‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 95 sur 220 · IV. — LA STATIQDE ÉCONOMIQUE DB RIGARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQDE ÉCONOMIQUE DB RIGARDO

gitime de l'usage des facultés primitives du sol, et quand il montre combien il est avantageux de la frapper d'impôt, c'est au seul point de vue de Tutililéy jamais au point de vue du droit social qu'il se place (1). C'est le socialisme qui s'attachera à déduire les principes d'un droit économique nouveau de la théorie de la rente. Aussi le premier mémoire de Proudhon sur la propriété marque un moment important dans l'histoire des idées. Dans la réaction optimiste qui suivra et qui sera dirigée autant contre Ricardo que contre le socialisme, la négation des fondements historiques delà rente sera chez Carey, Bastiat, Fontenay, inséparable de la préoccupation de défendre le droit économique existant et la propriété individuelle ; des disciples de Ricardo comme Mill uniront à la pensée du maître la conception d'un droit économique nouveau, en consacrant la légitimité de l'impôt sur la rente, ou du prélèvement de ses accroissements [imearned incrément),

§ 2. Lois régissant les rapports entre le profit et le salaire. — La rente foncière dégagée, apparaît le problème du partage entre le capital et le travail. La question se pose simplement entre ces deux facteurs, quand on considère les terres qui ont reçu les dernières applitions de capital, et l'ensemble des produits de l'industrie (2). Pour comprendre Ricardo, il faut se rappeler la direction maîtresse de ses recherches sur la répartition qui s'opère entre les classes concourant à former le

(1) Principes, ch. x.

(2) Letlers of D. Bicardo io Mac Culloch, p. 72, La valeur totale de la production annuelle d'un pays correspond à la somme du travail direct et indirect (capital), considérée comme appliquée uniformément dans les conditions de productivité les moins favorables ; c^est cette valeur qui, la rente déduite, se divise en profits et salaires. V. Gonwer, Introductory Essay,

produit : « aucune loi ne peut être exprimée quant à la quantiièy mais une loi d'une correction tolérable peut être exprimée quant aux proportions » (1). « Les grands problèmes de la rente, des salaires et des proQts doivent être expliqués par les proportions suivant lesquelles le produit total est divisé. •• (2) »

La célèbre formule de partage exprime les variations

corrélatives des parts dans le produit et la valeur pro-*

[ duite : « Dans tout le cours de cet ouvrage, j'ai cherché

à prouver que le taux des protits ne peut jamais hausser

qu'en raison d'une baisse des salaires. » (3)

Confondre les deux ordres d'idées» des quantités abso* lues et des proportions^ c'est dénaturer la pensée de Ricardo» Aux mêmes proportions peuvent correspondre des quantités de richesses (subsistances, commodités, objets de luxe) bien différentes : une proportion des deux tiers, pour le salaire, correspond à 6 mesures de blé ou à leur valeur, si le produit à partager est 9; elle correspond à 12 mesures s'il est 18 ; la proportion réduite à la moitié correspondrait encore à la quantité de 9. Le salaire et le profit peuvent augmenter ensemble en quantités de richesses, bien que leurs parts proportionnelles restent constantes : le salaire absolu en quantité pourrait croître, bien qu'il diminuât relativement ; l'antagonisme n'apparaît, avec sa nécessité et sa rigueur, que dans les propor-^ tions du partage, il n*est ni nécessaire ni constant à l'égard des quantités à partager. La gravité de Tantagonisme est dans les lois qui peuvent, sans accroître les quantités^ modifier les rapports.

{{) Letters of Ricardo to Malthus,p» 175.

(2) Letters of Ricardo to Mac CuUoch^ ibid.

(3) Principes, trad. fr., édit. Guillaumin,^p. 103. Cf. Letters of D. Ricardo (a Mac CuUoch, p. 72.

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