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CHAPITRE XXIII

L’Anglais Newton (1642-1727), qui découvre le calcul infinitésimal , décompose la lumière , trouve les principales lois de l’optique et celles de la gravitation universelle, c’est-à-dire l’explication du système du monde. •

Enfin Leibnitz, dont j’ai déjà parlé (p. 420), et qui dispute à Newton l’honneur d’avoir créé le calcul différentiel.

La France a Descartes et Pascal. Le premier fit faire un pas immense à l’algèbre en inventant la notation des puis-' sauces par exposants numériques, et à la géométrie des courbes, ce qui lui pennit de résoudre, comme en se jouant, des problèmes qu’on croyait insolubles. Il trouva la véritable loi de la réfraction ; il crut, avec Galilée, au mouvement de la terre autour du soleil ; et comme les erreurs mêmes du génie sont fécondes, son chimérique système des tourbillons, suivant lequel le soleil et les étoiles fixes sont le centre d’autant de tourbillons de matière subtile , qui font circuler les planètes autour d’eux , a été le germe de la célèbre hypothèse newtonienne de l’attraction. Pour Descartes comme pour Newton , le problème de l’univers physique est un problème de mécanique ; et Descartes enseigna le premier, sinon la solution, du moins la vraie nature du problème. Pascal avait, à douze ans, trouvé seul et sans livres les éléments de la géométrie; à seize ans, il composa son traité Des sections coniques. Un peu plus tard, il créa le calcul des probabilités, démontra la pesanteur de l’air par sa fameuse expérience sur le Puy-de- Dôme, imagina le baquet et peut-être la presse hydraulique.

Au-dessous de ces grands hommes se presse une foule déjà nombreuse.

Pierre Fermât (1601-1665), conseiller au parlement de Toulouse , h’a rien imprimé, mais fut peut-êtrede plus puissant esprit mathématique de ce temps. U partagea avec Descartes»la gloire d’avoir appliqué l’algèbre à la géométrie, imagina la méthode de maximis et de minimis, et, en même temps que Pascal, créa le calcul des probabilités. L’abbé Mariotte (1620-1684) reconnut que le volume d’un gaz, à une température constante, varie en raison inverse de la pression qu’ü supporte. Denis Papin, né à Blois en 1647, créa, ou perfectionna plusieurs machines et pensa le premier à em-

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ployer la vapeur d’eau condensée comme force motrice. Il fit, en Allemagne, sur la Fulda, des expériences avec un véritable bateau à vapeur, qui remontait le courant. De stupides mariniers brisèrent la machine du grand physicien , qui mourut à Londres dans la misère (1710).

La géographie fut réformée par Nicolas Sanson (1600- 1667) et par Guillaume Delisle (1675-1726), dont les cartes sont encore estimées aujourd’hui. Toumefort (1656-1706) restaura la botanique et enrichit le Jardin du roi de plantes nouvelles, qu’il était allé recueillir dans un voyage au Levant.

Trois étrangers, que Colbert attira en France, justifièrent par leurs travaux les faveurs du roi. Le Danois Rœmer détermina la vitesse des rayons solaires d’une manière suffisamment rapprochée de la vérité; le Hollandais Huygens découvrit l’anneau et un des satellites de Saturne ; l’Italien Dominique Cassini les quatre autres. On doit encore à Huygens l’invention des horloges à pendule , et à Cassini les premières opérations qui devaient servir à mesurer la terre; il les exécuta avec l’abbé J. Picard, professeur d’astronomie au Collège de France, et tous deux commencèrent, en 1669, la méridienne, qui fut prolongée plus tard jusqu’au Roussillon. C’est d’après la mesure du degré donné par Picard que Newton put enfin calculer la force qui retient la lune dans son orbite.

La Grande-Rretagne a l’Ecossais Jean Napier (1550-1617), l’inventeur des logarithmes, et Jacques Grégory (1633-1675), l’inventeur du télescope à réflexion; Harvey (1578-1657), médecin de Jacques I" et de Charles I", qui démontra, en 1628, la circulation du sang; l’astronome Halley, de Londres (1656-1742), qui donna son nom à une comète dont il prédit le retour, le chimiste irlandais Robert Boyle (1626-1691), qui perfectionna la machine pneumatique , et contribua à la fondation de la Société royale de Londres.

La Hollande produisit Huygens, de la Haye (1629-1695), et le médecin Boerhaave (1668-1738), qui décomposa le premier tous les fluides animaux. La Suisse est représentée par les deux Bemouilli : Jacques (1654-1705), qui applique un des premiers le calcul différentiel et intégral; Jean, son frère (1667-1748), profond géomètre et physicien distingué.

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