IV. — Lk STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RIOARDO
de 10 X contre 15 y, correspondant à des quantités égales de travail. Voilà les sacrifices respectifs que chacun de ces deux pays, considéré en lui-même et àpartj doit, sous Terapire de la concurrence illimitée, effectuer pour obtenir par rechange les marchandises x et y. C'est dans les limites de ces sacrifices que s'opérera l'échange international dans un état de concurrence entravée, d'intérêt personnel non discipliné à la loi de l'égalité des sacrifices. L'intérêt à l'échange international nait pour la nation A, dès lors qu'avec moins de 20 y, elle peut obtenir 10 X, puisque chez elle 10 a: = 20 y; l'intérêt à l'échange international naît pour la nation B, dès lors qu'avec 10 j: elle peut obtenir plus de 15 y, puisque chez elle 10 a: := 15 y. La limite maxima de l'avantage du commerce pour A serait d'obtenir 10 x pour 15 y, mais il est clair que là cesserait l'intérêt de la nation B au com* merce international, puisqu'à ce taux d'échange, le commerce international la placerait exactement dans la même situation que son propre commerce intérieur. Ainsi la condition du commerce international, et selon l'expression de Cairnes, celle qui suffit à le provoquer, c'est la différence entre les sacrifices que doivent faire les échangistes pour obtenir, au moyen d'une marchandise déterminée^ exigeant un travail déterminé, au dedans par réchange intérieur, et du dehors par l'échange international, une autre marchandise donnée. C'est, comme l'a dit John Stuart Mill depuis, la différence dans le coût comparatif des marchandises échangées, et non plus, comme à l'intérieur, le coût absolu de production. C'est la ligne de la plus faible résistance que suit l'intérêt personnel soustrait à la discipline d'une mobilité, d'une concurrence illimitée du capital et du travail. Le rapport de valeur entre x et y, auquel l'échange international
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s'opérera, dépendra des offres et des demandes respectives de A et B.
On peut exprimer les conditions de cet équilibre. Pour une demande de 1.000 x^ les offres de A exprimées en marchandises y peuvent osciller entre 1.500 unités de y, limite inféneure de l'offre où tout intérêt à l'échange cesse pour la nation B^ et 2.000 unités de y où tout intérêt à l'échange cesse pour la nation A, De même, pour une offre de 1.000 x, la demande de la nation B peut osciller entre 2.000 y, point où tout intérêt cesse pour A, et i .500 y où tout intérêt cesse pour B. L'intensité relative des demandes fixera le rapport de valeur par exemple à i0:r = 16 y et Téquation des demandes internationales se réalisera par l'échange de 1.000 x contre 1.600 y.
Il y a pour A et B accroissement quantitatif de richesses : aussi les nœuds communs de l'intérêt lient entre elles les nations et déterminent entre elles, sous le régime du libre échange, une vraie division de travail qui se traduit par une coopération harmonique : « Dans un système d'entière liberté du commerce, chaque pays consacre son capital et son travail à tel emploi qui lui paraît le plus utile. La poursuite de l'avantage individuel est admirablement unie au bien universel de l'ensemble. » (1)
Viens maintenant la troisième thèse de Kicardo : « L'or et l'argent ayant été choisis comme agents de la civilisation, la concurrence du commerce les distribue parmi les différentes nations du monde, dans des proportions qui s'accommodent au trafic naturel qui aurait lieu, si de tels métaux n'existaient pas et si le commerce de pays à pays se bornait à rechange en nature (troc) de leurs produits respectifs. » (2)
(1) Principes t ch. vu, Œuvres,^. 405.
(t) èdit., p. 103.
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Pour établir ce théorème de Ricardo, aou6 devons nous pl&cer dans les conditions hypothétiques où s'est placé lui-même ce grand abstracteur.
Il faut admettre^ d'abord, que les nations commerciales ne sont respectivement débitrices et créancières l'une de l'autre, qu'à raison de l'échange des marchandises qui s'opère entre elles. On écarte donc provisoirement Tintervention de toutes les causes, autres que les échanges, qui font nattre entre nations des créances et des dettes réciproques ;
En second lieu» que les prix des marchandises soient fixés sous l'empire de la concurrence ;
£n troisième lieu, il faut se placer au point de vue d'un système monétaire uniforme, adopté par les nations dont on étudie les relations commerciales : Thypothèse de Rircardo implique d'ailleurs que ce système monétaire puisse sv composer de deux métaux : gold and silver having been ehoosen for the gênerai médium of circulation.
En quatrième lieu, on admet que les variations générales des prix des marchandises obéissent exclusivement aux variations dans la quantité des métaux précieux : on ne tient compte provisoirement ni de l'influence du degré de vitesse de circulation de l'instrument monétaire, de ce que Mill appelait efficiency ofmoney^ ni de l'influence du crédit et de la compensation.
Supposons à un moment donné que dans le pays A la marchandise y coâte 20 francs, et que la marchandise x coûte 10 francs ;
Et que dans le pays B, la marchandise y coûte 15 francs, et que la marchandise x coûte 10 francs :
Le pays A aura intérêt à importer la marchandise y, qu'il peut obtenir de la nation B à un prix inférieur de 5 francs à ce qu'elle lui coûte à lui-même.
Supposons qu'à ce prix de 15 par unité de y, la demande de A soit telle qu elle permette l'importation de 1.000 unités de y à 15, soit 15.000 francs d'importations par A.
Le rapport des prix des marchandises est tel, que le pays B n'a aucun intérêt à importer la marchandise Xy puisquMl en coûterait autant de l'acquérir par l'échange, qu'il lui en coûte de la produire. Un courant de numéraire s'établira dès lors de la nation A vers la nation B, comme il arrive chaque fois que le change est défavorable; dans l'hypothèse, la quantité de numéraire exportée de A en B sera de 15.000 francs.
L'effet de cette exportation de numéraire sera, d'une part, d'abaisser les prix généraux dans le pays A et d'élever les prix dans le pays B, importateur de monnaie. Telle est, à l'égard de l'influence des variations monétaires sur les prix, l'application de la théorie quanti-tative que nous avons admise dans notre hypothèse.
Dans la seconde phase du processus, les prix sont donc :
Dans le pays A, de 18 francs par unité d'y ; de 9 francs par unité d'à? ;
Dans le pays B, de 16 fr. 50, par unité d'y; de 11 francs par unité d'x.
Mais alors apparaît ce résultat, que la nation B peut désormais importer la marchandise a à un prix inférieur à ce qu'il lui en coûte pour la produire ; car pendant que le prix de x s'est abaissé à 9 dans le pays A, il s'est élevé à 11 dans le pays B. Dans le même temps, le prix de y, s'étant élevé dans le pays B, l'importation de ce produit dans le pays A tendra à se réduire. Supposons que dans cette phase, l'importation de y de B en A se soit réduite à 500 unités, soit 8.250 francs, etquel'im.