignaient aussi directement les travailleurs.

Les années 1795 et 1796 avaient été marquées par une élévation extraordinaire du prix du blé. De moins de 50 sh. il avait passé à plus de 100 sh. le quarter (1).

Pitt proposa de modifier la loi sur les pauvres {Poor lato) et entre autres choses d'augmenter les secours pour les familles les plus nombreuses.

C'est cette intervention que Malthus allait condamner comme propre à aggraver la misère en augmentant en-

(1) Cannai, History of Théories, etc., p. loO.

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