IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DK RICARDO
Bicardo a marqué cette relativité de la notion de la rente quand il Ta définie : la différence de produit obtenue, avec des capitaux égaux et un égal travail, sur les mêmes terres, ou des qualités différentes de terres (1).
James Anderson, fermier du comté d'Aberdeen en Ecosse, publia en 1777 ses Observations sur les moyens de stimuler Findustrie nationale. Observations on the tneans of exciting a spirit of national industry ; il y expliqua la rente comme une prime attachée à la culture des sols les plus fertiles.
« Dans toute contrée, dit-il, il y a des sols différents qui possèdent des degrés de fertilité différents ; par là. il peut arriver que le fermier qui cultive les plus fertiles de ces terres, peut apporter son grain au marché^ à un prix beaucoup plus bas, que les autres qui cultivent des champs plus pauvres. Mais si le blé qui croit sur ces sols fertiles n*est pas assez abondant pour approvisionner le marché, le prix s'élève naturellement sur ce marché, jusqu'à atteindre une hauteur suffisante pour indemniser de leurs dépenses ceux qui cultivent des sols plus pauvres. Cependant le fermier qui cultive les sols riches sera à même de vendre son blé au même prix sur le marché, que ceux qui occupent les terres plus pauvres : il recevra donc plus que la valeur intrinsèque, intrinsic valuCf pour le blé qu'il cultive. Beaucoup de personnes dès lors seront désireuses d'entrer en possession de ces terres fertiles, et seront disposées à payer une certaine prime pour obtenir le privilège de les cultiver : cette prime sera plus ou moins grande suivant le plus ou moins de fertilité du sol. C'est cette prime qui constitue ce que nous appelons la rente^ un moyen par lequel les dé- Ci) Voir la note des Letters of Ricardo to Mac Culhch, p. 2.
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penses de culture des sols de diiTérents degrés de fertilité peuvent être ramenées à une parfaite égalité.» (1).
Chose intéressante à noter : ce passage assurément importantest contenu dans une longue attaque dirigée contre l'opinion émise par Adam Smith sur l'effet des primes à l'exportation des céréales. Anderson ne remarque pas que la théorie de la rente de Smith est incorrecte, et Smith, à qui cependant la théorie d'Andersonne peut avoir échappé, ne modifie pas la sienne.
Anderson montre, par un exemple hypothétique emprunté à ses Recherches sur la fiature des lois sur les grains, la genèse et la distribution de la rente foncière : Il suppose des terres de différentes classes rangées dans Tordre de leur fertilité décroissante, par exemple :
« Cela posé, dit-il, et je le traduis littéralement, comme les dépenses de culture des terres les moins fertiles sont aussi grandes ou plus grandes que celles des terres les plus fertiles, il en résulte nécessairement que si une égale quantité de blé produite par chacune des terres peut être payée au même prix, le profit de la culture des terres les plus fertiles doit être beaucoup plus grand que celui des autres : et comme il décroît avec la décroissance de fertilité des terres, il doit arriver à la fin que les dépenses de culture des terres de classe inférieure égalent la valeur du produit tout entier.
« Ces prémisses posées» supposons que la classe F renferme les terres dont le produit en avoine, k raison de 14 shillings la mesure, suffirait justement à payer les dépenses de culture, sans rapporter aucune rente ; que
(1) Extrait reproduit parCiNNAN, History, etc., p. 220*