‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 82 sur 220 · IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

portalion de ar, de A en B ait atteint 1.200 unités, soit 10.800 francs. Dans ce mouvement oscillatoire des demandes respectives, le courant monétaire aura reflué de B en A et l'excédent des importations de numéraire de A, des exportations de B, sera de 2.550 francs.

L'efiet de ce déplacement sera de relever les prix dans le pays A et de les abaisser dans le pays B. Supposons qu'à la troisième phase de ce processus, le prix de y en A, soit de 19 francs, et celui de j: y soit de 9 fr. 60 ; et que le prix de y en B soit descendu à 16 fr. ; de;r enB àl0fr.50.

Dans ce nouvel état, la demande de y par A sera de 600 unités, soit de 9.600 francs ; celle de x par B sera de 1.000 unités ou 9.600 francs.

C'est-à-dire que nous serons revenus à un état d'équilibre, dans lequel les importations égalent les exportations de chacun des deux pays engagés dans les échanges internationaux. L'équation des demandes internationales s'est rétablie, à la suite des mouvements oscillatoire^ des prix, sans qu'aucun nouvel écoulement de nu- ) méraire d'un pays vers l'autre soit nécessaire. Avec llntermédiaire de la monnaie métallique, le résultat obtenu est exactement le même que si les échanges internationaux s'accomplissaient en nature. C'est là la signification même du théorème de Ricardo.

L'artisan de cet équilibre sans cesse ébranlé, c'est l'intérêt personnel ; on en juge par ce passage : « On peut en tout temps confier sans danger l'exportation du numéraire au libre arbitre des particuliers. Jamais cette exportation ne dépassera celle des autres marchandises, si elle n'est pas profitable à la nation. Et si réellement cet avantage existe, il n'est pas de loi capable de favoriser l'exportation. Heureusement que dans ce cas, comme

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dans la plupart de ceux où le commerce est ouvert à la libre concurrence, les intérêts individuels et ceux de la communauté sont constamment en harmonie. » (1) On préférera Texporlation du numéraire, parce qu'il y aura plus d'intérêt à importer qu'à exporter des marchandises : € Si les étrangers préfèrent notre or en échange de leur blé, c'est seulement après avoir comparé la valeur de l'or et des autres marchandises sur leur marché et sur le nôtre, et s'être assurés que l'or est moins cher sur le marché de Londres que sur le leur. » Le change fournit un criteritirn assez exact, pour déterminer la dégradation de la circulation ; <x et personne, dit Ricardo, n'exporte ou n'importe des lingots sans avoir préalablement consulté le taux du change : c'est là que nous puisons la valeur relative des lingots dans les deux pays soumis à nos calculs (2) ».

Si le change est au pair, si une lettre de change tracée du pays A sur le pays B, s'obtient en A contre la même quantité de métaux précieux qui sera en B acquittée contre sa remise, il n'y a aucun intérêt à envoyer de A en B des lingots dont on supporterait les frais de transport et les risques ; l'intérêt naît, dès que ces frais fie dépassent pas l'excédent du prix qu'il faudra donner en A, au delà de la valeur nominale de la lettre pour Tobtenir; alors l'écoulement de numéraire s'opérera de A en B.

On voit par là comment, par des séries d'oscillations, l'intérêt personnel, le grand ressort de l'école classique, tend à répartir les métaux précieux entre les différents

(i) D. RiGARDO, Le haut prix des lingots (1811). OEuvreSy éd. de Guillaumin, p. 404.

(2) I6irf,p. 417.

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