‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 93 sur 220 · IV, — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DB RICARDO · texte numérisé non relu

IV, — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DB RICARDO

-Bicardo l'explique par une cause unique : Malthus fonde sur la générosité de la nature un optimisme qui ne se dément jamais, Bicardo puise dans la parcimonie de la nature les raisons de son pessimisme. La théorie de Malthus est une synthèse des conceptions des physiocrates^ d* Adam Smith auxquelles il ajoute les siennes propres : avec les premiers il considère comme cause essentielle de la rente, la qualité da sol qui permet d'en retirer plus de suhsistance qu'il n'en faut pour faire subsister le cultivateur, un produit net ; avec le second il admet que le progrès de la^. population tend toujours à s'adapter à celui des subsistances, et à faire naître une demande pour l'excédent en lui donnant une valeur. La troisième cause de la rente^ c'est la rareté comparative des terres fertiles, qu'elle dérive de la nature ou des résultats inégaux dés mêmes applications de capital et de travail.

Pour Malthus, la rente est par-dessus tout un phénomène de production, c'est une réalité objective indépendante de tout déplacement de revenu ; c'est pourquoi Malthus la célèbre avec la pompe des physiocrates, y voit une partie absolument nécessaire du produit net de la terre, source de toute [puissance et de toute jouissance, sans lequel rien n'existerait de ce qui constitue une société cultivée (1). U y voit un allégement pour la société puisque tout le temps, ou le temps de presque toute la société, n'est pas employé à procurer la subsistance.

Le pouvoir de donner une rente, inhérent au sol môme, attaché à demeure à des terres d'une certaine qualité {fixture)j est seulement conçu dans sa relativité, il naît

(1) Cf. Principes, édit. Guillaumin, p. 131 et p. 184 et suiv.

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du degré de fertilité de la terre. C'est snivaat des lois inflexibles, invariables comme le principe même de la gravitation, que la rente se dégage des autres revenus. L'accumulation du capital au delà de ce qui peut en être appliqué aux terres les plus fertiles, la nécessité de l'appliquer à des terres de fertilité relative moindre^ entraine la baisse des profits ; la tendance de la population à progresser au delà des subsistances détermine la baisse des salaires. Cest ainsi que la rente contenue à l'origine dans les profits et les salaires s'en sépare peu à peu. Malthus admet la baisse simultanée des profits et des salaires, en se plaçant à un point de vue tout autre que celui de Ricardo, et ils'en explique dans une note (1). Les parts respectives d'influence delà deuxième etde'la troisième causes sont loin d'être égales dans la pensée de Malthus ; il rattache à la seconde cause tous les eflets des améliorations agricoles qui tendent d'après lui à la hausse des rentes : l'accroissement des subsistances qui en dérive se crée de lui-même une demande ; (2) et la troisième cause, celle qui domine tout avec Bicardo, cède de plus en plus, à ses yeux, devant la deuxième : Malthus va jusqu'à ces graves conclusions en s'ad ressaut à Ricardo et en le combattant : si dans beaucoup de pays on peut, par /e^ améliorations agricoles y doubler, tripler la rente, tandis qu'il en est peu où elle pourrait être élevée d'un quart, d'un cinquième et même d'un dixième par une augmentation de prix résultant de nouvelles difficultés de la production, n'est-il pas évident qu'une telle manière d'envisager la rente n'embrasse qu'une très petite partie du sujet, et par conséquent que

(1) Principes, trad. fr., édit. Guillaumin, page 135.

(2) Ibid., p. 143.

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