‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 53 sur 220 · II. — LA DTNAMIQDB ÉOONOMIQDB DB MALTHUS · texte numérisé non relu

II. — LA DTNAMIQDB ÉOONOMIQDB DB MALTHUS

dant nous bq pouvons nous arrêter là ; pour rester fidèle à la conception de Malthus, il faut, si Ton se place au point de vue d*une nation» faire abstraction de toutes les ressources alimentaires qu'elle peut puiser au dehors, ou, si Ton considère l'ensemble de l'humanité^ faire abstraction des régions immenses qui restent à cultiver, et dont l'importance mise en lumière (1) fait seulement reculer le problème de la population dans le temps ; il faut considérer que l'homme ne peut obtenir un excédent de nourriture que de l'amélioration des terres déji cultivées. Et alors sur un territoire donné, dût la progression de la population être atténuée, si elle est uniforme et constante, Taugmentation des subsistances ne marchera pas toujours du même pas ; d'après Malthus, elle se heurtera à la loi de diminution du rendement de là terre. Et ici encore on pourra calculer qu'en 1894-95, l'Europe produit 252.474.000 hectolitres de blé et en importe 136.700.000 hectolitres, plus du tiers de son alimentation : au congrès de Budapest, on établira que la population européenne s'accroissant de 3.000.000 d'habitants par an, exige, avec une consommation moyenne de 124 kilog. 488 grammes, un accroissement annuel de production de 370.740.000 kilos de blé alors que l'accroissement effectif n'est que de 98.280.000 kilos (2).

La théorie de Malthus, par la pression anxieuse qu'elle exerçait sur l'esprit humain, devait donner une impulsion considérable à l'application des méthodes induc-^

(1) Déjà par Godwin, PoHHcal Jmtice, II, p. 510. — V. surtout Rapport de Bordiga au Congrès international de ragriculture de Budapest, 1895.— Henri George, Progres$ and Poverty.^ F. L»rot-Beadlieu, Traité, IV. — Oppenheimer et Nitti.

(2) Rapport de Kowalewsky au Congrès de Budapest. — Cf. Blondxl, Le Congrès de Budapest.

tives, et par delà les loifi empiriques, à la recherche die causes variables en nombre ou en intensité, selon Iob /différentes phases de l'histoire.

.C!e8t Teffort que l'on verra accomplir après Malthus jmr un grand nombre de penseurs interrogeant successivement les. aspects physico-chimique ou mésologique, biologique, psychologique, sociologique du problème. H est peu d'hommes qui aient, au moins par des voies indirectes, contribué plus puissamment que Malthus aux progrès de la sociologie. Le plan suivant d'une étude systématique du problème que j'ai adopté en témoi- <gnera.

1. Aspect physico'chimigue. — A. Point de vue de rintensivité de la production. ^ — Ainsi la productivité effective du sol, dans ses rapports avec la population, ^«era étudiée relativement aux différentes phases histori- •riques de l'évolution agricole (A. de Gasparin, Traité d'agriculture. Leyassenr^ Population française. Fr. Nitti, JLa population et le système social, p. 143) ; la productUvité hypothétique du sol sera mise en rapport avec les progrès de la division du travail, corrélatifs à ceux de Ja population (Everett, New ideas on population^ 1823, trad. fr., 1826), combinés avec une loi historique d'occupation des terres inverse de celle de Malthus, et sans laisser de place à la loi du rendement décroissant du sol .(Carey, The past, the présent and the future, 1848, •rCh. I et II. Cf. ses Principes de la science sociale, et Peshine Smith, Manuel d'économie politique, trad. fr., •ch. 1 et II, 1856) avec les améliorations supposées continues et constantes de l'efficacité du travail agricole (Tchernichewsky, VEconomie politique jugée par la science^ i, 1874, tr. fr., p. 367 et suiv.).

On s'inspirera des progrès de la chimie agricole pour

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