‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 73 sur 220 · III. — LA DYNAMIQUB ÉOONOMIQUB DR RIOARDO · texte numérisé non relu

III. — LA DYNAMIQUB ÉOONOMIQUB DR RIOARDO

^uvoDS par quelques moyeos distinguer ces deux .sommes, c'est-à-dire le prix donné pour son travail et le profit de ce travail, le prix donné pour le travail serait une mesure de la valeur ; supposez que la somme <de subsistances actuellement nécessaires pour soutenir un travailleur soit de trois quarters de froment, et qu'il reçoive 12 1. pour les denrées nécessaires et 12/. pour ^on proût. Changez maintenant Thypothèse, supposez qu*il reçoive 14 1. pour les denrées nécessaires et 6 1. pour le proQt. Bien que les taxes sur les matières premières puissent finalement retomber sur le consommateur, et ne pas affecter l'intérêt du manufacturier et le prix naturel du travail, elles affectent néanmoins matériellement son prix du marché, et l'ouvrier sera certainement exposé à de grands inconvénients jusqu'à ce que le nouvel état des choses soit établi (1). »

Cette dislinction confirme la note du chapitre xxvi. Ce correctif de l'édition de 1821 révèle évidemment le trouble que Mac CuUoch réussit à jeter dans la pensée de Ricardo et la noble sincérité de celui-ci ; mais en introduisant le correctif dans une note et en maintenant le texte principal, Ricardo témoigne de lempire prépondérant que les causes générales exercent sur son esprit. Il reste, au fond, du même avis qu'en 1816, quand il écrivait à Malthus : « La tendance de la population à s'ac- . croître est, dans notre état dé société, plus qu'égale à celle du capital à s'accroître (2). j» Toute l'idée directrice de son œuvre n est-elle pas dans ces mots ? Et qu'est-ce autre chose que le texte môme du chapitre v des Prin^

(4) Letters of Ricardo to Mac Culloch, p. 60-61. (2) Letters of Ricardo to Malthus j éd. Bonar, li octobre 1816, p.

cipes sur lequel toute Tiaterp relation économique et so-» cialiste de Ricardo s'est placée : < Dans la marche na/tirelle des sociétés, les salaires tendent à baisser en tant qu*ils sont réglés par la demande, car le nombre des ouvriers continuera à s'accroître dans une progression un peu plus rapide que celle de la demande. » On est frappé de la signification que Ricardo donne au mot naturel : le prix naturel du travail est celui qui, eu égard aux habi-« tudes et aux mœurs du travailleur, correspond à une population stationnaire^ la marche naturelle des sociétés est [celle dans laquelle la population, non contenue par la prévoyance, obéit à une loi d*accroissement uniforme et constante, pendant que \^ production du soli^nà elle* même à s'abaisser graduellement.

Rapports du profit et du salaire. — Ce passage nous ramène à Topposition du profit et du salaire. Les défen* seurs contemporains de Kicardo, M. Gonner, par exemple (1), ont eu raison de critiques excessives. Ricardo n'a dit nulle part que jamais les quantités de richesses recueillies par le capital et par le travail ne peuvent augmenter simultanément. Cet antagonisme du profit et du salaire n'est vraiment redoutable que si Toù se place au point de vue de la dynamique économique» et c'est le point de vue «uquel la pensée de Ricardo se reporte finalement. Toute sa correspondance en fait foi. « Le taux des profits et de l'intérêt, écrit-il le 26 juin 1814 à Malthus, doit dépendre de la proportion du produit obtenu à la consommation nécessaire à une telle production, cette proportion à son tour dépend essen* tiellement du bon marché des subsistaiices, qui, après tout, quels que soient les intervalles que vous vouliez

(1) Introductory Essay.

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